‹ Œuvres de Fermat (volume 3)Chapitre 189 sur 259 · DIMANCHE 10 MARS · texte numérisé non relu

DIMANCHE 10 MARS

(D., ni, 'il.)

Monsieur,

1- Les conclusions qui se peuvent tirer de la proposition qui sert de fondement à la Dioptrique de M. Descartes sont si belles et doivent naturellement produire de si beaux effets dans tous les ouvrages de l'art qui regardent la réfraction, qu'il seroit ii souhaiter, non seulement pour la gloire de notre défunt ami, mais bien plus pour l'augmentation et embellissement des sciences, que cette proposition fût véritable et qu'elle eût été légitimement démontrée, et d'autant plus qu'elle est de celles dont on peut dire que inuha surit falsa probabiliora verts. Je veux même passer plus outre et la comparer à ce fameux mensonge dont il est parlé dans le Tasse, et que ce poète assure être

plus beau que la vérité :

Quand 0 sarà il vero Si bello, elle si possa a ti preporre? (-)

Je commence par là, Monsieur, afin de vous faire connoitre que je

(') Il s'agit probablement d'écrits malhémaliqiies conservés d'ailleurs; mais nous ne pouvons préciser lesquels.

(2) Jcrusnlcin délivrée. Il, il :

Maçnaiiiiiia nicnzogna. or qourulo è il vero de.

;»)S ŒIVRKS ni: riMUlAT. - couukspondanck.

serois ravi quo lo ilillV'n'iul que j'ai ou aulrolois sur ce sujet avoc, M. Dosearlos se terminât à son avantage. J'y (rouverois mon eom|)(p en toutes t'a(;ons : la gloire d'un ami (jne j'ai inliniment estimé et qui a passé avoc raison pour un des grands hommes de sou temps; rétablissement d'une vérité physique dos plus importantes; et l'exécution aisée des eiVels merveilleux (|ui s'en pourroiont infailliblement déiluiro. Tout cela me vaudroil ineomparablemout mieux (|u'un gain de cause, (|uand mémo je devrois compter pour rien le

Mcfum cerlasse ferelur ('),

dont les amis d(î 31. Descartes peuvent toujours raisonnablement consoler SOS adversaires. Je me mots donc, Monsieur, en la posture d'un homme qui veut être vaincu; je le déclare hautement :

.Innijam efRcaci do manus scienliEC (-).

Mais, parce que les démonstrations sont des raisons forcées et, qu'à moins d'être convaincu par elles, on n'en sauroit être persuadé, voyons. Monsieur, si le consentement des lecteurs peut échapper ;i noti'e auteur, et si nous pourrons nous défaire aisément des objections qui semblent lui poi^voir être op])Osées. Il faut pour cela suivre sa démonstration mot pour mot, et il suffira d'enfermer par des parenthèses ee qui ne sera point à lui et que j'ajouterai du mien.

2. Voici donc comme il parle sur la fin de la page iG de sa Diop- (rique f'raneoise ('') :

'( Et premièrement, supposons qu'une balle, poussée d'A vers B » (Jig. 56), rencontre au point B, non plus la superficie de la terre, » mais une toile (^BE qui soit si foible et si déliée que cotte balle ait la

(') Ovido, Metain., XIH, -xo.

(=) Horace, Epode.t, XVII, i.

(') Discours de la inélhodo poiii- bien conduire sa raison cl ciicrclier la vérité dans les Sciences : plus la DioiJlriquc, les Méléores et la Géométrie, qui sont des essais do cette Méthode. A Leyde, de l'imprimerie de lan Maire, CIO 10 C XXXVII : avec privilège, p. iG ( "?' pagination de l'Ouvrage).

XC bis.

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