XX. — 4 AVRIL
culièrcs, no me permirent point de la considérer jusques îi jeudi i\\ir je la présentai de votre part à l'assemblée de nos mathématiciens, (jiii étoit, ce jour-là, chez M. de Montholon, conseiller, où elle fut reçue, considérée, admirée avec étonnement des esprits, et votre nom élevé jusques au ciel, avec charge particulière à moi de vous remercier au nom de la Compagnie et vous prier de m'envoyer tout d'une main la composition du lieu solide (') avec une brève démonstration, alin de faire imprimer les deux ou sous votre nom ou sans nom, comme vous le voudrez; en quoi nous aurons le soin d'étendre plus au long ce qui semblera trop concis pour le public.
Cependant, il y eut débat à qui auroit votre écrit pour en tirer copie, chacun m'enviant le bonheur de la communication que j'ai avec vous; mais M. le président Pascal, h qui le premier je l'avois mis entre les mains et qui l'avoit lu à la Compagnie, donna arrêt en sa faveur, se fondant sur la maxime : qui tenet, tencal, et pour faire droit aux parties intéressées, se chargea lui-même de leur en fournir copie, ordonnant que puis après l'original me scroit remis entre les mains.
Je leur avois dès auparavant communiqué la construction et un nommé M. Le Pailleur avoit trouvé la démonstration particulière pour trois et pour quatre points, si différente de la vôtre que c'est une chose étrange. Il y avoit apparence qu'avec le temps il eût trouvé une démonstration générale; mais il confesse que cette recherche le tuoit et qu'il vous a une particulière obligation de l'avoir délivré d'une peine presque insupportable.
2. Pour moi, je ne me puis promettre aucun loisir que trois mois ne soient passés, pour être délivré de mes leçons publiques et, quan<l j'aurois ce loisir, je ne serois pas assuré de trouver le lieu solide, lequel je prévois très dillicilc. C'est pourquoi, dès maintenant, je vous ferai, si vous voulez, une ample déclaration de mon impuissance, afin (|ue, sans me tenter plus longtemps, et qu'ayant égard aux prières d'une telle Compagnie que celle dont je vous parle, vous nous fassiez
( ' ) Le lieu solide ad très et quatuor liiicaf. f'oir LcUre XXI, 2.
Kl'. (EUVUES DE FERMAT. - GUlUlESPONDANCE.
|iarl (le votre invention, qui est telle que le grand géonii'tre (') des sii'cles passés se glorifioit particulièrement d'y avoir ajouté la [x-rlcelioii, en ayant reçu l'invention de ceux (|ui l'avoient précédé, .luge/ combien vous avez occasion de vous glorifier de l'avoir trouvée en i\\\ temps auquel elle étoit en même état que si elle n'avoit jamais été (•(umue.
3. Il m'est enfin paru quelque Inmii're pour le centre de gravité des pai'aholes, en considérant les centres des parallélogrammes circonscrits ciiiiime s'ils étoient tous posés sur une même hase, différant si'ulciucnl m liauleur. Mais, comme ces lumières me viennent au malin en me levant et qu'il faut du loisir pour les éclaircir, je ne me puis pas promettre tVvn venir à bout si tôt. Si vous me délivrez de cette peine, je vous en aurai l'obligation entière.
.le suis etc.
FERMAT A IIOBERYAL(-).
IXNDI 20 AVIIIL !C37.
(/n, p. i.J3-l.'i'|.) Mo.NSU".i:i!,
1. .le ne pus pas vous écrire [)ar le dernier courrier, à cause îles oi'cupations auxquelles je me trouvai engagé; je prends maintenant la jdume |)our vous témoigner que je suis beaucoup obligé à ces Messieurs a (|ui vous avez l'ail voir ma proposition, auxquels vous assurerez, s'il vous plait, (jue j'estime beaucoup plus leur approbation (|ue mon ouvrage, [.eur savoir est si connu que je ne puis m'empéclier d'être glo-
( ' ) AiiuUonius, préface du IJvre I dos Coniques (pa.sc 8 de l'édilinn llalicy). ( -) Koponse à la LcUre ])rccédcnte.