XXII. - SEPTEMBRE
6. Voilà mon sentiment sur ces nouvelles propositions, dont les conséquences qu'il en tire, lorsqu'il traite de la figure que doivent avoir les lunettes, sont si belles, que je souliaiterois que les fondenieiis sur lesquels elles sont établies fussent mieux prouvés qu'ils ne sont pas ; mais j'appréhende que la vérité leur manque aussi bien que la preuve.
J'avois fait dessein do vous discourir ensuite de mes pensées sur cisujet; mais, outre que je ne puis encore me satisfaire moi-même exactement, j'attendrai toutes les expériences que vous ave/ faites ou que vous ferez ii ma prière, sur les diverses proportions des angles d'inclination et ceuK de réfraction. Vous m'obligerez beaucoup de m'en faire part au plus tôt, et je vous promets, en revanche, de vous dire de nouvelles choses sur cette matière.
Tout ce que je viens de vous dire n'einpèche pas que je n'estime beaucoup l'esprit et l'invention de l'auteur; mais il faut de commune main chercher la vérité, que je crois nous être encore cachée sur ce sujet.
7. Vous m'avez encore envoyé deux Discours ('), l'un contre M. de Beaugrand, et l'autre de M. Desargues. J'avois vu déjà le second, qui est agréable et fait de bon esprit. Pour le premier, il ne peut pas être mauvais, si nous en retranchons les paroles d'aigreur; car la cause de M. de lîeaugrand est tout-à-fait déplorée, .le lui écrivis les mêmes raisons de votre imprimé à lui-même, di-s qu'il m'eut envoyé son Livre.
(') Le Discours do Dosarguos doit t'Lre son premier opuscule sur lu perspeclivc : E ceniplc de l'wic dex innnièrcs universelles du S. G. D. L., touchant la pratù/ur de la perspective sans cninhner a'tcuii tiers poiiit, de dislanc} ny d'autre nature qui soit hors du champ de l'oiivra;^e. A Paris, eu May iGJG, avec Privilège (Bilii. Nat. imprimés Viaa, Inventaire Vi5».7), reproduit, sons un titre inexact, pages 53-84 du premier Volume des OEuvrcs de Desargues (éd. Poudra, Paris, Leiber, 1864 ).
Le Discours contre Beaugrand est l'Ouvrage : Rsclaircisscment d'une partie des Parnlogis'iies on fautes contre les loix du raisonnement et de la démonstration que Monsieur de Beaugrand a commis en sa prétendue Démonstration de la première partie de la quatriesme proposition dç son Liure intitule' Geostatique. Adresse' au mesine Monsieur de Beaugrand. Par Guy de la Brosse, Escuier Conseiller et Médecin ordinaire du Jioy, et Intendant du lardin Royal des Plantes Medecinales de Paris. — A Parii. Chez Jacques Dugast, r:ie .9. Jean de Beauuais. à l'Olivier de Robert Estienne et en sa hnntiqnr dans la court du Palais, place du Change. M. DC. XXXVII (Bibl. Kat. imprimés V 'j^, Inventaire V i538).
.raltends la faveur (jue vous me laites espérer de voir par voire moyen les autres Livres de M. Descartes et le Livre de Galilée De mot a (' ).
Je suis, mon Révérend Père, votre très humble serviteur,
Fermât.
XXIH.