MEMOIRE A CONSULTER
SUR UN SYSTÈME RtLIGIEtJX ET POLITIQUE TENDANT k RENVERSER LA RELIGION , LA SOCIÉTÉ ET LE TRÔNE ;
Par M. le comte DC MoNTLOSr^B..
Il ëtait annoncé cet ouvrage comme dçvant produire la plus vive sensation, et, contre l'or* dinaire , TefTet a de beaucoup surpassé notre attente. Si M. de Montlosier a voulu porter la terreur dans Tàme des honnêtes gens, il n'y a que trop réussi : puisse cette terreur être salutaire ! mais je suis loin de Tespérer. L'auteur lui-même paraît fort peu compter sur le triomphe de la raison et de la justice : il indique bien quelques moyens de combattre le monstre qui nous menace , qui frappç à notre porte , qui étend déjà la main pour nous sai^r ; mais toute sa confiance n'est qu'un faible rayon d'espoir, et son découragemejat; se trahit dans les efforts mêmes qu'il fait pour T^us rassurer. Et que pourraât-il nous promettre? Quand on voit d'un côté la ruse et Taudace , et de l'autre la corruption, l'insouciance et la lâcheté, le résultat de la lutte n'est pluspro-
blématique. Quelle espérance nous reste-t-il quand nous trouvons un obstacle dans la force qui devsdt être notre appui , quand nous reconnaissons des complices de nos ennemis dans les hommes que nous avons appelés comme auxiliaires ?
11 serait en effet bien extraordinaire que M. de Montlosier se promît quelque succès âes moyens qu'il propose, lorsqu'il nous révèle et nous prouve les faits les plus sinistres et les plus honteux pour nous ; quand il nous montre le jésuitisme se faire un impudent honneur d'avoir été flétri par la magistrature, chassé par les rois chrétiens et condamné par le souverain pontife , et se disposer à ressaisir sa domination sur les rois et sur les peuples ; quand il nous le fait voir escorté de trois autres corporations, distinctes en apparence, mais prêtes à se réunir à lui dans tout ce qui pourra nous humilier, nous asservir, nous réduire au dernier degré d'abjection,
" M. de Montlosier nous apprend que la congrégation n'est pas, à proprement parler, le jésuitisme ; mais le paragraphe suivant nous découvre rheureuse affinité qui e)^iste entre ces deux classes respectables. « Ce sera, quand il le faudra, de simples réuùions pieuses : vous aurez là. des ai^ges. Ce sera aussi, quand on voudra, un sénat, une assemblée délibérante ; vous aurez \k des sages ; enfin ce sera , quand les circonstances le demanderont , un bon foyer d'intrigues , d'espionnage et de délation ; vous aurez là des démons. » Vpilà
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donc une immense corporation qui est au jésui* tismc ce que les pionniers sont à une armée : elle prépare les voies.
Vient à sa suite Fultramontanisme qui détruit Ja légitimité , puisque la dignité royale devient amovible , et qui délie les sujets du sermerit de fidélité , puisque dorénavant ils devront cette fidélité à un prince étranger. On sent coitnbien ce dogme proclamé jadis par tous les jésuites , et aujourd'hui par de très-respectables évêques et de très-honorables écrivains qui sont jésuites de corps et d'âme; on sent, dis- je , combien cette doctrine , toute céleste , doit relever les espérances de la dynastie napolépqieuné ; car pourquoi un pape ne pourrait-il pas donner le trône de France au fils de Buonaparte , quand un pape est venu solennellement consacrer la légitimité du père ? On n a peut-être pas pensé à cela ; et je suis étpnné que Mk dé Montlosier ne Tait pas dit. Cette sup^ position résulte si naturellement de Tultramontanisme , que tous les royalistes doivent en ê\xe épouvantés.
