HISTOIRE DE NAPOLÉON BUON APARTE
OFFRANT LE TABLEAU COMPLET, DE SES OPE&ATION& MILITAIRES, POLITIQUES ET CIVILES;
Par P.-F. H.
A peine a-t-on lu le tître que je viens de trans^ iîrire, qu'il s'ëlève une foule de questions dont quelques - unes sont débattues depuis bien long-^ temps sans être décidées , et d'autres sont fondée^î sur des raisonnemens spécieux ou sur des préventions plus ou moins fausses.
La première est celle-ci : Pourquoi, dans ce njo* ment, écrit -on Thistoire de Napoléon? L'auteur prétend-il nous apprendre quelque chose ? Tous les actes de cet homme n'ont-ils pas été présentés sous toutes les faces, et jugés de cent manières différentes? Les faits n'ont-ils pas été retracés et commentés cent fois?
On répond que chacun de ces faits, chacun de ces événemens , considéré en lui-même , est , à la vérité , si bien connu , que la plupart d'entre eux
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sont, pour ainsi dire, d'une notoriété vulgaire, mais que des milliers de faits isolés ne composent pas plus ces histoires , que des milliers de pierres taillées et disséminées dans une plaine, ne forment un édifice. Il fallait donc réunif tous ces faits , rétablir la liaison qui a existé entre eux , et en faire connaître renchaînement, toutes choses qu'aucune mémoire ne pourrait conserver dans Tordre naturel au bout d'un certain nombre d'années. C'est cependàtit cet assemblage exact et méthodique qui peut seul faire juger Napoléon , et ses projets qui se sont agrandis avec sa fortune, et la rapidité de ses conquêtes, dans un temps où l'art de la guerre approchait partout de la perfection , et sa domina-» tion sur tant de peuples industrieux et vaillïîns , et sa chute qui a été encore un de ses actes , puisqu'il l'a due à cette même ambition qui l'avait porté au faîte de la puissance. Pfenons pour exettiple la bataille d'Austerlitz : c'est un fait sur lequel tout le ïuonde €st d'accord, mais qui ne nous apprend nen s'il n'est pas rattaché ai^x circonstances qui • ont précédé, s'il n'est pas considéré comme le dénouement de la troisième coalition et tomme la suite d'une menace d'invasion en Angleterre , si l'on ne se représente pas en même temps l'inaction de la Prusse et l'éloignement d'une grande partie des forces de l'Autriche , si l'on ne connaît pas les ^cidens , les fautes et les accidens qui rompirent la trame si ingénieusement tissue par M. Pitt. Il «n est de même de tous les autres faits j le lecteur
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pourrait se les rappeler tous isolément, et cependant ignorer la véritable histoire de Napoléon , et celle de TEurope dans le cours de cette grande révolution politique.
Seconde question : N'a*t-on pas toujours conçu de la défiance contre les histoires contemporaines et contre cîcHes qui traitent de faits récenis, dont les témoins vivent encore ? Pourquoi donc com* , poser laborieusement un ouvrage dont la conception même est entachée d*un vice radical , et dont Fauteur doit s'îexcuser de Tavoii" entrepris avant de justifier k manière dont il Ta exécuté ?
Je répondrai par une autre question , et je demanderai s'il existe véritablement une prévention contre les histoires contemporaines. Si elle était réelle et générale, il faudrait condamner ce que nous avons de plus remarquable dans le genre historique. X^nophon a décrit ce qu'il a fait lui-même, et Thucydide ce qu'il a vu faire ; Salluste , contemporain de Catilina, en a tracé la conjuration, et César a été son propre historien. A la vérité, Ta-^ cite, dans ses Annales ^ semble s'excuser d'avoir décrit des faits récens , lorsqu'il dit que l'histoire de Tibère, de Caligula, de Claude et de Néron à été écrite par la flatterie pendant la vie de ces princes , et par la hain« après leur mort; mais, écrivant lui-même cinquante ans après la mort du dernier, il ajoute qu'il n'a aucune raison de haïr ou d'aime]^ ces empereurs* Dans ses Histoires , il reproduit la iném£ idée , et , de plus , il avoue qu'il doit toute
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3a fortune àYespaaen : cependant, malgré cet aveu, et quoiqu'il ait p» voir tous les princes dont il n parle , puisqu'il est né sous le règne de Nëfon , et qu'il a dû survivre à Trajan , dont il se proposait d'écrire Thistoire, sa sincérité n'a ^mais été suspectée , et Tacite est peut-être ^ pour les historiens modernes , la plus imposante de toutes les autori^tés. Il n'y a donc point de Juste prévention contre l'histoire contemporaine , ou , s'il çn existe , elle e^ 3i peu générale que , quand nous voulons rétablir lin fait contesté , nous citons toujours de préféï*cnce les auteurs qui ont été témoins oculaires^ €^<Hnme méritant plus de confisgpce que