‹ OEuvres de FermatChapitre 170 sur 228 · LETTRE XII · texte numérisé non relu

LETTRE XII

Feuiiat a Kenei.m Digby.

De Castres, le ô août i(ri7.

( Fo/r la Correspondunce de Fermai, n" 84, t. II, p. 3\2.)

< P. S. {') >. En relisant ma loUre, j'ai trouve que je devois ajouter un mot sur le sujet de la descente naturelle des graves.

J'ai toujours cru l'opinion de Galilée très probable et très ingénieuse; elle < n'a > point pourtant < de > démonstration, et la nature, qui est mille fois plus subtile que les esprits des hommes, pourroit parvenir k sa fin < par > une infinité de proportions diiïérentes de celle de Galilée et que l'expérience ne pourroit jamais convaincre de fausseté. C'est ce qu(^ je me charge de démontrer quand vous voudrez; mais, parce que la voie de Galilée est la plus simple, il est vraisemblable, non démonstrativemcnt, mais probablement, que la nature suit cette sorte de mouvement.

Cotte matière a produit des disputes sans tin entre défunt M. Gassendi et un jésuite nommé le Père Cazré, sur ce que ce dernier soutenoit que les vitesses ou vélocités d'un (-) corps qui descend gardent la proportion des espaces parcourus, contre le sentiment de Galilée, qui soutient que cette proposition est si absurde que, si elle étoit vraie, il s'ensuivroit que le mouvement se feroit en un instant.

Galilée ne se contente pas d'en demeurer là, mais il prétend démontrer que, si cette proposition étoit vraie, le mouvement se feroit en un instant. Le Père Cazré assure que Galilée ne l'a point démontré, et .M. (iassendi au contraire que << la > démonstration de Galilée est très parfaite, et, sur cette contestation, ces deux grands personnages ont fait de gros volumes, qui lassent la patience des lecteurs.

J'ai tranché tout ce différend en trois ou quatre pages; et premièrement je fais voir que l'opinion du jésuite est fausse, mais que pourtant Galilée n'a point démontré qu'elle produisit comme une conséquence nécessaire ce mouvement instantané, de sorte qu'en cet article le Pi're Cazré n'a point de tort. Mais enfin, pour les mettre d'accord

('; Ce pnft-scripliiin qui ne ligiiro pas dans la promicre édition dn Commercimn a été inséré dans la seconde, avec cette noie :

I Scqucnlcm appendicem, ciim siinilibns aliquot. ut qiiin rem liic agitatani non spncla- I ant, in edilione jjiiina omibiinus, scd liic ntcunquc rcponinius, ne videur (iuic([iiam suIjlicerc vellc].

(-1 D'nnJ des \V.

ot rendre en même temps office à ces deux grands hommes (Galilée et Gassendi) et donner du secours à la vérité, je démontre, par la voie légitime et selon la manière d'Archimède, que si la proposition du jésuite étoit vraie, le mouvement se feroit en un instant, et qu'ainsi Galilée a eu raison dédire que cette proposition produiroit par conséquence le mouvement instantané, quoiqu'en elTct il n'ait pas démontré la vérité de cette conséquence; ce que j'ai fait dans mon écrit, que j'envoyai à feu M. Gassendi pendant sa vie et dont M. Carcavi (que vous trouverez logé à l'hôtel de Liancourt, rue de Seine, au faubourg Saint-Germain) garda la copie ('). Si vous avez la curiosité de la voir, je no doute pas qu'il vous la communique, dès que vous lui ferez voir ma lettre. Mon écrit finissoit par ces mots : IIujiis itaque unicœ dernonslralionis beneficio toi et tanta prœclarorurn virorum volumina aut rrfellenlur atil inutilia et superjlua ejficienlur.

LETTRH XIII.

Vicomte Bhol'nckf.ii a .Ioiin Wali.is.

La présente lettre, Clarissime professeur, n'a pour objet que de

vous informer que le papier de Fermât ci-inclus m'a été apporté par

Al. White, hier après-midi, pour que je vous le fasse parvenir; il

l'avait oublié en envoyant les autres. 11 demande au reste qu'on lui

rende et ce papier et les autres. 11 me reste à vous prier de continuer

votre amitié à

Votre très tldèle et très respectueux,

Br.oiiNC,Ki:u.

G/iG oclolire iCi;.

• (' ) Il s'agit du w" 02 do la Correspondance de Fermit. Si l'on rapproche do ce passage la lettre do Gassendi à Moiisienr do ***, cpd a été roprodnilc tome 11, page ■j.Ci;, noie 1, il devient clair que c'est à Carcavi que fut adressée celte lettre, et que si ce dernier communiqua l'original de Fermât à Gassendi, il se le fit remettre. La copie que Gassendi s'en fil faire et sur laquelle la lettre a été publiée en premier lieu existe d'ailleurs dans le manuscrit do la Bibliothèque Nationale, latin nouv. acq. 1G37, f" 7O1. Elle porte, sous forme de note, l'adresse « De la Poterie, chez Monsieur de Monlmor >•, qui est celle d'un commensal et quasi-secrétaire de G.issondi.

11 semble que Fermât n'avait pas conservé de minute et qu'il cite de mémoire (assez inexactement (piant à la forme, ce (pii se comiirend dès lors) la dernière phrase de son écrit.

UF.MAnQlîES sur, I. AUITIIMKTIOUE DES INEIMS nU S. .1. WALLIS.

( Voir la Correspondance de Fermât, n " 85, Tome II, page ■i^']-)

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