‹ OEuvres de FermatChapitre 220 sur 228 · LETTRE XLI · texte numérisé non relu

LETTRE XLI

Kenelm Digby a m. Th. Wiiite.

Très honoré Monsieur, je vous remercie humblement de votre lettre du i" avril, et je vous assure que j'ai été très charmé de ce que vous m'avez envoyé de la part de mylord Brouncker et du docteur Wallis. Ils se sont maintenant montrés elTcctivement tous deux de très grands personnages. J'ai rencontré quelques-uns des plus capables mathématiciens, depuis que j'ai re<,'u leurs lettres; je les leur ai montrées et ils ont maintenant pour eux la plus grande vénération. En fait, c'est M. Freniclc qui a été l'occasion de ces visites, car il parlait si hautement de ces lettres qu'il a donné le désir de les voir; car, quoiqu'il ne veuille rien abandonner de ce qu'il a écrit pour les discuter, maintenant il divulgue à tout le monde l'estime qu'il en fait, ce que je tiens pour la marque d'un noble esprit. Je laisse ouvert mon paquet pour le docteur Wallis; vous pourrez le lire et le donner ainsi ii mylord Brouncker, que je prie, une fois qu'il en aura vu le contenu, de le sceller et de l'expédier au Docteur.

COMMEUCIUM DE WALLIS. 591

J'ai écrit par la dernière poste à sa Seigneurie; aussi ne veux-je pas le déranger encore par une lettre spéciale pour lui; mais je vous prie de lui présenter mes humbles respects. En vérité, ces dernières lettres de sa Seigneurie et du Docteur ont amené un grand changement dans les opinions sur leur compte. On les regarde maintenant comme les plus grands mathématiciens du temps, et laissez-moi vous le dire en particulier, je demandais à M. Freniclc, combien il était estimé dans la balance contre l'un ou l'autre; il répondit aussitôt qu'il ne posait pas devant eux, qu'il n'était qu'un mauvais écolier en présence des plus grands maîtres du temps. Je ne veux pas vous retenir plus longtemps, mais je reste

Votre très humble et très afTectionné serviteur,

KE^ELM DiGBY.

Paris, 8 mai ilJiS.

Page 1