les autres. Je ne serai pas plus embarrassé dans reKameil ^'une troisième question bien plus importante, ^uais Ah: laquelle je m'attends à éprouver une, résistance plus opiniâtre. Il s'agit de l'impattiàlité» ï)es hommes qui ont établi unejnouvelle doctrine Sur les devoirs de l'historien ont demandé s'il de* Arait être impartial , et ils ont osé répondre négati-^ vement. Je ne reproduirai pas les sophismes dont on a cru pouvoir étayer cet étrange paradoxe; mais je dirai aux paitisans du nouveau système : t€ Vous avez , Messieurs , un excellent moyen de connaître l'opinion publique sur cette question dé" Ucate ; composent une Instoire ; annoncez \ dan& votre préface , que vous blâmez l'impartialité ^ puisi vous verrez si l'on se porte en foule chez votre libraire. » Sans tenter cette épreuve /on en devine k résultat; les hommes ne disent pas souvent 1^^
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vérité , mais ils voudraient toujours la connaître : trompés cent fois, ils se bercenë encore de Tespoir de la rencontrer. Gela est si vrai , que toutes les préfaces sont des protestations de sincérité et d'exactitude ; les romanciers même , les romanciers qui ont le privilège du mensonge , nous présentent cependant leurs fictions comme des histoires véritables, pour capter notre confiance et pour augmenter notre intérêt.
Mais pourquoi se donner volontairement le tort de blâmer la vérité dont on a si rarement à redouter la présence? Ne pouvait-on pas atteindre le même but sans dicter un précepte qui a toujours quelque chose de qhoquant ? Au lieu de rechercher si Thistorien doit être impartial , il faudrait demander s'il peut l'être , et alors je répondrais', sans hésiter, qu'une entière impartialité me paraît impossible : cette réponse , qui me ramène directement à l'Histoire de Napoléon Buonaparte , est assez justifiée par les considérations suivantes.
Aucun homme , quelque philosophe qu'on le suppose^ ne s'est jamais complètement dérobé à l'empire des habitudes, des principes qu il a sucés avec le lait , des nombreuses impressions qu'il a reçues depuis son enfance , et de l'ordre dans lequel il a été nourri , élevé et instruit. C'est toujours avec ce. prisme qu'il regarde les objets et qu'il en juge les formes et les couleurs. Lors même que, par une révolution subite , ou par son propre choix , il se trouve placé dans une situation toutf
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)pposée, le prisme primitif influe toujours, plus 3u moins, sur ses yeux et sur son jugement, et [elle est la cause des étranges contradictions dont Qous avons été les témoitis. Voilà pourquoi Thommc monarchique , devenu républicain, a voulu rester un monsieur, tout en se proclamant sans culotte ; voilà pourquoi le partisan de T égalité a rabaissé tout ce qui était au-dessus de lui, mais n*^ point élevé ce qiii était au-dessous; voilà pourquoi Thomme du peuple , parvenu à une place éminente dans la nouvelle république , a traité ses prétendus égaux comme l'aurait fait un parvenu dans la mo^ narchie ; voilà pourquoi les plus grands col tempteurs de la noblesse ont cessé de croire que la noblesse est une chimère , quand leur égal , devenu leur maître, leur a dit qu'ils étaient nobles; voilà pourquoi l'ennemi des distinctions et des supériorités sociales', se laissa doucement persuader que les plaques , les cordons et les titres féodaux sont la juste récompense des vertus républicaines; voilà pourquoi enfin le guerrier qui avait combattu pour la liberté et l'égalité , daigna s'asseoir sur l'un de ces trônes qu'il avait juré de renverser , et préten- * dit avoir concilié l'égalité avec le plus fastueux des titres, la liberté avec le despotisme le plus complet- Si , à ces motifs puisés dans l'opinion, nous joignons ceux de l'intérêt personnel , nous sentirons bien mieux l'impossibilité d'être parfaitement juste et impartial sur les objets qui nous nuisent ou ^ows déplaisent. Evoquez les ombres des Gaulois
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^ui vivaient soixainte ans avant Tère chrétienne^ ou celles des partisans de Pompée , et demandez-^ îeur ce qu il faut penser de César; interrogez les anciens habitans de Persépolis sur les vertus d'Alexandre...... je n'ai pas ^besoin de dire quelle
serait leur réponse. Il faut donc reconnaître que dkl^ hommes, également sincères, mais opposés d'opinions et d'intérêt , ne peuvent pas voir les ohjists d'une manière uniforme ; F impartialité absohie est donc une chimère , mais ce nest pas une raison pour vantei* la partialité : nous savons tous qu*aucun honune ne peut être entièrement sage et vertueux , et cependant nous ne conseillerions à personne de renoncer à la sagesse et à k vertu.