Vient enfin, avec ou. sans les jésuites, la faction de ces prêtres pour qui Dieu n'est autre chose que l'Eglise, l'Eglise rien autre chose que le sacerdoce, et le sacerdoce rien autre chose que la domination et les richesses, acquises bien légitimement, disent -ils, au nom de Jésus -Qirisl. Ces .prêtres , indices d'un nom qui devrait toujours inspirer le respect et la confiance , ont d'au-
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tant plus d'audace qu'ils se croient bien assurés de n'avoir rieti à craîndrie : s'ils réussissent , tout leur sera soumis sans excepter le monarque , et ils exploiteront largement la mintî'féconde de lafaiblessc et de la superstition ; si la résistance qu'on leur opposera va jusqu'à une révolution , ils en seront quittes pour imiter le digne évéque et les bons curés qui ont demande pardon à la Convention nationale d'avoir enseigné une religion à laquelle ils ne croyaient pas.
Mais le peuple, dira-t-on, n'est ni congréganiste, ni jésuite, ni ultramontain. Les révélations de M. de Monllosier vont nous apprendre ce qui nous reste du peuple , sur les dispositions duquel de jeunes présomptueux fondent leur espoir.
Il y avait déjà plus de deux ans que la congrégation avait jeté son vaste filet sur la France, et enlacé tous les pouvoirs, quand les oisifs de là capitale se demandaient en ricanant si nous aurions les jésuites. Le roi Loui^ XVIIl en connaissait-il l'existence? « Je puis répondre affirmativement , dit JVI. de Montlosier. » Depuis la mort de ce monarque , ajoute-t-il , on a Imaginé défaire entrer tout à la fois le ministère dans la congrégation et la congrégation dans le ministère. <(Tïé\k les postes , la police de Paris , la direction générale avaient été données aux affiliés. » Après s'être emparée des deux polices et avoir soumis le ministère , la congrégation s'étendit sur toute la France. « L'espionnage était autrefois Un melier que l'ar-
gcnt commandait à la bassesse ; il fut commandé à la probité ; par Içs devoirs que la congrégation impose, on assure qu'il est devenu comme de conscience ; on est prêt à lui donner des lettres de noblesse. » Un peu de patience , lecteur, nous arrivons au peuple : « Au moyen d'une association dite de Saint-Joseph, tous les oiwriers sont aujourd'hui enrégimentés et disciplinés ; il y a dans chaque quartier une espèce de centenier qui est un bourgeois considéré dans T arrondissement. Le général en chef est Tabbé L..., jésuite secret. Soùs les auspices d'un grand personnage , il vient de se faire livrer le grand-commun de Versailles. Là il se propose de réunir, comme dans un quartiergénéral, huit ou dix mille ouvriers des départemens. » Voyez que de choses on peut faire avec un budget quand il n'y a pas de spécialité.
Dirai -je maintenant, d'après mon auteur, que des marchands dé vins sont désignés pour donner leurs boissons à bas prix, afin de faire servir l'ivresse au triomphe de la religion? Faut-il ajouter que des femmes de chambre et des laquais se disent approuvés par la congrégation? Si cps misérables moyens font sourire de pitié , voici d'çiutres détails qui ramèneront le sérieux : Les villages sont travaillés comme les villes, et il est inutile de demander quel est l'esprit des officiers de la cour sous ce rapport ; mais que la garde royale n'ait pu édiapper à la congrégation, et que la Chambre des députés compte plus de cent membres affiliés
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à celte même congrégalion, c'est une tinste décoo- "verte que m'a fait faire M. de Monllosicr, et que je voudrais pouvoir contester si le noble caractère, la religion et le royalisme de cet écrivain me permettaient le moindre doute.
Ici se présente une question : M. de Montlosier affirme tenir d'un député, membre de la con^gation, que cette faction, car ce n'est pas autre chose , puisque aucune loi rie l'autorise , compte cent cinq membres dans la Chambre. Ces députés seront offensés de la révélation, puisqu'ils n'osent avouer leur affiliation. Appelleront-ils à la barre l'auteur indiscret qui , parmi les hommes charçe's de faire les lois , en compte cent cinq agrégés secrètement à une corporation qu'aucune loi n'a permise ? S'ils se taisent , nous saurons claircr ment quelle influence la congrégation^ aura sur la législation future. S'ils s'offensent «t parlent de punir, quelle honte pour- la congrégation de voir tant d'honorables membres désavouer avec indignation les rapports qu'on leur suppose avec elle! La difficulté est embarrassante ; il faut être jésuite pour s'en tirer.
