‹ OEuvres de Fermat (volume 2)Chapitre 218 sur 222 · A MONSIEVR I FERMAT | CONSEILLER DV | ROY AV PARLEMENT | DE TOLOSE. I · texte numérisé non relu

A MONSIEVR I FERMAT | CONSEILLER DV | ROY AV PARLEMENT | DE TOLOSE. I

MoNSIEVR,

le vous rends ce qui est vostre : cette traduction que ie vous présente du Traicté de Torricelli du mouvement des eaux est à vous, parce que vous m'avés fait l'bonncur de m'exhorter à y travailler, et que vous m'avez fait cognoistrc, qu'elle ne pouvoit mieux paroistre en public, qu'en suite du Traicté de la mesure des eaux courantes de Castelli, (|u'il recognoist pour son Maistrc, et sur les démonstrations duquel il appuve presque toutes ses propositions. Mais elle vous appartient, MoNsiEvu, à un plus iuste tiltre, puisque cet ouvrage, qui

( ' ) Dédicace do l'ouvrage iiililulc :

Traiclc du | mouvement des | eaux d'Evangcliste | Torricelli Malliema | ticien du Grand Duc I de Toscane. | Tiré du Traicté du mesme Autheur. | du mouvement des corps pesans qui descendent | naturellement, et qui sont jetiez. A Castres, | Par Bernard Rarconda. Imprimeur | du Roy, de la Chambre de l'Edicl, de la dite | Ville et Diocèse. 1664.

Ce Traité est joint à celui de Benedctto Caslclli dans le volume publié jiar Saporla ( voir Tome I, p. 362) ; la dédicace adressée à Format occui)e les pages 59 à Gi du dit volume.

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a esté composé par vu des plus sçavans Mathématiciens d'Italie, sur vnc matière tres-curieuse, et toute nouvelle, ne pouvoit mieux estre exposé aux yeux du public, que soubs la faveur de celuy que tous les plus grands Mathématiciens, ie ne dis pas de la France seulement, mais aussi de toute l'Europe admirent, et révèrent d'vne façon toute particulière. Lors qu'ils ont des difficultez dans ces sciences abstruses, dont les inventions admirables font voir et l'excellence, et la divinité de nostrc ame, ils recourent à vous, IMonsievu, comme à l'Oracle qui dissipe en un moment les ténèbres qui les envelopoieni auparavant. S'ils ont quelque dispute entre eux sur (|uelque point, dont ils ne puissent pas s'accorder, ils vous choisissent pour l'Arbitre de leurs dilferens, et ils se soumettent avec respect à la décision (|ue vous en faites. Tous les sçavans en toute sorte de Literature vous consultent sur les passages difficiles qu'ils rencontrent dans les livres, le pourrois rapporter un grand nombre d'excellentes remarques que vous avez faites sur Synesius, sur Frontin, sur Alhenéc et sur |)lusieurs autres Auteurs et les esclaircissemens que vous avez donnez a des lieux obscurs qui n'avoient pas esté entendus par les Scaligers, les (lasaubons, les Petaus, et les Saumaises. Enfin il semble, Monsuvi!, que vous estez né pour gouverner l'Empire des Lettres, et pour estre le Souverain Législateur de tous les Sçavans. Si i'avois dessein de faire votre Panégyrique, j'estalerois icy toutes les cognois'^ances que vous avez, qui sont capables de rendre les hommes, et plus doctes, et plus gens de bien. le parlerois de vostre iugement dans les affaires du Palais, ou vous avez passé la plus grande partie de vostre vie, et ou vous avez fait paroistre tant d'intégrité, et tant de suflisance en l'administration de la Justice, qu'il y a de quoy s'estonner, qu'ayant acquis toutes les qualitez d'un grand luge, vous ayez peu acquérir vne parfaite intelligence de tant d'autres choses, qui sont si différentes de cette sorte d'estude. le pourrois dire avec vérité que la force, et l'estendué de vostre génie, a surmonté toutes les difficultez qui découragent, ou ([ui arrestent les autres : que vous comprenez comme en vous iouaiit, ce (|ui occupe l'attention des plus subtils, et que vous

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l'.is ( K u V 15 1: S I) I-: F k ii m at. - c o h lu: s i» o n d a n ci:.

pciicli'c's ilaiis ]»cu (le ioiirs, cl avoc pou do i)oiiio, les iiialiorcs les plus (lillicilcs, qui travaillont les cspi'ils les plus vifs, et les plus solidos, (losaMiK'Cs onliorcs. Mais i'ou dis trop, Monsievr, pourvoslrc inodostic, quov que ie n'on die pas assoz pour voslro morito, n'y pour la passion (|U(' i'av, do vous tosmoignor, coiuliion io suis.

\I0.\S1KVU,

Vosiro fros-huml)lo et

(ros-oboissant serviteur,

S.M'Or.TA.

VARIANTES KT NOTKS CIUTIOUIÎS.

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