Les lecteurs qui sentiront combien il est difficile au}ourd'hm de parler de Napoléon , me pai^onneront sans doute les longues précautions que j'ai cru devoir prendre avant d'aborder mon sujet ; mais on né manquera pas de conclure de ce qui précède , que Y Histoire de Napoléon , par M . P-. F. H. , n'est point une histoire impartiale.
Il est évident pour moi que M. H. a voulu être impartial , et il croit sans doute l'avoir été rigou-* reusement. Aucun fait éclatant de Napoléon n'est ni dissimulé ni affaibli par l'historien ; les bonnes actions sont égatement avouées sans réticence et sans contrainte ; si les accusations injurieuses à la mémoire de Buonaparie ne sont pas fondées sur des preuves suffisantes ou sur de grandes probabilités , M. H. les rejette avec dédain.
EI3ï6llU!l D£ NAPOLEON. iJ^i
Mais M. It est royaliste ; il ne Test point par une afiection intéressée , puisqu^il peut dire que la ré-^ Yolution ne lui a rien donné o^ riei^ ôté; il ne Test point par enthousiasme , sentiment louable ^ maia dont rien ne garantit la durée ; il Test par raison^ oement , par conviction , et il considère la légiti-* mité comme un dogme aussi nécessaire au bonheur des peuples qu'à la sécurité des rois. Avec de pa* reils principes , il était impossible que Tinvasion de Buonapartc sur le trône de France ne portât pa« quelque atteinte à cette impartialité rigoureuse que riristorien voulait prendre pour guide, et Ton saperçoit des efforts inutiles qu'il a faits pour ou^ blier qu'il est Français lui-métne , et pour }ugefr Buonaparte. comme il jugerait un guerrier appai^ tenant à un autre siècle et à une autre contrée.
De cette ferme résolution d'être impartial et de ce royalisme inflexible , il est résulté un conflit qui donne à l'ouvrage de M. H. une physionomie particulière , et une nouvelle espèce d'impaitialité qu'il est bon de (aire connaître. Un ancien pro« verbe nous dit qu'en toutes choses il faut prendre on juste milieu ; d'après cet adage , bien des gens s'imaginent que , pour écrire l'histoire avec impar* tialité , il faut prendre un moyen terme entre l'adu^ lation et la haine , et distribuer sobi'ement le blâme et la louange. Ge préjugé est devenu si général quc^ <|uand on nous dit beaucoup de biqn et beaucoup de mal d'un personnage quelconque, nous croyons a avoir rien de mieux à £adre que de rappix>efaer les
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extrêmes , en diminuant beaucoup de l^un et de l'autre. Mais la réflexion nous fait bientôt voir combien cette méthode ept vicieuse : elle ne serait propre qu'à rapetisser les ^nds hommes, puisqu*en dé-^ finitive elle les présenterait avec des vices et des vertus médiocres; et Ton sait, au contraii^, que tout est en excès chez ces hommes destinés à remuer le monde , et que leurs vices , comme leurs vertus , participent toujours de Téneiçie de leur caractère.
M. H. s'est bien gardé de placer son héros sur le Kt de Procuste , pour le réduire aux dimensions communes. Il le montre avec ses qualités bonnes et mauvaises , et , Ibuant les premières comme s'il avait entrepris un panégyrique, il condamne les autres avec une sévérité. qui tient de l'indignation* Si celles-ci l'emportent en nombre sans l'emporter en énergie , c'est aux faits mêmes et non pas à l'his^ torien qu'il faut demander la raison de cette inégalité ; j'avouerai cependant que , dans cette compensation qui n'est pas complète, le roys^liste se fait reconnaître , et que , n'accordant aux belles ac-^ tions de son héros qu'une équité froide , il pro-^ nonce le blâme avec une chaleur où l'on voi poindre un certain plaisir.
