MERCREDI 12 DÉCEMBRE IG
Moxsiiiuu,
Depuis {jue je me suis donné l'honneur de vous écrire une lelhc du ") de ce mois (-), je reçus celle que vous m'avez l'ait la laveur de m'éerire du 2") du passé (^), dont je vous rends Irès-hnmhles grâces. l'allé me fut rendue comme j'élois ii table avec Monsieui' Kreni(de ii (|ni je la montrai cl, y ayant papier et encre sur le bull'el, je le priai de vous écrire ({uelquo petit mot sur ce (|ne vous y disiez sur son sujet; je vous envoie son écrit.
il me fait souvenir fort souvent d'un aumônier, (ju'avoit le léu roi d'Angleterre, qui étoit un des plus élo(juens prédicateurs de son temps et Iri's-suhtil théologien; mais, depuis que la guerre fut commencée, il n'y avoit plus moveu de h; faire prêcher ou parler de sa science : il n'avoit d'autres idées eu son imagination que de machines do guerre
( ') Ces lettres tic Di.ï;by et do Fermât sont perdues. (-) La lettre qui iiréeède.
(■') Lettre perdue.
l'tiuuT. — n. 4^
3()2 ŒUVRES DE FEUMAT. - COIIRESPON I) ANCE.
cl (les stratagèmes pour prendre des villes, en quoi il n'entendoil rien du tout.
Ainsi Monsieur Freniele ne me veut entretenir d'autre ehose (|ue de la théologie mystique et de ses pensées sur le franc-arbitre ou sur la prédestination, quittant le rang qu'il pourroit posséder d'un des plus grands mathématiciens du siècle pour un d(!s moindres théologiens. Car c'est bien tard de commencer la physique et la théologie après l'âge de cinquante ans : je dis la physique, parce qu'il est malaisé d'être un grand théologien si on n'est un solide physicien et si on n'a une véritable connoissance de la nature, dont le sommet sert de base ii la grâce.
Mais je dois bien prendre garde de m'engager en ce que j'entends aussi peu et encore moins que lui ; je reviens à ce que je sais de science certaine, dont je vous ferai démonstration évidente toutes les l'ois (|ue l'occasion s'en présentera, et c'est que je suis etc.