‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 235 sur 269 · LUCILE, VALCOUR · texte numérisé non relu

LUCILE, VALCOUR

LUCILE

Monsieur reste donc?

VALCOUR

Madame , si vous vous fâchez , .j[e vais me rasseoir.

44^ l'C ROMiLiir d'une hkure,

LUCILE

Oh! j'aime mieax plaisanter. Mais voyons; de quelle utilité peut être votre entêtement i rester ckez moi?

VALœUIL

Je n'ose croire qu'il me sera utile, mais mon plaisir

est incontestable.

LUCILK

Vous devriez un peu consulter le mien.

Mais, madame, j'ai l'amour-propre de croire que

je vous amuse.

LUCaE.

. Vous pourriez avoir deviné.

VALCOUR

Je devine assez bien , madame. -

LUCILE

Ah! vous croyez peut-être que vous avez déjà sa me plaire?

VALCOUR

Convenez au moins que cela n'est pas impossible.

LUCILE

' Je vois bien, monsieur, qu'il faut se décider à rire; continuez.

VALCOUR

Vous croyez donc impossible que deux personnes s'aiment à la première vue ?

LUCILE

Quand cela ne serait pas impossible , je ne conçois pas qu'on se le dise.

VALCOUR

Cela est pourtant bien naturel. La première vue

suffit pour nous apprendre si une personne nous plaît. Tout ce qui arrive après est une suite de ce premier moment : pourquoi donc aUendre des mois entiers, pour s'instruire de ce qu'on savait dès le premier jour?

LU Cl LE.

Bon moyen pour être trompé !

VALCOUR

Eh ! n'est-on pas trompé autrement?

LUCILE

On l'est moins.

VALCOUR

Ni plus, ni m^oins, madame.

LOCILE.

Monsieur, prenez -vous ce ton-là avec toutes les femmes?

VALCOUR

Je vous proteste que c'est la première fois.

LUCILE

Cela est très-gracieux. En effet, vous avez l'air d'un galant homme, et je ne dois attribuer qu'à mon imprudence, la conduite plus que légère que vous

avez avec moi.

VALCOUR

Si vous voulez m'entendre , vous conviendrez que je n'ai pu agir autrement.

Voilà qui est charmant ! vous deviez être impertinent une fols dans votre vie , et c'est sur moi que tombe la préférence.

VALCOUR

Daignez m'écouter et me juger. Je connais le

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