Quelque^ persoimes, prudentes jusqu'à la timi-— dite, s'effraient dès que l'on parle de Napoléon ^ elles pensent qu'il est dangereux d'en entretenir 1^ public ; elles voudraient que le nom même de l'eîc:empereur fût interdit pendant toute la durée de L^
HISTOIRE DE NAPOLÉON» l45
génération qui Yk connu. L'un de ces politiques méticuleux me disait un jour : Pourquoi ne feraiton pas pour l'usurpateur ce qu'a fait Rome républicaine quand elle défendit de prononcer le nom de roi? J'ignore, ai-Je répondu, si cette défense a jamais existé ; mais je sais très-bien que ces républicains ont créé un roi des sacrifices , rea: sacro^ ru/n,immédiatementaprèsrabolitiondelaroyauté, et qu'ils avaient recours à Ventre -roi, interrex ^ quand il y avait une lacune dans la nomination des consuls. Au reste , on sait assez quel serait l'effet d'une pareille prohibition , et l'idée même en serait fort ridicule. Mais quel est donc le danger de parler de cet homme , et même de le louer en ce qu'il a de louable? S'il pouvait sortir du tombeau, et faire une nouvelle irruption en France , trouverait-il encore des complices, après avoir comprotnis si cruellement tous ceux qui lui avaient été fidèles? craint-on jusqu'au souvenir de ses hauts ftiits qui ont coûté tant de larmes et de sang? Oh! certes, l'épouvantable catastrophe qui a terminé cette période de prospérité , est un puissant cortrectif aux enivrémens de la gloire. Qui voudrait aujourd'hui tenter des chances aussi périlleuses , lorsque tant de victoires et tant de conquêtes n'ont çu pour résultat que de faire passer les. vainqueurs sous un joug qui n'a été soulevé que par le retour du prince légitime ?
Non , l'histoire de Buonaparle ne peut être dan^ {ereuse pour les peuples, et je la crois utile aux
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monarques. L'ombre de cet heureux ple'beKen se pre'sentera plus d'une fois à la pensée des rois , et les apparitions salutaires de ce fantôme seront des leçons plus efficaces qtie n'en pourraient donner les volumineux écrits des Puffendorf et des Grotius. C'est peut-être à cette cause que nous devons la paix qui depuis neuf ans réunit les grandes puissances. Quel que soit le ressentiment d'anciens griefs , quel que soit le désir de la gloire ou de la vengeance , tous les rois sentent , un peu tard à la vérité, que de tous les ennemis qu'ils peuvent avoir, le plus dangereux , le plus implacable et le moins généreux , est le génie des révolutions. Philippe de Macédoine voulut qu'on vînt lui dire tous les jours : « Souviens-toi que tu es mortel. » Puisse la voix d'un ami répéter tous les jours aux princes légitimes : « Souvenez-vous de Napoléon! »
Mais au moins, dira-t-on,* si vous ne pouvez vous empêcher de parler de lui , n'insistez pas sur les brillantes qualités d'un homme que nous devons détester. Eh! pourquoi? Quelque odieux qu'il vous paraisse, ignorez -vous qu'un coupable est absous dès qu'on est injuste envers lui? Ainsi, vous manqueriez le but que vous vous proposez , et vous inspireriez de l'intérêt pour celui que vous voulez faire haïr. D'ailleurs , par égard pour nousmêmes, n'outrageons pas celui qui a été notre maître. Nous ne sommes pas tout-à-fait innocens du mal qu'il a fait au monde , et nous ne pouvons pas l'accabler d'injures ^^rossières sans qu'il en re-
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jaillisse quelquç honte sur nous. Si Ton imagine que , pour plaire au roi légitime , il faille être injuste envers ses ennemis, et descendre jusqujau mensonge, cette adulation ressemble plus à une insulte qu'à un hommage. On craint peut-être de légitimer, en quelque sorte , Taudace de Napoléon en avouant les grands talens qui s'alliaient chez lui à de grands vices : mais le royaume de France est-il mis au concours? dans le siècle des lumières nous sommes-nous assez rapprochés de la barbarie pour nous faire prendre un sabre pour un sceptre ?
Malgré toutes ces préventions dont la réfutatioii m'a rendu prolixe , je n'en continuerai pas moins à examiner l'histoire de Buonaparte comme s'il s'agissait d'un Romain ou d'un Carthaginois ; et débarrassé de toutes les discussions accessoires, je m'occuperai uniquement de l'auteur qui mérite l'estime de tout lecteur sage , et auquel je ne ferai de reproche que celui d'avoir été quelquefois plus royaliste encore qu'il n'est historien.
On a prétendu qu'à Toulon , Buonaparte n'avait pas seulement commandé le feu dans l'exécution atroce ordonnée par les représentans du peuple contre les malheureux habitans de cette ville , mais qu'il avait adressé à Robespierre jeune et à Fréron , une lettre en forme de rapport , oi\ il se vantait d'avoir marché dans le sang des traU très, et de n'avoir épargné ni le sexe ni l'âge. \Jn méchant royaliste pouvait fort bien , sans
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blesser la vérité , laisser ce fait dan&le vague , en se contentant de ne point Taffiiiner ; cela lui était d'autant plus permis, qu on a fait circuler des copies de cette lettre vraie ou fausse , et qu'elle est signée Brutus Bu on aparté. Mais M. H. détruit, par une réflexion bien simple, cette anecdote révoltante : il fait observer que les prétendus représentans du peuple ayant assisté et présidé au massacre qu'ils ordonnaient , il n'est point vraisemblable qu'on ait eu besoin de leur écrire pour leur apprendre ce qu'ils avaient si bien vu.