Maintenant, messieurs du grand siècle, hommes de la grande nation , vantez bien le progrès des lumières , placez- vous modestement au-dessus de tous les peuples, et calculez jusqu'à quelle époque du moyen âge la perfectibilité , indéfinie vous a conduits en si peu d'années. Le genre humain est en marche , dit toujours M. de Pradt ; cela est
vrai , car il ne peut rester immpbilc ; mais il tourne sans cesse , et il croit aller en avant. Pour juger des succès de sa marche , voyex où il est arrivent vous , messieurs les libéraux , vous avez tenu quelquefois un langage < bien hautain , vous avez proclamé vos principes étemels ^ indestructibles ; vous aviez pour vous tout le peuple français......
Comptez maintenant ce qui vous reste , quand vous aurez fait la part des jésuites, des ultramoritains et de la congrégation. En attendant, écoutez ce que vous dît M. de Montlosier qui, relativement à la . crise actuelle , ne doit plus vous paraître un adversaire : « Aussitôt que là gent libérale , très*contente d'avoir retrouvé , dans la prépondérance de la petite propriété , quelque chose de l'ancienne souveraineté du peuple, a vu, au moyen de la nouvelle loi électorale , cette prépondérance lui échapper, elle s* est mise à crier que l'ancien régime allait revenir , qu'il était revenu. A sa voix , qui a retenti dans toute la France , on a regardé de tous côtés. Quelle surprise ! au lieu de la Bastille on a aperçu Mont-Rouge ; au lieu de la chevalerie , on a trouvé des moines ; au lieu de la noblesse , la congrégation : tout cela nous est advenu, comme une fantasmagorie. Il a fall^ji plus de deux ans pour y croire. Les jésuites remplissaient la France ; on ne les y savait pasi Les congréganistes occupaient toutes les positions, on ne les voyait pas. Aujourd'hui encore um; partie de la France est en doute. ».
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Ainsi , vous avez été pris pour dupes , ef tandis que vous faisiez des discours bien forts , tandis que vous écriviez des articles bien piquans , les enfans de Loyola , sans écrire et sans discourir, ourdissaient tranquillement leur trame , et ils vous cernaient de toutes parts , quand* de toutes parts vous attendiez vainement de puissans auxiliaires. Croyezmoi : ne luttez jamais de finesse avec les jésuites; leurs armes sont fabriquées par la ruse , aux dépens de la crédulité , de la superstition et de la sottise qui ne se lassent jamais de payer. Vous avez plus de brillant , plus d'éloquence , plus de logique , mais ils ont trois qualités qui vous manquent , et qui finissent toujo.urs par triompher : ce sont la souplesse , la patience et la discrétion.
