LUCILE, VALCOUR
LUCILE
Monsieur reste donc?
VALCOUR
Madame , si vous vous fâchez , .j[e vais me rasseoir.
44^ l'C ROMiLiir d'une hkure,
LUCILE
Oh! j'aime mieax plaisanter. Mais voyons; de quelle utilité peut être votre entêtement i rester ckez moi?
VALœUIL
Je n'ose croire qu'il me sera utile, mais mon plaisir
est incontestable.
LUCILK
Vous devriez un peu consulter le mien.
Mais, madame, j'ai l'amour-propre de croire que
je vous amuse.
LUCaE.
. Vous pourriez avoir deviné.
VALCOUR
Je devine assez bien , madame. -
LUCILE
Ah! vous croyez peut-être que vous avez déjà sa me plaire?
VALCOUR
Convenez au moins que cela n'est pas impossible.
LUCILE
' Je vois bien, monsieur, qu'il faut se décider à rire; continuez.
VALCOUR
Vous croyez donc impossible que deux personnes s'aiment à la première vue ?
LUCILE
Quand cela ne serait pas impossible , je ne conçois pas qu'on se le dise.
VALCOUR
Cela est pourtant bien naturel. La première vue
suffit pour nous apprendre si une personne nous plaît. Tout ce qui arrive après est une suite de ce premier moment : pourquoi donc aUendre des mois entiers, pour s'instruire de ce qu'on savait dès le premier jour?
LU Cl LE.
Bon moyen pour être trompé !
VALCOUR
Eh ! n'est-on pas trompé autrement?
LUCILE
On l'est moins.
VALCOUR
Ni plus, ni m^oins, madame.
LOCILE.
Monsieur, prenez -vous ce ton-là avec toutes les femmes?
VALCOUR
Je vous proteste que c'est la première fois.
LUCILE
Cela est très-gracieux. En effet, vous avez l'air d'un galant homme, et je ne dois attribuer qu'à mon imprudence, la conduite plus que légère que vous
avez avec moi.
VALCOUR
Si vous voulez m'entendre , vous conviendrez que je n'ai pu agir autrement.
Voilà qui est charmant ! vous deviez être impertinent une fols dans votre vie , et c'est sur moi que tombe la préférence.
VALCOUR
Daignez m'écouter et me juger. Je connais le