En parlant ailleurs de la promotion , subite et sans intermédiaire , de Buonaparte au grade de ge'néral en chef, il fait. les réflexions suivantes : « Il est surprenant que ceux qui la régissaient (la république ) aient confié un commandement aussi important,, que l'était celui de l'armée d'Italie , à un jeune officier qui ne s'était encore signalé que par des succès partiels au siège de Toulon , par ses ex— ploits contre les sections de la ville de Paris, e par son exaltation révolutionnaire. Comme on jug de tout par l'événement, aucun reproche ne ses élevé contre le Directoire exécutif à ce sujet; mais -» de quelles malédictions n'aurait-il pas été l'obje* si des revers eussent été les résultats d'un choix sî faiblement mérité, quoique si bien justifié? » H ajoute plus loin qu'on aura, sans doute suppléé par des instructions au défaut d'expérience que l'on pouvait supposer au jeune général. « Mais il est probable, dit-il 9 d'après la. connaissance que nous
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avons du caractère de Buonaparte, qu'il ne s y sera pas attache scrupuleusement. Ainsi , la gloire que lui ont acquise ses premières campagnes , et que les hommes verses dans Fart de la guerre considèrent comme les plus savantes qu'il ait faites, lui appartient tout entière. »
. L'auteur confirme cet éloge lorsqu'il suspend sa narration après la prise de Mantoue, de Trente et de Bassano. « Ainsi fut lermine'e, dit-il, cette première campagne de Buonaparte , où il fit des cbose$ si véritablement extraordinaires que l'Europe en fiit frappée d'étonnement. Ce fut principalement à lui-même qu'il dut des succès si brillans ; les généraux qu'il avait eus en tête, Beaulicu, Wurmser, et Alvinzy même , n'étaient point des nommes médiocres : Wurmser surtout avait de l'habileté et une longue expérience. »
J'ai dit que M. H. n'avait pas plus dissimulé les bonnes actions que les faits éclatans ; en voici la preuve : « On prétend qu'un prêtre déporté vint se présenter au général en chef pour le prier de le faire fusiller. Buonaparte , ajoute-t-on , le rassura et pourvut à sa subsistance. » Quoi qu'il en soit de ce fait, qui semble peu probable, un grand nombre d'ecclésiastiques français, qui avaient obéi à la loi de déportation, s'étaient réfugiés dans l'État de VÉglise , et l'approche de l'armée victorieuse leur causait les plus vives alarmes. Buonaparte les autorisa , par une proclamation , à demeurer sur le territoire conquis par les armes françaises : en
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même temps il défendit , sous les peines les plu^ sévères , de les insulter, et il enjoignit aux supé-rieurs des maisons religieuses de leur donner asile ^ et de pourvoir à tous leurs besoins.
Ce n'est pas seulement sur les faits publics et avérés que l'auteur est rigoureusement juste envers Napoléon; il va quelquefois jusqu'à le disculper sur des actes que les Buonapartistes les plus idolâtres n'osent point louer, et qui se présentent sous des apparences au moins équivoques. Prenons pour exemple la fuite d'Egypte : Je suivais sur ce point l'impulsion de l'opinion vulgaire qui , rela* tivement à cette échappée , n'était point favorable au grand homme ; cependant je puis dire de Buo^ naparte : Nec beneficio^ nec iiyuriâ cognitus^ et je parle de lui sine ira et studio. J'ai donc été bien étonné d'entendre dire à un royaliste : « La manière dont Buonaparte a quitté son armée, du courage et de l'affection de laquelle il avait tant abusé, est considérée, par quelques écrivains, comme une lâche désertion. Nous ne partageons point leur opinion à cet égard; l'expédition d'Egypte était manquée, et ce n'était plus dans cette contrée qu'il pouvait être utile à ceux qu'il y avait entraînés. Ce fut certainement beaucoup plus de ses intérets que des leurs qu'il s'occupa , mais ces intérêts semblaient être cosamuns ; et Buonaparte avait 3l craindre qu'en son absence il ne se fît en France quelque révolution qui ne lui aurait laissé d'autre ressource que de mettre bas les armes. .^.. »
HISTOIRE DE NAPOLÉON. l5l
Dans les premiers mois de la restauration , les
nouveaux convertis au royalisme crurent qu'il était
de leur devoir de dépouiller entièrement le héros
déchu pour mieux honorejT le monarque légitime ;
mais , malheureusement pour un si beau zèle , nos
princes n'étaient pas hommes à récompenser de
pareils hommages/ Quelques écrivains ont eu le
courage dé déclarer que Buonaparte était une bête^
d'autres en ont fait un poltron. A quoi donc , m*é-
criais-je alors, nous ont servi les lumières du siècle
et la perfectibilité de Fespèce humaine, si, à Tapo-
gée de la civilisation, nous avons tremblé devant
un poltron , et reçu la loi d'une bête?
