‹ OEuvres de Fermat (volume 2)Chapitre 165 sur 222 · XCII. - 15 MAI · texte numérisé non relu

XCII. - 15 MAI

nostra Patria, non si stimarcbbc vanità in nie s'io mi attribuissi lo scriver corrcttameiilc in Ingicsc. E (juando io Ceci il prinno discgno di questo discorso, godevo di tranquillitii assai |)er spicgar con maggior chiarczza cib chc volova dire, cssendo chc lo f'eci nelio spazio di quelli quasi dui anni cli'io fui continuamentc su'l marc : durante il ([uale è bon vcro cbe quasi ogni giorno ebbi occasione di prepararmi a combattere con la mia flotta (cssendo nel mar Mediterraneo circondata dalle forze Francesi e Spagnuolc ('), con chi avevamo allora guerra, e anche dalle Vinoziane), nientcdimeno mi avvanzava tanto tempo, ch(! se non fosse stato chc per evilar il tcdio (ancorchè il comando del Rc fu il mio primo motivo), mi accingcvo ogni giorno con premura a mctter qualche cosa in carta, di modo chc posso con ragione dire corne quel più dotto e gentil cavagliero di tutta la nazion Castigliana c prcncipc de' loro Poeli, Garcilasso de la Vcga (-) :

Entre las armas (ici sangrienlo Marie lliirtè (ici liempo esla brève siima, Tomando liora la spada, liora la pluma.

Ma poi che Ici si dcgna voler veder de i mcschini parti del mio stérile ingcgno, ho volsuto farle parte ancnra d'un altro trattaticiuolo chc ho composto intorno ail' infallibilità délia Rcligionc Catolica, per dar soddislazionc a un' de' maggiori gcnii ch' io abbia mai conosciulo, e che finalmente l'ha convinto ('). Perdit' lui non si contenlava di considerar Iddio come un Legislatore, che volesse dimostrarc il suo potere con dar prcmii o penc secondo una volontà imperiosa, senza niolivo ragioncvole fondato in natura, c pcrb bisognb pcnctrar nella Hlosofia

(') Les croisières de Digl)y dans la Méditerranée avec deux hàlimouts armés en course remonlaleiit à iC'.S.

(-) Ces vers se trouvent dans l'Kglogue HI. Digby suiiprimc entre le premier et le second le vers suivant :

Ilo aprii-is li.i) i|uicii su furnr ciinlraslc

{Obra\ de Garcilciso de la Fc^a illiiscradrix cou notas-. En Madrid, Ml)('.(> LWXVIII. P- 97-98)-

(') " A Discourse conccrning Infalliliility in lleligion, uriltcn by sirKcnelmc Digby to tlie Lord George Oigby, eldest sonne of tlie Earle of Bristol n. l'uris, i(Oi>, . in-ivt.

(Iclla Hcligionc, c perché ossa sia necessaria a gl' uomini. In una parola, hisognb combaUere in lui tnUc lo maggiori forze de' più dotti Sociniani (la piii terrihil' setta d'Eretici cho sia mai stata), nel che l'arc ho qui impiegato (ntlo'l vigore dcl mio dcbhoie ingogno in una strada non calcata d'altri, e tuttc lo |tiu squisitc cspressioni che so délia lingua nostra, o non ne feci stampare so non 3o copie per dar ad amici confident!. Gli mando ancora un altrn trattato Ingicse, cho ha fatlo gran romoro in Inghiitcrra e che niolti vogliono attrihuire a me, aiicor clie sia soUo il nome de! Signor Bianchi (conosciuto sotto titoio di Thomas Anglus), por esser che i senlimenti deirAulor e li miei siano precisamcnte gl'istessi ('). Dimando pordono do'l mio lanto importunarla, e la riverisco, elc.

\cm.

CLERSELIER A FERMAT ( = ).

MF.ROREni 15 MAI 1G38.

(P., lir, 4:1; Bilil. Xat. fr. .'iaSo, 11. aci|., f- 43-50.) MoNSIKUli,

1. .le ne veux pas m'arrèter i)oaucoup à vous faire des excuses d'avoir tant tardé à faire réponse aux deux vôtres, l'une du 3*' et l'autre du lo*' mars dernier, pource que je me persuade que vous croirez aisément qu'il m'a fallu des obstacles invincibles pour m'empêcher do satisfaire à temps à des témoignages si obligeans do votre sulfisanco et de votre civilité. En efTot, une maladie qui m'a détenu dans le lit presque tout ce temps-là, et qui m'a ôté le moyen de pou-

( ') Tliomas AA'liilc, en dehors de ses ouvrages latins, publiés sous le nom de 'l'honuis .■Ini^liis. a composé un grand nombre de Traites en anglais. Uigby désignait peut-otrc celui i|ui parut à Londres en iGV), sous le titre : The Crouinh of Obédience and Cnvernmenl .

i -\ Réponse à la Lettre XC liis.

