LETTRE XXII
(jointe à la prucdJonte) DE FllEMCLE A KeNEI.M DiGDV.
Il me parait véritablement étonnant, très illustre Seigneur, que des mathématiciens, d'ailleurs éprouvés, aient pu se méprendre dans leur réponse aux deux problèmes numériques du clarissime M. Fermât, sur les cubes et carres à ajouter à toutes leurs parties aliquotes; qu'ils n'aient pas hésité à présenter pour la seconde et la troisième fois l'unité comme une solution, ainsi qu'on peut le voir dans la lettre du clarissime Wallis, datée d'Oxford le ii novembre, que vous avez bien voulu me donner h lire. Car quel arithméticien, même du vulgaire, même des apprentis les plus novices, ne rougirait pas de donner cette solution, quand bien même l'unité résoudrait parfaitement la question? C'est qu'elle contient en soi tous les degrés et toutes les figures des nombres, en sorle que, sans être nombre elle-même, elle les reprc-
sente tous en quelque sorte; mais aux problèmes dont il s'agit, l'unité elle-même ne peut satisfaire. En voici les énoncés :