M. H. ne s'est pas donné la peine de réhabiliter les facultés intellectuelles de Buonaparte, mais*, waisemblablement , il n'a pas admiré la belle antithèse que forme le mot poltron avec tant de combats et tant de victoires , car il dit , en parlant de la bataille de Friedland : « Buonaparte , dans cette ^umée ; déploya l'activité et les rares talens qu'il avait montrés dans ses campagnes précédentes. On le vit, durant l'action^ parcourir les positions les plus exposées , et plusieurs boulets passèrent près ^e lui, ou vinrent s'enfoncer dans^la terre à s^s pieds. »
En voilà bien assez , ce me semble , pour prouver que l'auteur de l'Histoire de Napoléon Buona^ parte n'a pas eu l'intention d'écrire une diatribe , ^* qu'il s'est fait une loi d'être juste envers l'homme 9^'il devait condamiuer sous tant de rapports. Mais
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que les royalistes ne s'effarouchent point de ces concessions faites à l'ennemi de la lëgitimitë : si la vérité force quelquefois l'auteur à l'apologie et même à la louange , il se dédommage amplement de cette contrainte ; et le correctif est répandu dans l'ouvrage avec tant d'abondance et tant de sévérité, que les ennemis même de Buonaparte crieront grâce pour lui.
Mais peut- on raisonnablement lui faire un crime de n'avoir pu contenir ou dissimuler son indignation quand il décrit des faits qui le révoltent, quand il entend excuser, pallier et même louer des actes que la justice , si elle eût pu appréhender le coupable , eût punis d'une peine infamante ou du dernier supplice? Ne nous laissons pas éblouir par le génie de cet homme extraordinaire , écartons le prestige des victoires qui ont eu pour lui le résultat des défaites , et soyons justes un moment. De quel œil verrons-nous le lâche assassinat d'un prince à qui l'on ne pouvait reprocher d'autre tort que le malheur de sa famille? je ne veux pas même ici considérer un Bourbon , et je fais abstraction de tout ce que mon opinion ajoute d'odieux à ce crime inconcevable ;»*je veux supposer que le prince était Russe , Anglais, Prussien, tout ce qu'on voudra, et l'action ne m'en paraît pas moins horrible. Elle n'a pas le danger pour prétexte , elle ne l'a pas pour excuse , puisque aucun danger n'en accompagnait l'exécution; elle est plus vile encore qu'elle n'est atroce; des brigands s'en croiraient déshonorés.,
HISTOIRE DE NAPOLÉON. l53
«ar rhonneur est une vertu qui subsiste quelquefois chez les hommes qui ont renoncé à toutes les autres.
Lia manière dont je viens de parler de Tassassinat du duc d*Enghien fait assez entrevoir que le rëcit de rhistorien de Buonaparte s'accorde fort mal avec celui de M. le duc de Rovig^o : M. H. n'a pu connaître la brochure (car ce n'est que cela) qui vient d'être répandue avec tant de profusion dans la capitale , et je suis bien assuré que quand il l'aurait lue avant l'impression de son ouvrage , ce document ne lui siurait pas fait changer un mot à sa relation. Telle est la présomption de ces royalistes ; ils prétendent toujours savoir les choses et connaître lef événexnens mieux que les témoins oculaires et même que les acteurs! Au reste, on ne peut pas opposer les 2>ages de M. de Rovigo à celles de M. H. ; celui-ci ;parle d'un assassinat , l'autre parle d'xme catas- ^Êrophe. M. H. n'écrit point vn roman : il n'y a ^onc rien de commun entre les deux récits.
