LE SOLDAT
Elle n'est pas signée ; mais vous connaîtrez aisément quel est l'homme qui peut vous écrire ainsi.
( // sort et busse la porte oui^erte. )
JENNI
Je frémis ; j'espère : le tigre aurait-il senti quelque remords? {Elle lit) : « A deux heures de la nuit, je » passerai devant votre porte; si elle est ouverte, » votre mari a sa grâce ; si elle est fermée, il est mort.»
Dieux! mes cheveux se hérissent, mon sang se glace , mes yeux se troublent! Si c'étaient les approches de la mort, que je serais heureuse! A deux
heures cette porte elle est ouverte; il'va paraître :
courons fermons Malheureuse! ton époux va
périr Ah! mon dieu, secourez -moi, conseillezmoi , je le fléchirai , peut-être. Est-il un monstre sur la terre qui, une fois dans la vie, n'éprouve pas un mouvement d'humanité? Si je pouvais en concevoir l'espérance! eh! que puis -je encore espérer? Les tigres ont-ils quelque chose d'humain? je m'exposerais : quelle horreur! et mon époux , que dirait-il ? Il mourrait dans le désespoir, et n'emporterait dans la
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tombe que le juste mépris que j'aurais mérité. Malheur à toi, m'a>t-il dit, si tu balances un instant entre rhonneur et la honte ! je t'obéis, Yilliam , je t'obéis, et je mourrai digne de toi. (EUc ferme la porte.)
Puisses-tu ne plus te rouvrir, porte fatale ! puisse cet asile me servir de tombeau! (On frappe à la porte.) Je firissonne ! c'est lui sans doute, (On frappe encore,) Ces coups sont Tarrét de notre mort ; mais ils ne changeront rien à ma résolution. (Melfont derrière la porte.) Jenni , Jenni !
JENNI
Quelle voix! c'est celle d'un ami!
MELFONT.
Jenni , ouvrez vite ; c'est moi , c'est Melfont.
J£MNI oayre.
Melfont , venez à mon secours.