‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 64 sur 269 · MELEE DE MUSIQUE · texte numérisé non relu

MELEE DE MUSIQUE

AEP&ÉS|ENT£E SUR LB THEATRE DE l'ûPÉRA-CÛMIQUE ,

LE i«r FLOaéAi AN lY (ao avril 1796}.

PERSONNAGES

DUPUIS

CÉCILE, femme de Dupuis.

YÂLERE , ami de Dupuis.

ANGÉLIQUE, amante de Valère.

THOMAS, valet de Dupuis.

UN PORTÊ-FAlX.

La scène se passe dans la maison et dans la chambre de Dupuis. Dans le fond de cette chambre, se trouve une petite retraite cachée, dans laquelle on entre par un pan de boiserie à coulisse.

AYERTISSEMENT.

Un amant qui se cache , une femme jalouse et un valet poltron , n'étaient pas des élémens très-neufs à la scène ; mais l'adresse avec laquelle l'auteur sut combiner la marche de son intrigue et la force comique qu'il parvint à tirer dés divers incidens , procurèrent à son ouvrage le succès le plus vif et le plus soutenu. Toutefois, il faut bien le dire, ce succès ne fat pas exempt d'orage le premier jour; le public fit la guerre aux mots , et ce qui mérite d'être remarqué, c'est que les traits improuvés sont précisément ceux qui ont maintenu, depuis, la pièce au répertoire et lui ont valu un nombre prodigieux de représentations tant à Paris que dans les départemens. Cette susceptibilité des spectateurs est un des caractères distinctifs de l'époque. Sortant à peine de la licence révolutionnaire, les Parisiens s'étaient jetés dans un excès contraire ; les incroyables avaient succédé aux jacobins; les mots les plus énergiques de la langue venaient d'être mis à l'index , et l'alphabet avait subi sa réforme comme le calendrier : la lettre R surtout ne pou-» vait plus passer par ta bouche d'un élégant : » Z'ai » monté un ceval supèbe , disait Tun d'eux, z'ai écasé » une femme gosse; elle a ^ait une goimace de cien; » puis z'ai été au bois de Bou-ogne où ze me suis » amusé comme un... oi. » On sent que de pareils spectateurs ne pouvaient applaudir à un dialogue franchement comique, eux qui plaçaient Demoustier bien au-dessus de Molière. Néanmoins, dès la seconde représentation l'ouvrage réussit complètement.

I o8 AVERTISSEMENT.

Solié n'était pasr seulement chanteur habile et comédien intelligent, il était encore compositeur plein de grâce et de mélodie ; sa partition du Secret est une des plus agréables du répertoire de TOpéra-Gomique. Certes, il n'y a dans sa musique ni science d'accompagnement, ni luxe de notes; mais s^s chants simples et gracieux ont fait le tour de la France et ont même pénétré jusque chez l'étranger. En 1807 , je me trouvais à Varsovie , lorsque passant près d'un établissement public , j'entendis l'orchestre exécuter l'air : Femmes , voulez-^ous éprouver. Cet air charmant reporta toutes mes pensées vers la France et produisit en moi un sentiment difficile à décrire; je doute beaucoup qu'un thème musical plus savamment travaillé , m'eût causé le même plaisir.

Martin dut une partie de sa renommée lyrique à la romance : Je ieperds^ fugitive espérance, et madame Dugazon obtenait toujours une triple salve d'applaudissemens dans les couplets : Qu!on soit jaloux dans sa jeunesse, etc. Dozainville était d'un comique parfait dans le personnage de Thomas, espèce de niais de Sologne , qui met tout son esprit à bien faire la béte.

Depuis que l'Ppéra- Comique national a cessé d'exister et que ses débris ont servi à construire une propriété particulière , ïe Secret a disparu du répertoire , comme la plupart des pièces de Grétry , de Méhul , de Dalayrac , de Nicolo et de beaucoup d'autres compositeurs. Ne pouvant plus voir représenter le Secret, nous sommes persuadés qu'on aura quelque plaisir à lire cette jolie comédie.

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