LOUISE, CHARLES
LOUISE
Mon pauvre Charles , vous avez eu bien de Fennai d'attendre si long-temps.
CHARLES
Je ne m'ennuyais pas, mais j'ai vu un homme cpn rôdait autour du jardin.
LOUISE
Vous craignez les hon^mes?
CHARLES
Pas toujours; mais il y a ici près un bois sur lequel on fait des histoires... Je ne suis pas encore habitué à
me trouver seul dans les champs; j'ai été élevé chez ma tante, qui tient pension de jeunes demoiselles : nous étions en sûreté là. .
LOUISE
Ecoutez , Charles ; ma cousine ne sait pas que vous êtes ici, et en attendant que Julie lui parle, il faudra vous cacher.
CHARLES
Ah! Et où?
LOUISE
Dans ce cabinet; vous vous enfermerez en dedans, et vous n'ouvrirez que quand je vous appellerai.
CHARLES, ouvrant le cabinet.
Voyons.
LOUISE
N^aurez-vous pas peur sans chandelle ?
CH ARLES
Non, si vous ne m^y laissez pas long-temps.-
LOU ÏSE,
Çà , Charles , vous m'épouserez ?
CHARLES
Mon papa m^a promis de parler à votre oncle
pour çà.
nuo,
LOUISE
Je pense toujours, au moment Où je deviendrai votre femme.
CHARLES
Rien que d'y penser, dans mon âme Je sens un doux frémissement.
Je pense toujours au moment
Où ie deviendrai votre 1 c.^^^ ' . I temme.
Où Louise sicra ma ''•
4o6 LES RENDEZ-VOUS BOURGEOIS,
LOUISE
Mais lorsque nous serons époux , Dis-moi, Charles, que ferons-nous?
CHARLES
Alors nous nous dirons : je t^aime.
Nous pouvons le dire à présent.
CHARLES
Nous nous le dirons plus souvent.
LOUISE
Et ce sera toujours de même ?
CHARLES
Mais ce sera toujours charmant.
LOUISE
J^ai cru que c'était autrement.
On dit qu'après le mariage , Le mari n'aime plus autant.
CHARLES
Quand je serai dans mon ménage , Je ferai Gomme auparavant.'
LOUISE
. Aujourd'hui nous dirons : je t'aime.
CHARLES
Nous le dirons encor demain.
LOUISE
Et puis encore après demain ?
CHARLES
Et puis toujours, et puis sans fin.