‹ OEuvres de Fermat (volume 5)Chapitre 4 sur 265 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

divisé les lettres, d'après les sujets traités, en paragraphes numérotés par des chiffres gras (égyptiens), que leur forme distingue nettement de ceux qui sont empruntés aux sources.

De môme que dans le premier Volume, nous avons cherché avant tout la commodité de la lecture; nous avons donc, sans aucun scrupule, multiplié les alinéas et conformé la ponctuation aux habitudes modernes.

Pour l'orthographe française (^), nous avons en principe adopté celle du xviir siècle, sauf à conserver les formes constamment usitées du temps de Fermai pour les mots techniques, comme méchaniquey quarré; en dehors de la question de commodité, nous étions forcément conduits à cette solution, par suite de l'impossibilité absolue où Ton se trouve de reconstituer la véritable orthographe de Fermât.

On possède de Descartes, par exemple, assez de lettres autographes pour qu'il soit possible aujourd'hui de publier son énorme correspondance avec un texte conforme à l'orthographe rationnelle (*) qu'il adopta vers l'âge de quarante ans et qui est plus ou moins défigurée dans l'édition de Clerselier; mais pour Fermât, il fallait renoncer à toute tentative analogue. Il nous reste en tout de lui huit autographes en français ( la dédicace à Carcavi, publiée dans l'Avertissement du premier Volume, pages xix-xx, les n*»» 6^, 65, 66, 100, 102, 109, 111 de la Correspondance); deux seulement, 66 et 102, dépassent la proportion de simples billets, et leur ensemble nous permet tout au plus de conjecturer que Fermât avait une orthographe personnelle dont on pourrait marquer quelques traits ('), sans pouvoir affirmer qu'elle fût constante (*), même en dehors des lapsus de plume, auxquels il semble avoir été quelque peu sujet.

Nous avons, en tout cas, reproduit, sans les modifier, les autographes à

(^) En 00 qui concerne les loxtes latins, nous avons suivi les mêmes principes que pour le premier Volume {voir rAverlissement, page xxx).

(') Nous pouvons ajouter « très réformalrice », d'autant que nombre de simplifications qu'il avait introduites sont encore à réaliser, quoiqu'elles soient également réclamées par l'étymologio et la prononciation. On peut prendre comme exemple l'orthographe usuelle du mot môme auquel se rapporte cotte note.

(*) Aucun z final; le / final conservé au pluriel; la forme demender,

(*) On trouve honcur et honneur, avance et advante dans des lettres différentes; dans la même, commis, mais comission et comissaire; il ne faut pas faire entrer en ligne de compte dans une autre lettre, esgallté et égal (page 43/). Dans le second mot, l'accent peut avoir échappé à la plume; or, à cette époque, où en principe on accentuait seulement les finales non muettes, é^ dans le corps des mots et surtout pour un texte manuscrit, n'est pas une forme orthographique réellement différente de e;; c'est une simple abréviation dont l'usage est arbitraire.

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notre disposition (*); quant aux pièces qui ne sont connues que par des copies ou par Tédition des Varia, Torlhographe des sources ne présente certainement aucune authenticité. Nous avons déjà dit, dans rAvertissemenl du premier Volume, que ceux q^ii ont copié au xvii* siècle les écrits de Fermât, ne se sont fait aucun scrupule d'y introduire les notations algébriques cartésiennes; on ne peut suppos(?r qu'ils aient respecté Torthojrraphe; Arbogast a également introduit la sienne dans les copiée qu'il a faites, do première ou de seconde main. Le texte des l'aria présente entiii des formes spéciales (*), systématiquement adoptées et qu*on doit attribuer à rimprimeur beaucou[) plutôt qu'à Samuel Fermât.

Dans ces conditions, nous avons jugé que la reproduclion des différences purement orthographiques entre les sources et notre édition serait sans intérêt véritable pour le texte français (') et qu'elle aurait au contraire le grave inconvénient de rendre excessivement pénible l'étude des variantes qui concernent soil le sens soit la forme littéraire. Nous nous sommes donclimités à ces dernières, que nous avons relevées aussi scrupuleusement que possible.

De nous deux, M. Paul Tannery s'est plus spécialement chargé de soigner

(*) Dans le n* 109, déjà publié avec rorlhopraphe de Fermai dans la Correspondance 'de Huxi^ens, et dont nous n'avons pu collationner nous-mômes l'original, nous avons introduit les formes «nodernos ; d'autre part, dans les lettres d'un intérôt scientifique, pour ne pas compliquer inutilement la lecture, nous avons distinguo 1'/ et le y, 1'// et le c. Il suffit do rappeler que. dans l'orthographe ancienne, les différences de figure pour ces lettres ne correspondent à aucune distinction entre la voyelle et la consonne, l-a forme y sert couramment pour les majuscules manuscrites, arbitrairement pour les minuscules finales; Fermât ne parait pas avoir eu l'habitude de l'employer dans ce dernier cas. La forme v est régulièrement usitée, dans les textes manuscrits et imprimés, pour les majuscules et les initiales minuscules, la forme a pour les médianes et finales minuscules; dans l'écriture de Fermât, ces deux formes se distinguent très difficilement.

(') Dans cette édition, la réforme de l'orthographe est déjà très avancée; 1'/ et le y. Vu et le V sont distingués; Vs muette est remplacée par un accent, sauf dans le verbe être et dans quelques autres mots particuliers; on doit noter oint pour oient, dans les finales des verbes.

(^) Nous avions entrepris une élude spéciale des formes orthographiques des Farin, dans l'espérance que les différences qui existent d'une lettre à l'autre pourraient permettre do distinguer diverses provenances entre les copies utilisées par Samuel Fermât: par exemple, si les lettres de Fermât à Mersenne formaient deux groupes d'orthographe distincte, on devrait en conclure qu'elles proviennent de deux collections différentes. Nos recherches n'ont pas abouti; les formes que l'on peut considérer comme propres aux sources des J'aria sont relativement rares; l'édition est trop incorrecte et les différences orthographiques trop fréquentes dans une même lettre pour que l'on puisse déduire des conclusions certaines.

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