Soumettez -vous donc et soumettons-nous. Les jésuites domineront, et je n'ose dire ici tout ce qui fonde ma conviction à cet égard. Les révérends pères sont bien sûrs de leur fait, et ils ne sont venus qu'à bon escient. On criera pendant quelque temps ; les jésuites garderont le silence , et se nommeront quand nous serons las de crier. La société triomphera sans avoir combattu ; elle obtiendra tout sans avoir rien demandé ; elle aura raison sjins avoir parlé : et entrée sans permission, elle sera installée légitimement sans qu'on sache comment , ni pourquoi. La cour y verra de la religion et la laissera faire ; la noblesse s'arrangera avec cette nouvelle puissance; les Chambres seront sanctifiées comme par enchantement ] les minîs-
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1res trouveront tout simple que la* robe courte obéisse à la longue ; nous verrons des héros, tout couverts de lauriers , baiser la robe d'un jésuite ; les vieux jacobins riront et diront tout bas : «Voilà nos vengeurs! «les libéraux se lasseront d'une opposition stérile ; les poètes , louangeurs de tous les régimes, feront de jolis petits vers sur l'ombre salutaire de l'éteignoir; et cette partie du clergé qui a. chanté Domine ^ saJçumfac rempublicarp, ^ salçum fac consules , sal^utn foc irnperaiorem , chantera plus gaiement encore sakurnfac regem, formule qui sera modifiée par les ultramontains. Je n'ai touché îci qu'une faible partie du livre que j'annonce ; je me suis borné aux faits , et je n'ai pas voulu désespérer mes lecteurs en leur mettant sous les yeux les développemens qui les confirment , les raisonnemens qui en font sentir la gravité. Les personnes qui ne trouvent jamais les émotions assez fortes , peuvent consulter l'ouvrage même , elles seront satisfaites jusqu'à la crispation. Je ne puis pas m'indigner long- temps , et je veux épai'gner à ceux qui me lisent la plus grande partie des angoisses que cette lecture m'a causées. Ce n'est pas que M. de Montlosier n'ait mis dans soti écrit toute la modération humaineipent possible, jmals le sujet, est plus fort que sa modération. J'admire comment un homme de beaucoup d'esprit, très-sensible,- et conséquemmcnt imtable , a pu se contenir assez pour employer les simples armes de la logique , ornées des
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fleurs de la politesse , contre des adversaires avec lesquels on ne peut discuter sans prostituer le talent.
Ce qui me désole le plus , c'est la conviction où je suis que ce livre , si fort de choses et de raisons, si rempii de vérités si épouvàntablement évidentes, ne sera que le tehtm imbeîle sine ictu , qui rebondira vainement sur Tépaisse cuirasse ne nos théocrates. iiélas! malgré les lueurs d* espoir que me laisse ce publiciste , nous serons sous le joug : on asservira les maris par les femmes , les pères pr les enfans , les maîtres par les valets, tout le peuple par des autorités complices. On va me dire que je vois tout en noir, et que ma prédiction est insensée ; mais quand elle sera accomplie , chacun se vantera de Favoir faite comme moi. Oh! messieurs les incrédules, faites en sorte que je me sois trompé , et donnez un démenti , de fait , à ma prévision. Avec plaisir alors j'avouerai ma sottise; et quel baume le bonheur d'échapper au jésuitisme ne versera-t-il pa^ sur les blesstires de mon amour-propre !
Mais quand le fantôme sortira -t -il de ses ténèbres, quand osera-t-il se nommer? il paraît que cela ne tardera pas : « On assure, dit M. de Montlosier, que le plan est fait, et qu'il y a sur ce point deux avis dans le gouvernement. Une partie qui , suivant la direction de M. de La Mennais , veut absolument se précipiter dans le bien, viendra un jour se présenter à la Chambre des députés , déclarer
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l'existence ignorée de quarante collèges et de vkigt mille élèves , et affirmer que le cri de la France entière est pour le rétablissement des jésuites. On assure qu'alors la partie du gouvernement qui, selon la direction de. M. d'Hermopolis , ne veut aller au bien qu'à pas comptés , demandera par amendement la conservation seulçmeM de quelques maisons d*éducation , avec la clause expresse de leur subordination à l'Université , et de leur soumission aux évêques. On espère alors que toute la partie de la Chambre qui est opposée aux j^ suites , saisie dans le piège , et croyant avoir remporté une victoire , acceptera le retour des jésuites avec les modifications. »
La réflexion que cette comédie politique inspire à Fauteur , est beaucoup trop vraie pour que j'ose la transcrite ; c'est à M. de Montlosier seul qu'il appartient de nous montrer où nous conduirait une ruse aussi grossière. Je croîs cependant, contre son opinion, qunne pareille farce pourrait avoir du succès ; je n'y mets qu'une condition : c'est qu'elle sera précédée d'un règlement pu d'une ordonnance qui défende aux députés d'éclater de rire quand on leur dira que la France entière redemande les Jésuites; et de renouveler ce mouvement d'hilarité quand on assurera que ces bons pères se borneront à quelques maisons d'éducatien , et qu'ils seront sincèrement subordonnés et soumis. J'espère au: surplus qu'on imaginera quelque chose de plus spirituel : le Parisien vent
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bien être dupe , pourvu qu*on l'attrape avec on peu de finesse et de grâce ; nous ne sifflons que la gaucherie.
