‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 144 sur 269 · SCÈNE VL tEs MicÉBEKs, ROMUÂLDE, YÉNÉRANDE · texte numérisé non relu

SCÈNE VL tEs MicÉBEKs, ROMUÂLDE, YÉNÉRANDE

YENBRANDE.

Laure ! voici votre père : Louis , éloignez-vous.

LOUIS, c*éloigoe Uniement.

Adl6UJ

ROMUALDE, eo entnnL

Ma fille , ma fille , tout est fini. ^

LAURE

Dieu!

ROMUALDIL

Viens, ma fille; et vous aussi, jeune homme, approchez, écoutez.

LOUIS

Moi, seigneur? '

ROMUALDE.

Oui, vous.

LOUIS

Tout est fini, dites-vous, et vous voulez que j'approche !

ROMUALDE.

Tout est fini, tout est rompu; la guerre va recommencer, mais je conserve ma fiUe.

LOUIS , sTcc transport.

La guerre? O ciel! je te rends grâce, je pourrai donc mourir en défendant ce que j'aime.

LAURE

Mon père , je ne voqs quitterai point !

TENERANDE.

Lé doigt de Dieu se fait voir en toutes choses.

ROMUALDE.

Léon ne voulait point la paix. Accqutumé au brigandage , heureux des malheurs de la guerre r^I/^^î' gnait une réconciliation dont le désir était loin de son coeur. C'est toi , ma fille , qu'il voulait me ravir. A ce prix, il m'accordait une paix qu'il aurait bientôt rompue ; il savait , le cruel, que je ne pourrais vivre séparé de ma fille, et il voulait me forcer ^à* signer

mon malheur. J'ai résisté, j'ai tout refusé, je t'ai sauvée enfin , et ce jobr est le plus beau de ma vie. Je sais à quoi je m'expose, mais les années n'ont point affaibli mon courage , j'opposerai la justice à la violence, un père est toujours jeune en défendant ses enfans.

LOUIS

Eh! comptez-vous pour rien l'amant qui défend sa maîtresse ?

YENERANDË.

Et le Ciel qui est ordinairement pour la bonne cause?

LAURE

Et c'est pour moi , mon père , que vous courez tant de dangers?

ROMUALDE.

C'est pour toi, ma fille. Eh! que ferais-je sur la terre, si j'avais causé ton malheur? que ferais- je d'une vie qui serait achetée par tes larmes et ton infortune?

jtTJl.

Je dis : ma Laure est toat mon bien : Je compte pour rien ma richesse , Je compte mes plaisirs pour rien , Si d'un enfant chéri je n'ai point la tendresse.

L'hymen est le premier des dieux , Quand de l'amour il est le firère , Deux cœurs que sa chahie resserre , Jouissent du bonheur des cieux ;

Mais former par la forée un hymen odieux , C'est mettre l'enfer sur la terre.

Non , non , ma fille est tout mon bien , Je compte , etc.

'25o LÉON,

Pènr être anpoordluiî aon Le seul secret est de loi plaire ; Uamant qui mérite son oeiir Aura gagoë celui à^un père ;

Biais loin de la forcer à signer son malheor. Je dirais à tonte la terre :

Ma fille est mon imiqoe bien :

Je compte pour rien ma ri«^essc 3 Je compte mes plaisirs pour rien ,

Si dW en£mt chéri je n^ai point la tendresse.

aOMUALDE. LAURE , LOUIS , YElfERA^PI.

Ooi y cher en&nt , oui tout moo Ak i stignenry tous méritci bien , bien ,

C*eit ton bonheory c^est ta ten~ Notre respect , notre tendresse, dresse.

LOUIS

Ah! seigneur, je puis donc espérer que je ne serai point banni de ces lieax? je Terrai Laore » je combattrai pour elle , pour elle !

ROMUALDE.

Brave jeune homme , dites pour votre épouse.

Page 1