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voir occuper mon esprit à des considérations si relevées, est la véritable cause qui m'a empêché de vous témoigner plus tôt ma reconnoissancc.

Mais tout cela seroit peu, si je pouvois aujourd'hui répondre ii tous les doutes de votre sceptique, et satisfaire pleinement aux diflicultés (jue vous proposez dans votre dernière; car, comnic elles ne dépendent point du temps, la réponse n'en seroit de rien moins meilleure et convaincante, pour n'être pas venue à temps. Néanmoins, pourvu (|ne ce soit à vous, IMonsieur, que j'aie affaire, et non point ii votre sceptique, dont l'humeur seroit trop diflicile à contenter, je me promets de pouvoir éclaircir la plupart de ses doutes, et de faire voir, si je ne me trompe, si clairement en quoi il s'est mépris dans ses raisonnemens, que, vous prenant vous-même pour l'arbitre de nos did'érens et pour le juge de nos conclusions, j'espère que vous reconnoîtrez la subtilité des siennes et la vérité des miennes, c'est-ii-dirc de celles de M. Descartes.

2. Premièrement, je ne vois point que le raisonnement que fait M. Descartes, à l'occasion de sa tigure (') de la page 17 de sa Dioptrique, soit aucunement opposé au sens commun, ni que l'extension qu'il en fait de la réflexion à la réfraction soit forcée. Car la même raison qui lui a fait conclure en la page 1 j ({uc la terre CBK ('-) ne pouvoit empêcher que la détermination de haut en bas, et non point celle de gauche à droite, pource qu'elle est entièrement opposée à la première et point du tout à la seconde, la même lui a dû faire conclure, dans la figure de la page 17 ou 18, que la détermination de haut en bas pouvoit bien être changée en quelque façon par la rencontre de la toile ou de l'eau, mais point du tout celle qui fait tendre la balle vers la main droite, à cause que l'eau ou la toile est en quelque façon opposée il l'une et point à l'autre.

Je vous prie de remarquer ici la façon de parler de M. Descartes (car

( ' ) Foir fig. ■)G. paire ifii).

(-) Foir lig. )3, i)agc i-o.

c'est de là que dépend en partie la solution de tous les doutes de votre sceptique) : il ne dit pas simplement que la détermination de haut en bas peut être cliangée par la rencontre de la toile, mais seulement qu'elle peut être changée en quelque façon (' ).

(lar en efl'et elle n'est pas tout-;i-fait changée, puisque la halle continue de descendre, mais elle est changée en quelque façon, en tant (|ue c'est changer en quelque façon la détermination qu'un mobile avoit à avancer vers un certain côté, que de fair(^ que dans le même temps il n'avance pas tant vers ce cùté-lii qu'il faisoit auparavant : ce ^\\^\ change la (juanlifé de sa détermination.

3. De plus, les trois circonstances que remarque votre sceptique, |)()ur l'empêcher d'admettre celle conséquence, ne la peuvent aucuneiiient inJirmer. Car, que la vitesse soit diminuée, que le milieu soit changé, et que la détermination de haul en bas ne soit pas tout-à-fait empêchée, mais que la balle continue de descendre, tout cela ne doit point apporter de changement à la détermination de gauche à droite, à la(|uellc pas une de ces circonstances ne s'oppose et ne met obstacle, puisque celte détermination peut demeurer la même quoique la vitesse soit changée, une même détermination pouvant être jointe à différentes vitesses.

Le milieu ne peut aussi apporter aucun changement à cette détermination, puisqu'il lui est également facile de s'ouvrir et faire passage d'un côté que d'un autre dans le milieu qu'elle parcourt. Et bien ()ue la balle continue de descendre et qu'elle ne remonte pas comme en la rétlexion, cette détermination vers la main droite se peut aussi bien faire et maintenir en descendant qu'en remontant.

.lusques ici votre sceptique auroit, ce me semble, tort de ne vouloir pas accorder que la détermination de gauche à droite demeure; la même en la réfraction, après en être demeuré d'accord sans diiïiculté en la rétlexion. Et il ne doit point appréhender qu'on le chicane sur l'explication de ce terme, (;t qu'on l'oblige; à rien avouer qu'on ne

( ' ) î^dir le Icxlo de Dcscurtes. page 3C9.

