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3Io>siEun,
1. Les conclusions qui se peuvent tirer de la proposition qui sert (le fondement ii la Dioptrique de M. Descartes sont si belles et doivent naturellement produire de si beaux effets dans tous les ouvrages de Tart qui regardent la réfraction, qu'il seroit à souhaiter, non seulement pour la gloire de notre défunt ami, mais bien plus pour l'augmentation et embellissement des sciences, que cette proposition fut véritable et qu'elle eut été légitimement démontrée, et d'autant plus qu'elle est de celles dont on peut dire que mulla sunt falsa probabiliora v^eris. Je veux même passer plus outre et la comparer à ce fameux mensonge dont il est parlé dans le Tasse, et que ce poète assure être plus beau que la vérité :
Quando sarà il vero Si bello, che si possa a li proporro? (')
Je commence par là, Monsieur, afin de vous faire connoître qu(^ je
('} Il s'agit probablement d'écrits mathématiques conservés d'ailleurs; mais nous ne pouvons préciser lesquels.
(*) Jérusalem délivrée. H, 22 :
Magnanima menzogna, or qaando è U rero etc.
serois ravi que le différend que j'ai eu autrefois sur ce sujet avec ^I. Descartes se terminât k son avantage. J'y trouverois mon compte en toutes façons : la gloire d'un ami que j'ai infiniment estimé et qui a passé avec raison pour un des grands hommes de son temps; l'établissement d'une vérité physique des plus importantes; et l'exécution aisée des effets merveilleux qui s'en pourroient infailliblement déduire. Tout cela me vaudroit incomparablement mieux qu'un gain de cause, quand même je devrois compter pour rien le
Mccum ccrlasso ferelur (M.
dont les amis de M. Descartes peuvent toujours raisonnablement consoler ses adversaires. Je me mets donc, Monsieur, en la posture d'un homme qui veut être vaincu; je le déclare hautement :
Jainjam cflîcaci do nianus scientia? {*).
Mais, parce que les démonstrations sont des raisons forcées et, qu'à moins d'être convaincu par elles, on n'en sauroit être persuadé, voyons. Monsieur, si le consentement des lecteurs peut échapper à notre auteur, et si nous pourrons nous défaire aisément des objections qui semblent lui pouvoir être opposées. Il faut pour cela suivre sa démonstration mot pour mot, et il suffira d'enfermer par des parenthèses ce qui ne sera point à lui (*t que j'ajouterai du mi(»n.
2. Voici donc comme il parle sur la fin de la page iC) dr sa Diop- Irique fran(,'()ise (•') :
'( El preniièremont, sup[)os()ns <|u'une balle, poussée d'A vers H ;> (^fig* 56), rencontre au point B, non plus la superficie de» la terr(\ » mais une toile CBE qui soit si foible et si déliée (|ue c(»tt(» balle ait la
{ ^ ) Ovide, 3/cta/N., XUI, .>.o.
i -) Horace, Epodcs, Wll, i.
( ^) Discours de la inélhode pour bien conduire sa raison ol chercher la vérité dans les Sciences : plus la Dioplricpie, les Météores et la Géométrie. (|ui sont des essais de cette Méthode. A Leyde, de l'imprimerie de ïan Maire. CrjrjCXXXVlI : avec privilège, p. iG ( A** pagination de l'Ouvrage).
XC bis. - 10 MARS 1658,
» force de la rompre et de passer tout au travers, en perdant seule- » ment une partie de sa vitesse, à savoir, par exemple, la moitié. Or » cela posé, afin de savoir quel chemin elle doit suivre, considérons » de rechef que son mouvement diffère entièrement de sa détermina- M tion à se mouvoir plutôt vers un côté que vers un autre, d'où il suif M que leur quantité doit être examinée séparément; et considérons
Fig. 56.
» aussi que, des deux parties dont on peut imaginer que cette déter-
» mination est composée, il n'y a que celle qui faisoit tendre la balle
» de haut en bas qui puisse être changée en quelque façon par ta ren-
» contre de la toile, et que, pour celle qui la faisoit tendre vers la
» main droite, elle doit toujours demeurer la même qu'elle a été, k
M cause que cette toile ne lui est aucunement opposée en ce sens là. »
3. (Mais ce raisonnement n'est-il pas un peu opposé au sens commun? L'extension qu'il en fait de la réflexion à la réfraction n'est-ellc pas aussi un peu forcée? En la page i3, il suppose que la balle va toujours d'égale vitesse, tant en descendant qu'en remontant, qu'elle continue son mouvement dans un même milieu (*); il en déduit, en la page i5, que la rencontre de la terre (^) peut bien empêcher la détermination qui faisait descendre la balle d'A vers CE, à cause qu'elle
(>) « Mais afin de ne nous embarrasser point en des nouvelles difiBcultés, supposons que la terre est parfaitement platte et dure, et que la balle va tousjours d'esgale vitesse? tant en descendant qu'en remontant... »
(*) a Et en suite il est aysé à entendre que la rencontre de la terre ne peut empescher que l'une de ces deux déterminations et non point l'autre en aucune façon. »
FiMMAT. » II. 47
occupe tout l'espace qui est au dessous de CE, mais qu'elle ne peut point empêcher l'autre qui la faisoit avancer vers la main droite, vu qu'elle ne lui est aucunement opposée en ce sens-là; d'où il infère l'égalité des angles de réflexion et d'incidence.
Fig. 53.