TRAITÉ!^ DE PAIX
du roi, les geiis comme il faut qui s'étaient marie's; et quand on avait lu la feuîUe , on avait le bonheur d'oublier la politique jusqu'au lendemain au matin. Quelquefois cependant le journal faisait un peu de bruit ; la Prusse avait fait yî/er des troupes; r arbre de Cracovie était la tribune aux harangues, et la foule des trop heureux badauds écoutait , bouche béante, le grand politique qui, en ci-achant sur le sable, représentait TOdet ou le Danube, assiégeait deux petits cailloux qu'il nomnïaH Glatz et Schweidnitz , et qui , par ses profondes connaissances » avait mérité le beau surnom de M. Trente- Mille-Hommes. Nous étions légers alors, étourdis, inconsidérés. Sous ce règne du despotisme y nous feîsions tout ce que nous voulions; ne songeant (ju'au plaisir , ne cherchant que des distractions *nciusantes , le Français mettait à profit le jour isins penser au lendemain ; mais nous étions es- -Isves , dit-on , et la révolution est Tenue fort à >iropos nous apprendre à être heureux plus sérieusement.
L'tîxcellent ouvrage que j'annonce ne traite que icî la politique sérieuse et de la politique extérieure. H a été commencé par M* Koch, à qui l'on doit l^ Tableau des résolutions de V Europe ^ dont j'ai ■^^ndu compte, et dont la réputation n'a fait qu'aug- ■^^enter depuis la mort de l'auteur. L'Histoire des ï'raités de paix a été continuée par M. Schœll, ou t^ïutôt entièrement refondue, et tellement aug- *^entée , que le travail de M. Koch ne fait plus au-
jourd*hui qu*une petite paiiie du livre. Si nous aimions autant à nous instruire en politique que nous aimons à en parler, l'Histoire des Traités de paix serait déjà connue de tout le monde ; mais le mérite de cette production ne me garantit point son succès ; tel qui nous prophétise de nouvelles guerres ; tel qui , dans une mince brochure , fait mouvoir toutes les armées de l'Europe, et règle dans son cabinet les destinées futures des deux hémisphères , ne se donnera pas la peine de lire huit volumes pour y apprendre les premiers élémens de la science dont il ^e croit le coryphée. D'ailleurs M. Schœll a fait une faute , dont le motif est très-louable , mais qui peut influer d'une manière fâcheuse sur le sort de son ouvi'age. Tandis que des auteurs, et surtout des libraires, cherchent à capter l'attention et à stimuler la curiosité des lecteurs par des titres fastueux et mensongers , il a précisém'ent négligé , dans le sien , la seule chose qui pût nous arracher à notre paresse , et vaincre notre répugnance pour les lectures de longs cours. Quel est le politique de salon (fiii ne reculera pas devant huit volumes de traités de paix ? Quel amusement lui promet une pareille collection? Pourquoi l'auteur n'annopce-t-il pas tout ce que contient son livre , lorsque tant d'autres vendent ce qui n'est pas dans les leurs ? Tâchons donc de réparer une oihission aussi grave.
On se tromperait étrangement si l'on croyait, d'après le titre , que M. Schœll s'est contenté