Le seul reproche que je me permettrai de faire à Fauteur, serait un éloge dans toute autre circonstance : c'est celui d'avoir employé quelquefois des raisonncmens trop profonds et des distinctions trop fmes et trop délicates dans une discussion où il était surtout nécessaire de frapper vivement l'esprit de tous les lecteurs , quel que fût le degré de leur intelligence^ L'es jésuites ne feront point cette faute , parce qu'ils veulent remuer les masses , et qu'ils ne dédaignent , comme on l'a vu plus haut, ni les ouvriers , ni les marchands de vins , ni les laquais , ni les femmes de chambre. Les hommes de beaucoup d'esprit , au contraire , n'adressent leurs pensées qu'aux hommes d'esprit , et ils manquent leur effet sur la multitude. La distinction, par exemple , que M. de Montlosier établit entre la vie religieuse et la vie dévote , est bien réelle ; car un scélérat qui prend le masque de la piété ne se contente pas de paraître religieux , il veut passer pour dévot ; mais en appliquant cette distinction à l'influence qu'elle peut avoir sur la société , l'auteur a souvent couru le risque de n'être pas entendu de tout le monde ; et ce serait grand dommage , car les conséquences qu'il en tire sont d'une grande importance , quoique souvent un peu subtiles.
J^ai vu a^ec peine aussi qu'il ait poussé la poli-
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tesse jusqu'à trouver ingénieuses les raisons employées par les jésuites pour justifier leur doctrine. Les ârgumens qu'il leur oppose font trop d'honneur à une apologie aussi grossièrement fausse et à d'aussi misérables sophismes. Je <rrois qu'il faut combattre s^s adversaires avec les armes qu'ils méritent. De quoi «'agit-il en effet ? On dit d'abord qu'il est injuste de tant rechercher les crimes de quelques jésuites , tandis que l'on ne déclame pas avec la même violence contre tant d'autres crimes qui leur sont étrangers. Puis on demande si ce sont les jésuites qui ont assassiné Louis XYI , Marie- Antoinette , madame de Lamballe et4e duc de Berry. On reinonte enfin jusqu'aux temps où il n'était pas question de jésuites , pour rappeler le massacre des Albigeois et d'autres horseurs du moyen âge. On fait d'ailleurs obsei^ver qu'il ne iàut point imputer à une société nombreuse les crimes de quelques individus.
Oh ! certainement , une pareille défense ne méritait pas une dissertation méthodique et spirituelle* Ne suffisait-il pas de répondre , si. toutef^n^ on daignait répondre , qu'on impute aux jacobins les crimes des jacobins , et aux jésuites ceux des jésuites ; que jamais un assassin n'a été justifié par les assassinats auxquels il n'a point pris part, mais qu'il a été justement condamné pour ceux qu'il a commis. Quant à la distinction des individus et de la société , on y a déjà répondu vingt fois. On n'accuse pas la société d'avoir commis un régicide,
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mais d'avoir approuvé et ensdçnë cette doctrine abominable. Cela est prouvé par cent ouvrages écrits par des jésuites , et approuvés par des cen* seurs pris dans leur société. Tous les ouvrages des jésuites j qui otit été brûlés à Paris par la main du bourreau , étaient revêtus de l'approbation de la Société dite de Jésus.
Mais faut-il rappeler une discusâon tant de fois rebattue? Qu'importent d'ailleurs les crimes de cette secte , si le jésuitisme est nécessaire à la prospérité , et surtout à la gloire de la France. On ose nous le dire ; plus tard on osera davantage. Mais quelque moyen que l'on prenne pour nous hm subir cette humiliation , quelque apologie que Ton fasse de cette société , je dirai toujours :
.... Hœc in nostros fahricata est machina murus y Inspectura domos , venturaquedesuper urbiJ