‹ Œuvres de F.-B. HoffmannChapitre 41 sur 44 · THEATRE DES LATINS · texte numérisé non relu

THEATRE DES LATINS

les théâtres étident immenses, ils étaient dëcouverls, et la moindt% pluie interrottipait le spectacle; les places y étaient gratuites y et tout être à forme humaine avait droit d'y asâister, sans excepter la lie du peuple , les esclaves , les sicaires et les filles publiques. Ces théâtres, c'cst-à-dii-e ces salles , pouvaient contenir, les uns 3o , les autres 40^000 spectateurs, et le peuple étant le souverain qu'on voulait y amuser et y flatter, il fallait nécessairement que , dans la composition du drame , les auteurs cônsultasseiit plutôt Je goût populaire que le goût académique. Celte différence dans ta constitution physique des théâtres ancien^ et modernes en nécessite une grande dans le résultat. Pour ^e faire Voir et entendre à de grandes distances par quarante mille spectateurs , les acteurs ont été forcés de s'élever sur des échasses , et de grossir le volume de leur voix par un moyeii mécanique : ces moyeiis auraient été inâuffîsatis pour parler ihlelltgîblemèfit à cette foule indocile et peu silencieuse ; il a donc fallu noter le dialogue et' en faire une espèce de récitatif, afin de ralentir k débit et de soutenir les voix des i-écîtans sur un haut diapason ; on tie parlait donc pas, mais on chantait, même dans hi comédie, et, si Ton en doute, on peut consulter le titre d'un grand nombre de pièces latines; on y lira : <c Flaeus , affranchi de Ctaudius , a éciît la musique de cette comédie potit deux flûte» égales. » Ou bien , tel autre a fait la musique pôîir det(x flûtes inégales , etc. Or, la comédie p'éVldt pas des

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chœufô comme la tragédie ; c'était donc le dialogue qui y était récité sur une espèce de mélopée soutenue par des flûtes. Cette difficulté de se faire entendre a nécessairement influé sur la composition des scènes. De là , sont venus ces longs et fréquens monologues où les acteurs exposent ce qu'ils vont faire , afin que le public , attendant ou espérant un effet , apportât plus d^attentîon à Taction ou à la scène suivante ; de là , ces prologues où l'analyse de la pièce est présentée d'avance, afin que Tîntrigue en soit plus claire ; de iJf , ces apostrophes aux spectateurs qui, interpellés par l'acteur, l'écoute nt avec moins de distràclion. Tantôt on leur parie directement : Qid sedetis; tantôt indirectement : Qui sedent; et, dans tout le cours de la pièce, On voit que Tauteur tend à un seul but , celui de se faire comprendre , et n a qu'une crainte , celle de n'y pas réussir. De tant d'exemples que je pourrais citer de ces allocutions au public, )e choisirai celui qui, en servant de preuve , offre d'ailleurs une singuiaiité très -remarquable. C'est' oe passage où Planté expose une des règles de l'art dramatique daas une scètie où. il n'est nullement question de comédie , et donne cette leçon par la bouche d'uti personnage qui a cependant l'air d'être occupe de tout autre chose.

Datis le Painulas (le Carthaginois), l'esclave Milphion vient d'apprendre sur la scène une nouvelle qui rétablit les affaires de soa maître , et va lui causer la joie la plus >ive. Les spectateurs otft

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