LES PRECÉDENS, MACHAON* CARITE
Voici votre esclave.
LISISTRATA.
Approche , Machaon , que me veux-tu ?
MACHAON
Grande dame , ce sont les élégantes Athéniennes qui viennent se rendre à la convocation.
LISISTRATA.
Toutes celles que j'ai appelées , y sont-belles ?
comëdië. 4^9
MACHAON
Non, je crois qu'il manque encore les plus jolies; celles-là ont coutume de se faire attendre.
LISISTRATA.
Les femmes de ton pays ressemblent-elles aux nôtres»*
MACHAON
Non , madame. Les femmes Sc)rthes ne se font jamais attendre , mais en revanche elles n'attendent jamais.
CARITE
Elles ne ressemblent pas aux Athéniennes.
LISISTRATA.
Fais entrer ces dames sous le portique.
MACHAON
Elles y sont, madame ; et il y a, sans doute , quel* que chose qui les échauffe, car elles font un bruit qu'on n'entendrait pas Jupiter tonner.
CARITE
Que tu plaisantes grossièrement!
MACHAON
Je plaisante comme un Scythe.
LISISTRATA.
Et tu bois de même.
MACHAON
C'est vrai.
LISISTRATA.
Ecoute , tu n'introduiras ces dames que quand le nombre sera complet. Alors elles entreront avec solennité, en chantant l'hymne au Silence.
MACHAON
Ces dames chanteront, dites-vous....
49<> LISISniATA ^
LIS15TEATA.
L'hymne an Silence.
MACHAON
Le silence les entendra.
C^est pour les avertir qu^il faudra garder le secret.
MACHAON
Je vais faire des libations pour le succès de votre entreprise.
LISISTRATA.
Ecoute. A-t>on des nouvelles de Farmée?
BIACHAON.
D'affreuses, madame.
CARITE
' Grands dieux! qu'est-il arrivé?
MACHAON
On dit qu'ils ont détruit toutes les vignes.
LISISTRATA.
Imbécile !
MACHAON
Madame, mille buveurs font moins de mal au monde
qu'un conquérant.
CARIIE.
n n'a pas tort.
LISISTRATA.
Tu n'aimes pas la guerre.
MACHAON
Non; je ne la fais pas en personne.
AIR : Monsieur le Préoot des Marchands.
Je sais que nos braves soldats Vont à la mort comme au repas ;
Mais je n^ai garde de les suivre ,
Car poi|r bien servir mon pays,
Les dieox m'ont ordonné de vivre :
Je suis pieux , et j'obéis. {li sort.)