‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 3 sur 269 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

VILLIAM , seul.

Le jour se lève. Quels nouveaux malheurs le soleil va-t-il éclairer? quels maux le sort nous prépare-t-il encore? à quelle fin sommes -nous réservés? Voilà pourtant Ce qu'il faut se demander tous les jours. Le îoiir il faut craindre les approches de la nuit; la nuit il fant redouter le retour de l'aurore. L'aurore, dont la douce clarté vient consoler tout ce qui respire , n'est plus pour nous que le présage des malheurs, et le réveil de nos bourreaux. O tyrannie ! que ton règne est long! que ton sceptre est pesant! que ton joug est honteux! Puissent ces sombres retraites nous dérober à l'œil féroce de nos persécuteurs! O ma femme! puisses-tu échapper à leurs regards! l'innocence et la vertu ne te garantiraient pas de leurs outrages. Ta vertu ne serait qu*un appât de plus à leur vdracité ! 6 ma Jenni ! c'est pour toi seule que je me ^condamne à vivre; sans toi f aurais bientôt échappé à l'oppression.

AIR

Vastes forêts , retraite sombre , Prêtez-nous votre obscurité ; Protégez , couvrez de votre ombre L'innocence ef l'humanité.

Redoublez votre nuit profonde , ( Trompez Tespoir de nos bourreaux ; Si le calme est banni du monde , Qu^il règne au moîqs spus ces berceaux ;:

Ailleurs on adore le crime

Sous le nom de la liberté;

De ce dieu Thomme est la victime ,

^Son culte , la férocité ; Et le monde bientôt ne sera qu^un abîme Qui servira de temple à la divinité.

Vastes forêts , etc.

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