‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 56 sur 269 · SCÈNE ^XI · texte numérisé non relu

SCÈNE ^XI

ALEXANDWNE DAMON.

DAMON

Ah! ta es seul? tant mieax, nous causerons plus à notre aise; il fautqae tu m'aides à éclaircir un doute.

ALEXANDRINS

Un doute, monsieur?

DAMON

Oui, j*ai an certain soupçon que je veux vérifier.

Ecoute 9 mon ami : tu aimes ton maître?'

ALEXANDRINS

Ah! oui, monsieur.

DAMON

fu veux son bonheur?

eOMEDIE. 87

ALEXANDRIHE.

Âh! oui, monsieur. '

DAMON

Tu désirçs qu'il soit bien marié?

ALEXANDRiNE.

Ah ! oui , monsieur.

B^AMQN.

Et tu sens qu'il doit m'obéir quand je lui propose un parti avantageux... Tu ne réponds pas! ce silence* confirme mes soupçons.

ALEXANDRINE

Des soupçons?

Uamon.

Petit jockei ! petit jockei î vous en savez plus qu'on

n'a voulu m'en apprendre.

alexanCrine.

Moi, monsieur! je ne sais rien du tout.

DAMON

Soit, brisons là-dessus; maïs, plaisanterie à part, tu peux me rendre Service.

ALEXANDRINE

Parlez , monsieur, je suis à vos ordres.

DAMON

Si tu me sers, ma générosité passera ton espérance ; écoute : mon neveu a une amourette , tu le sais peutêtre mieux que moi ; mais je vais te le dire , comme si tu l'ignorais. Linval a vojagé : dans une ville de province , il s'est amôura^ff de quelque grisette à qtd il a fait tourner la cervelle; cette jeune folle a eu la sottise de croire à là passion de mon neveu; bref, elle a quitté ses parens , et elle l'a suivi à Paris; cette démarche prouve assez qpe c'est un fort mauvais sujet..

88 LE JOGKEI,

ALEXANDRINS

Ou qu'elle aime bien votre neveu.

DAMON

Petit jockei!... mais reprenons le fil de notre histoire; mon neveu a logé cette fille dans quelque quartier de Paris; car tu^ens bien qu'il n'a pas osé la faire venir chez moi.

ALEXANDHINE.

Oh ! cela serait trop fort.

ÛAMON.

Oui, il ne manquerait plus que cela; sans doute il va souvent la voir, et je m'imagine que le petit jockei e$t quelquefois de la partie..

ALEXANDRINE

Monteur, je ne sors fnàs d'ici.

DAMON

Bien vrai, tu ne sors pas?

ALEXANDRINS

Où serais-je mieux qu'ici?

Eh bien ! s'il ne t'y a pas mené, il t'y mènera sûrement , et c'est alors que tu pourras me servir.

ALEXANDRINE

Comment, monsieur?

DAMON

Quand tu sauras oublie demeure... tu m'en avertiras, et alors je ferai pretdre cette fille...

ALEXANDRINK

Et qu^en ferez-vous?

DAMON

Je la ferai reconduire k ses parens, si elle n'a d^autre

tort que d'aimer mon neveu; maïs si c'est évidemment un mauvais sujet, je la ferai renfermer.

ALEXANDRINS y après un silence. ^

Et VOUS ferez bien.

DAMON

Crois-tu?

ALEXÂNDRINE.

Sans doute.

DAMON

Tu me serviras donc?

ALEXANDRINS

De tout mon cœur.

DAMON

En ce cas compte sur ma reconnaissance; tu sens bien quHl ne faut pas faire manquer à mon neveu un établissement comme celui que je lui propose.

ALEXANDRINS

Est-ce que mon maître refuse la prétendue?

DAMON

Je voudrais bien voir qu'il la refiisât! mais il faut couper le mal à sa racine.

ALEXANDRINE

Mon maître accepte donc?

DAMON

Oui, tout est fini, il accepte; à demain la noce; c'est pour cela que je veux écarter tout ce C[ui peut le déranger.

ALEXANDRINS

Ah!... il accepte!...

DAMON

Cela t' étonne?

go LE JOCK», ,

ALEXANDRINS

Oh ! non , monsieur , il fait très-bien.

* DAMON

Toi, tu tiendras ta parole?

ALEXANDRINE

Je^ vous le promets.

DAMON

Tu m'avertiras?

ALEXANDRINE

Sur-le-champ , dès qu'il sera avec elle.

DAMON

Et nous ferons enfermer la demoiselle?

ALEXANDRINE

Entre quatre murailles.

DAMON

Cela sera plaisant. •

ALEXANDRINE

Très-plaisant. ( Damon sort en fiant. )

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