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prouve et (|ui ne soit tiré, par une coiiséquoncc légitiiiic, de ce (in'oii a avancé aiiparavant , M. Dcsoarics ayant troj) soli^nciiscnicnt lait rcmanjiUT la tliflV'i'oncc qu'il y a entre la détermination et le nioiivemeiil, on, comme vons dites, la puissance (|ui ment, pour s'en onidier.

4. Mais voici le point qui elFarouche votre sceptique, et (jui lui l'ait perdre ce peu de respect qu'il semhloit encore porter au nom de M. Doscartes. (l'est à ce coup ([u'il dit n'entendre plus raillerie, et (jue,s'il a consenti de hnnne foi (jue la détermination vers la droite ne ehani^'eoit pas, il proteste qu'il n'est point engagé à consentir (|iie la halle, changeant de milieu, fasse toujours un égal progrès et. coinnuil dit un peu auparavant, aille aussi vite vers la droite, après qu'il a été supposé que la halle au |)oint B perd la moitié île sa vitesse, et que iM. Descartes a si solenncdiement assuré que la détermination et la force mouvante sont tout-à-fait difTérentes et distinctes.

Mais ne voyez- vous [)as que ce ({iii empêche votre sceptique de donner les mains à cela est qu'il ne distingue pas assez lui-même la détermination d'avec la force mouvante ou la vitesse, et (|u'il les confontl ensemhie, croyant (|ue la division ou la perte (jue l'une soull're, à savoir la vitesse, se doive ressentir par l'autre, ii savoir |)ar la détermination vers la main droite, (|uoi([ue rien ne se soit op[»osé qui ait pu changer ou diminuer la quantité de la déterminalion (|ne la halle avoit ii avancer vers ce coté-là? Car, s'il avoit hien pris garde ii ce (|ue dit M. Descartes, il n'auroit pas de peine à comprendre que, la vitesse étant diminuée de moitié [au point ]J], la détermination de gauche à droite demeurant toujours la même [en ce point-là I qu'(dlc a été [auparavant[, il est nécessaire, pour accorder cette vitesse à cotte détermination, ([ue la halle suive la ligne HF.

Kt (juoi(jue, dans la route qu'elle prend, en des temps égaux, elle fasse autant de chemin ou (ju'clle avance autant vers la droite qu'elle faisoit au|)aravaut, et qu'ainsi elle conserve toujours la même détermination ((u"(dle avoit à avancer vers [ce côté] là, il ne s'ensuit |)as

l'KnMi T. — [I. 'i9

(ju'ollc aille aussi vite qu'elle faisoit auparavant (ce que votre scepli(|ue semble avoir toujours appréhendé qu'on lui voulût faire aecorder), puisque M. Descartes avoue lui-même qu'il lui faut le double de temps pour faire autant de chemin qu'auparavant. Mais comme, dans la route qu'elle est obligée de prendre, elle incline plus qu'elle ne faisoit vers la droite, elle ne laisse pas d'avancer autant vers ce côté-là, quoiqu'elle aille deux fois moins vite.

Et c'est à mon avis ce qui fait la beauté et la force tout ensemble du raisonnement de M. Descartes, de faire voir quelle doit être dans cède rencontre la route véritabh* que doit prendre la ball(% qui ne peut être autre que celle qu'il a expliquée en ce lieu-là, pour se rapporter à la détermination vers la droite ([u'elle doit garder, et à la perte de la vitesse qu'elle a souH'ertc en \i.

5. Mais ce qui le plus a abusé votre sceptique est un raisonnement très spécieux à la vérité, et très capable de surprendre les autres et de faire qu'on y soit surpris soi-même, si l'on n'y prend garde, niais qui pourtant est faux et contre l'intention de M. Descartes. Ce raisonnement est que, comme M. Descartes sur la figure de la page 17 dit que, la détermination vers le côté droit étant la même, quoique le mouvement de la balle soit diminué de moitié au point H, en deux fois autant de temps elle doit avancer deux fois autant vers la droite ('), donc a pari, dit votre sceptique, posé (|ue la balle soit poussée perpendiculairement depuis H jusques à B et (ju'elle continue son mouvement vers BG, la détermination de la balle sur la route BG n'étant point changée au point B et demeurant la même, puisque le mouvement perpendiculaire se continue dans la même ligne HBG, en deux fois autant de temps elle doit avancer deux fois autant, et aussi vite au dessous de B qu'elle avoit fait auparavant au dessus : ce qui est absurde, puisque l'on suppose que la balle au point B a perdu la moitié de sa vitesse.

Véritablement, si la conséquence qu'il infère étoit bien tirée de ce

(I) roir le texle do Dcscai'les, |i:igc 372.

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