Mais moi, qui ai lu cette brochure avant d'écrire cet article, je suis bien forcé d'exprimer la sensation qu'elle a produite sur moi , ne fût-ce que pour faire voir qu'elle n'infirme en rien la relation de mon auteur. Il y a plusieurs choses à considérer dans cette brochure. Le titre m'annonce d'abord un événement commun entre M. le duc de Roçigo et M, le duc d'Eaghien. Je suppose qu'une grande révolution physique anéantisse notre littérature , et que cette seule page survive au désastre gêné-
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ral, nos petits^neveux ne manqueront pas de la commenter, et ils diront : « Messieurs les ducs de Rovigo et d'Enghien étaient sans doute deux camarades qui se seront brouilles , et le mot caUtstrophe indique vraisemblablement que le premier a tuë Fautre. » Voilà cependant à quoi s'expose M. le duc de Rovigo par cette égalité de rang qu'il semble établir entre les deux personnages.
La brochure offre en outre deux apologies, celle de M. le duc, de Rovigo et celle de Buonaparte. La première me paraît aussi complète qu'elle peut Têtre dans une aussi vilaine affaire ; .car il ne m'est pas permis de supposer qu'un brave guerrier, qu'un gliiéral des armées françaises, descende jusqu'au mensonge sur des faits de cette importance , et d'une telle notoriété : M. le duc est donc bien disculpé, quoi qu'on en dise.
Quant à l'apologie de Buonaparte , J'y vois deux grandes difficultés u il faut d'abord croire que \e^ prince, étant encore à Strasbourg, aurait écrit au premier consul une lettre qui n'aura pas été remise , et par laquelle il aurait demandé qu'on ium accordât l'honneur de servir le premier magistral de la république. A quel titre servir? Est-ce dan^^ les armées? Alors le prince aurait sollicité la fa^ veur de porter les armes contre son roi €t sor»parent; et , comme il était d'une bravoure «prou-* vée , il aurait brigué et sans doute . acquis la gloire d'avoir fenné pour jamais aux princes de sa fa — mille , l'entrée de leur patrie et l'accès au trône (i«
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France ! Est-ce dans la maison même du premier :onsul qu'il voulait obtenir un honorable service...? le n'ai pas le courage de répondre à ces questions j\i\ seraient passablement absurdes, quand même 3n supposerait, la lettre du prince datée de Vin- :^ennes, à moins que M. le duc de Rovigo n'attes* :ât qu'il Ta vu écrire.
Mais ce n'est pas tout ; il faudrait encore pourif^oir loe persuader qu'un ministre de Buonaparte^
algré le caractère bien connu de son maître ,
algré l'inflexibilité de son caractère , son opiniâtreté dans ce qu'il avait résolu , et son irascibilité -oujours funeste à celui qui la provoquait, aurait >sé commander secrètement l'exécution de ce for- ^t , à l'insu du maître , empêcher ce dernier de ^^venir sur une détermination aussi odieuse, écar-^ -«r les formes exigées par le maître même , et qui Cuvaient sauver la victime , et couvrir le grand ^omme d'une infamie dont le despote innocent, c)[iais clément et timide , ne se serait point vengé ^ur ce ministre!
M. le duc de Rovigo a conservé pendant huit ans cette apologie sans la publier; j'en demande quinze pour la comprendre ; et quand nous en se-» irons là, je dirai combien il m'en faut pour y croire. Un attendant , revenons à M. H. qui n'est pas asaes philosophe pour penser qu'une faute soit pire qu'un «rime, quoique la faute ait souvent de plus fâcheuses conséquences.
On pressent que l'auteur n'est pas plus indul-
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gent sur Taffaire de Baïonne , qu'iLnomme iin vil escamotage; et, en effet, ce mot convient si bien à la chose , qu'on ne songe pas à examiner s il est assez noble. Nous avons d'ailleurs d'amples renseignemens sur cet exploit qui aurait acquis quelque gloire à un procureur fripon. L'un des acteurs de cet ignoble drame a eu la naïveté de nous en de'velopper les scènes , et le rôle qu'il y jouait n'ëtait pas assez brillant pour qu'on le soupçonne d'avoir mis de la partialité dans son récit.
Un des vices que Thistorien signale et condamne avec le plus d'amertume est cette hypocrisie politique et profonde par laquelle son héros a su cacher long-temps le futur despote sous le masqué d'un républicain libéral. Je sais que bien des ^eris ont admiré cette dissimulation, même dans un guerrier; il me semble encore les entendre crier: « Quel génie! comme il nous a trompés ! comme il a bien prévu que nous serions dupes de son patriotisme! comme il cpnnaît bien les hommes ! » Mais M. H... qui n'a pas été dupe de Buonapaite , et qui ne s'applàudiraît pas de l'avoir été , n'a vu dans cet art de tromper les peuples qu'une astuce odieuse , soutenue par une grande audace , qualités qui lui ont fait donner à Buonaparle le nom de Cromwell français , car il importe peu que le masque soit reli^eux ou philosophique, c'est toujoursFhypocrisie. Ce paragraphe me rappelle qu'un jour on apporta chez moi un morceau de papier qui enveloppait je ne sais quelle drogue , et qui excita ma curiosité :
HISTOIRE DE NAPOLEON. iSy
c'était une feuille divisée en deux coloTincs , Tune firançaise , l'autre italienne , et contenant le commencement d'un discours prononcé par le général IBuonaparte à la société populaire de Milan. La preroière phrase de ce discours était celle-ci : « Bientôt il n'y aura plus de rois, bientôt il n'y aura plus de prêtres. » Et quand cette pièce curieuse me tiomba sous la main , l'exterminateur des rois et dA J>Tétres était assis sur le trône et avait le pape logé J>Tès de luL Si la muse de l'histoire était rieuse , ce ^«pprochementmériterait une petite place dans ses archives.
