‹ Œuvres de Fermat (volume 3)Chapitre 134 sur 259 · LXVI. - MARDI 18 AOUT · texte numérisé non relu

LXVI. - MARDI 18 AOUT

d'impatience ces ordres seueres de logements effectifs qu'il se faisoit de louts costés des conspirations et des attroupements contre les brigades, et des rebellions si notables qu'elles eussent sans doute tramé de plus grands souslevements si le parlement n'eiist suspendu par sou arrest ces ordres violents qui sont contre les ordonnances et contre l'humanité mesme, s'il faut ainsi parler. Depuis ce temps là on n'a point cessé de donner des arrests pour procurer en toute diligence le payement des tailles, on a mesme taché d'empescher diuers abbus pratiqués par les commis qu'on a descouuert qui faisoient faire des quittances antidatées pour s'approprier par ceste voye les deniers royaus et les diuertir a leur profit; le parlement en a faict informer, a donné' arrest et comission là dessus, bref il n'a rien omis pour ce regard. J'ai esté le premier qui ai eu quelque cognoissance des voyes obliques et qui ai suggéré à quelques uns de la Grande Chambre l'arrest qui est donné sur ce subject.

Je ne laisse pas de vous aduouer que ces remèdes sont lents et que le payement des tailles l'est encore d'advantage, depuis que ceste grande rudesse de l'exaction a cessé, la raison est claire, la pauureté est si generalle et si grande, et les charges si hautes que des que ceste constrainte armée a cessé, rien ne paroist d'assés fort pour faire payer les contribuables, les saisies qui estoient l'extrême dans les voyes réglées commencent de n'effrayer plus et sont plustost des menaces que des coups.

Il faut pourtant haster les Icuees et donner promptement au roi un secours si iuste et si nécessaire. Il me semble que l'expédient le plus plausible et le plus aisé seroit d'auoir une déclaration du roi qui portast permission a toutes les communautés d'emprunter les sommes nécessaires a concurrence des tailles courantes et qui declarast les sommes empruntées audict effect priuilegiees a toutes debtes desd. communautés comme destinées au payement des charges courantes. Il est très probable que tout l'argent de la prouince aboutiroit là, pource que la fréquence des banqueroutes est cause que ceux qui ont de l'argent ayment mieux le garder que le bazarder. Ceste decla-

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ration signée du rogistro ilu parlement seroit une asseurancc entière pour les créanciers et si le roi accordoit quelque remise pour l'auance, toutes les communautés accourroieut en foulle pour emprunter les deniers nécessaires et les payer tout aussi tost aux receueurs. On ponrroit mesme enjoindre au parlement d'enuoyer des comissaires dans toutes les uilies pour faciliter lesd. payements, et si sa maiesté ingeoil qu'il fust important pour le bien de son estai de se seruir de ce mesme moyen pour faire approcher les deniers de l'an iG'Î9, Fexecution n'en seroit pas apparament malaisée.

FERMAT A MERSENNE (?)

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