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a esté composé par vn des plus sçavans Mathématiciens (l*ltalie, sur vne matière tres-curieuse, et toute nouvelle, ne pouvoit mieux estre exposé aux yeux du public, que soubs la faveur de celuy que tous les plus grands Mathématiciens, ie ne dis pas de la France seulement, mais aussi de toute l'Europe admirent, et révèrent d'vne façon toute particulière. Lors qu'ils ont des ditlicultez dans ces sciences abstruses, dont les inventions admirables font voir et rexcellence, cl la divinité de nostre ame, ils recourent à vous, Moxsievr, comme à rOracle qui dissipe en un moment les ténèbres qui les envelopoieni auparavant. S'ils ont quelque dispute entre eux sur quelque poini, dont ils ne puissent pas s'accorder, ils vous choisissent pour l'Arbitre de leurs differens, et ils se soumettent avec respect k la décision que vous en faites. Tous les sçavans en toute sorte de Literature vous consultent sur les passages difficiles qu'ils rencontrent dans les livres, le pourrois rapporter un grand nombre d'excellentes remarques que vous avez faites sur Synesius, sur Frontin, sur Athénée et sur plusieurs autres Auteurs et les esclaircissemens que vous avez donnez a des lieux obscurs qui n'avoient pas esté entendus par les Scaligers, les (iasaubons, les Petaus, et les Saumaises. Enfin il semble, Moxsieviu que vous estez né pour gouverner l'Empire des Lettres, et pour estre le Souverain Législateur de tous les Sçavans. Si i'avois dessein de faire votre Panégyrique, j'estalerois icy toutes les cognoissances que vous avez, qui sont capables de rendre les hommes, et plus doct«»s, et plus î^^ens de bien. le parlerois de vostre iugement dans les affaires du Palais, ou vous avez passé la plus grande partie de vostre vie, et ou vous avez fait paroistre tant d'intégrité, et tant de suffisance en l'administration de la Justice, qu'il y a de quoy s'cstonner, qu'ayant acquis toutes les qualitcz d'un grand luge, vous ayez peu acquérir vne parfaite intelligence de tant d'autres choses, qui sont si différentes de cette sorte d'estude. le pourrois dire avec vérité que la force, et l'estenduë de vostre génie, a surmonté toutes les difficultez qui découragent, ou qui arrestent les autres : que vous comprenez comme en vous ioùant, ce qui occupe l'attention des plus subtils, et que vous
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pénétrés dans peu de iours« et avec peu de peine, les matières les plus difficiles, qui travaillent les esprits les plus vifs, et les plus solides, des années entières. Mais i'en dis trop, Monsievr, pour vostre modestie, quoy que ie n'en die pas assez pour vostre mérite, n\ pour la passion que i'ay, de vous tesmoigner, combien ie suis,
Monsievr,
Vostre tres-humble et
tres-obeissant serviteur, Saporta.