Quelque sévérité qu'apporte l'historien de Buo- ^aparte dans les jugemens qu'il prononce, il les appuie sur de si bonnes réflexions et sor des rai- ^onnemens si conformes aux saines doctrines y que je ne puis l'en blâmer, malgré le désir que j'aurais d'adoucir la rigueur de la sentence ; car, après tout, ce grand despote avait un génie rare , et je me souviens d'avoir été forcément son très-humble sujet; mais je ne puis approuver une expression qui est échappée à l'auteur, et que l'indignation même envers un homme si remarquable ne peut point autoriser. Deux fois l'historien se sert du moi féroce^ qu'il applique fort incivilement à son héros. A la vérité , ce mcrt; ne parait que deux fois dans quatre volumes , mais c'est encore trop. La férocité indique une cruauté innée et un plaiisir à être cruel ; or,„rien ne fajit soupçonner ce vice dans Buonaparte , quoique le sacrifice de plusieurs milliers et
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même d'mi million d'hommes ne Im eût rien coûté pomr parvenir à son but. L*assasânat même du duc d'Ënghien ne prouve pas de la férocité, quoique la cause de ce crime puisse receler quelque chose de pis.
Il me semble ausâ que l'historien s*est un peu trop eflrayé de Tambition de Buonaparte , et trop âfiectë des flots de sang que cette ambition a fait répandre. Si Ton voulait juger et condamner les grands guerriers d'après le nombre des. victimes qu'ils ont fait immoler, il n'y a point de héros qui dût obtenir grâce. On a beau déclamer contre la guerre et ses ravages , elle est , comme dirait Montaigne j une pièce de l'univers , et la conservation, de l'espèce humaine tient peut-être à l'action de ce fléau , quoique cette pensée ressemble à un paradoxe. Si un général , pour vouloir épargner le sang des soldats , éprouvait des revers ^ loin de le louer de son humanité , on attribuerait ses défaites à la lâcheté ou à l'impéritie. D'ailleurs , les hommes ne sont pas et ne seront jamais assez sages pour juger philosophiquement des exploits guerriers : l'orgueil d'une nation étant intéressé au succès de ses géné-^ raux , celui qui tuera le plus d'ennemis kii paraîtra toujours le plus grand , sans calculer combien ce général a fait périr de ses compatriotes. Si la ba-* taille de Cannes est à jamais illustre par quarante mille morts , ne nous étonnons point de remj^ase avec laquelle on a parlé de la Moskowa qui en a compté soixante mille*
Hl&TOtRE DE KAPOLEON. iSq
là' Histoire de Napoléon Buonaparte , par P. F. H. , mérite l'estime de tous les lecteurs de quelque opinion qu'ils soient, quoique probablement il ne s'attende pas à celle du parti opposé. L'auteur a religieusement rempli la promesse qu'il avait faite de présenter un tableau complet des opérations militaires, politiques et ciçiles de son héros : jamais titre ne fut mieux justifié. Aucun fait de quelque importance n'est omis, aucune recherche n'a été épargnée pour connaître la version la plus exacte ou la plus vraisemblable , les meilleures autorités ont été consultées , et tout ce qui n'a pas été certain ne s'offre au lecteur que sous la forme du doute. Les réflexions y sont toujours sages et jamais longues , et l'enchaînement des faits y est excellent , tâche difficile qui a exigé du talent et de la patience. Le style de cette histoire est simple, noble , grave et quelquefois austère. Dans un travail de si longue haleine on est étonné de ne point rencontrer quelques-unes de ces erreurs dont les meilleurs écrivains ne sont point exempts. Une seule fois , je ne sais par quelle inadvertence , il a écrit le nom de Gustave IV au lieu de Charles XIII; la méprise est forte , elle se trouve à la page 1 8 du quatrième volume ; elle m'a choqué par cela même qu'elle e^ la seule dans un si long ouvrage.
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