FERMAT A DE LA CHAMBRE
(D. III, 5o).
A Toulouse, le mois d'août 16)7.
Monsieur,
1. Je n'avois garde de vous obéir lorsque vous m'ordonniez de recevoir votre Livre (*) sans le lire. Le présent que vous m'en avez fait est une marque trop précieuse de l'amitié dont vous m'honorez; mais sa lecture m'a fait concevoir l'idée de cette amitié comme un bien qui mérite d'être conservé avec soin, avec respect et avec estime. Et pour vous le faire voir, je ne vous parlerai point de vos autres spéculations de Physique, quoiqu'elles soient pleines d'un raisonnement très solide et très subtil; il me suffira de vous entretenir un peu sur la matière de la réflexion et de la réfraction, quand ce ne seroit que pour réparer par cette lettre la perte d'un Discours que je vous avois adressé, il y a déjà quelques années, sur ce même sujet et que j'ai su n'être point venu en vos mains. Ce qui m'y confirme est que j'entre par là dans quelque société d'opinion avec vous, et j'ose même vous assurer par avance que, si vous souffrez que je joigne un peu de ma géométrie h votre physique, nous ferons un travail à frais communs qui nous mettra d'abord en défense contre M. Descartes et tous ses amis.
2. Je reconnois premièrement avec vous la vérité de ce principe, que la nature agit toujours par les voies les plus courtes. Vous en déduisez très bien l'égalité .des angles de réflexion et d'incidence, et l'objection de ceux qui disent que les deux lignes qui conduisent la
(M I^ Lumière à Monseigneur rÉminenlissime Cardinal Mazarin par le sieur Do Lu (ihambrc, conseiller du Roy en ses Conseils et son Médecin ordinaire. A Paris, chez P. Rocolet, Iinp.et Lib. ord. du Roy; au Palais, en la gallerie des Prisonniers, aux Armes du Roy et de la Ville. MDCLVIÏ, avec Privilège du Roy (446 pages in-^**).