‹ Œuvres de F.-B. HoffmannChapitre 24 sur 44 · RUINES DE PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

RUINES DE PORT-ROYAL

cer l'acte de souveraineté que quand il n* y a pas y ou quand il ny a plus de gouvernement , parce qu*on ne peut déléguer et en mêrnie temps conserver Texercice du pouvoir. Quant à la maxime citée par M. Grégoire, que « la renonciation d'une na- » tion à ses droits , à sa souveraineté , ne peut se » faire que par un consentement unii^ersel^ » je la trouve souverainement absurde; car s'il fallait, pour quoi que ce fût, un consentement uniçer-^ self on ne ferait jamais rien, en ce monde , pas même les choses les plus justes , les plus utiles , les plus raisonnables.

Les éloges que Fauteur donne aux solitaires de Port-Royal sont aussi justes que bien exprimes ; maïs en cela même il n'avait pas besoin de cherchera nous convaincre ; pei'sonne aujourd'hui n'est assez jésuite , et aucun jésuite même n'est assez dénué de raison pour refuser son estime aux talens et aux vertus des Arnaud , des Pascal , des Nicole et de leurs illustres amis. M. Grégoire avoue avec quelque peine que ces sauvages cénobites avaient contre les enfans d^ Ignace une animosité peu chrétienne. L'auteur, qui a hérité de leur zèle pieux et d'une partie de leurs talens, ne partage-t-il pas aussi cette animosité dont il ne peut s'empêcher de leur faire un reproche? On est bien tenté de le croire , lorsqu' après avoir parlé de l'éducation religieuse que l'on recevait à Port-Royal, il s'écrie : « Toutes vos institutions prétendues libérales , vos >• théories sur la nature et le principe de la vertu ,

» iront se perdre dans le débordement de tous les » vices , de tous les crimes ! Voyez Tétat de la

» France , et osez soutenir le contraire , etc »

Ne semble -t-il pas que^ nous soyons encore aa temps où le fils dénonçait son père, où le meurtre, le parricide étaient des preuves de patriotisme ? Le j zèle religieux va trop loin : quand il déclame contre les crimes , ce n'est souvent que parce qu*il n'a plus le droit de décider ce qui est crime ou vertu; quand il tonne contre le despotisme, ce n'est souvent que parce que le pouvoir lui échappe ; mais , quoi qu'il fasse , nous sommes aussi las des disputes théolo- i giques que des disputes politiques : nous ne nous | battrons pas pour ou contre la grâce efficace; nous n'examinerons pas s'il y a loi ou io3 propositions mal sonnantes dans les Kéjleœions ma^ raies du P. Quesnel ; si les cinq propositions coadamnées se XTOuy exA à^nsX Augustinusàe, Tévêque d' Ypres ; et nous vivrons en paix avec les jansénistes et les molinistes , quand ils ne nous mettront ' pas le pistolet sur la gorge pour nous forcer à penser comme eux. ^

SATYRE MÉNIPPÉE DE LA VERTU DU CATHOLiœN D'ESPAGNE,

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