‹ OEuvres de FermatChapitre 7 sur 228 · XII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XII AVERTISSEMENT

En ce qui concerne le Commcrcimn de VVallis, il ne s'agissait que de faire mieux connaître en France une série de lettres très impoilanles au point de vue liistori(|iic, mais qui est suffisamment répandue soit dans l'édition prin- (•,ei)S, soit dans celle des Œm'res de Wallia, pour qu'une réimpression fût sans intérêt ; d'un autre côté, ces lettres sont assez faciles à lire, les notations m'y jouent qu'un rôle tout à fait secondaire, et d'ailleurs se rapprochent déjà beaucoup des nôtres. Il me suffira de remarquer (|ue (pii voudra réellement connaître toutes celles qu'employait Wallis devra recourir aux sources; c'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, qu'au symbolisme : a to 6 pour désigner la dilférence, prise en valeur absolue, des deux nombres a et b, j'ai substitué le suivant : \a — b\.

.l'ai à remercier les mathémaliciens qui ont bien voulu m'indiquer quelques fautes d'impression dans les deux premiers Tomes; elles sont signalées dans l'Errata à la fin de ce Volume. J'ai l'espoir que le même concours bénévole ne me fera pas défaut pour le Tome III, (jui sera suivi d'un Supplément d'une vingtaine de feuilles d'impression, renfermant, avec divers extraits concernant Fermât et tirés des écrits de Mersenncl et des Lettres de Descartes et de Huy- ^ens, les index annoncés dans l'Avertissement du Tome I, index qu'il sera plus commode de manier dans un fascicule séparé.

(^omme pièces nouvelles et inédites, je ne puis, jusqu'à présent, en annoncer que deux pour ce Supplément : i» la lettre à Mersenne de Cavalieri, contenant les f|ueslions auxquelles Fermai a répondu par la Pièce insérée Tome I, pages 195 à 198; celte lettre de Cavalieri est datée du 23 no- \embre i64i; ■^.° une lettre sans date, mais postérieure à i65i, adressée à Fermai par un M. de Magnas et décrivant une aurore boréale, .le voudrais espérer qu'avant la fin de l'année 1896 quelque découverte plus importante permettra de combler une des nombreuses lacunes qui sulisistcnt malheureusemenl dans la correspondance du géomèlre de Toulouse.

Avant de terminer, j'ai à signaler deux rectifications concernant les deux premiers Volumes, el qui sont assez importantes pour être mentionnées en dehors de l'Errata.

Tout d'abord dans le second Volume, nous avons omis, pour la lettre de Fermai à J)igby, du i5 août 1657 (n"> 8ï de la Correspondance), un long postscriptum que Wallis n'a inséré que dans la réédition de son Commercium. On le Irouvei'a ci-après pages 421-422.

En second lieu, dans l'Avertissement, en tète du premier Volume (p. xix-

WKHTISSEMENT. mm

\x), iioiir rei)ro(liiiro le billet auloj;r;q)lie de Feriuiil conservé diiiis le \ dliiiiu' -^ de la |{il)liollièi|ue de la \ille de Toulouse, je m'élais seivl dd leMe déjà )nili!ié par LIliri, en prenanl soin de le faire eollalioiniei' sur l'original; celle précaution, on le verra, élail insiiflisanle. D'aulre pari, sur la loi d(^ JI. ("Iiarles Henry (|ui ariirmail {') l'identité des écritures d'après un lacsimile que lui avait adressé le bihliolhécairc de Toulouse et non, il est vrai, d'après l'original, j'ai indiqué Carcavi comme ayant écrit la note au bas du billet, comme étant par conséqucnl le destinataire. J'ai même, dans celle liypollièse, essayé d'expliriner l'éloge liyperbolicine dont l"ei-mat a gialilié ce destinataire, en lui olVranl les Massimi Sislcini de (ialilée.

Des doutes m'élant survenus à ce sujet on raison de la ualui'e des ndalions entre Galilée et Carcavi (-), j'ai demandé el oblenn la communication du N'olume de Toulouse, el j'ai tout d'abord reconnu (pie le texle de Fermât u'avail pas été exactement reproduit. Kn debors des dilTérences oi-tbograpbiques, il y en a une autre assez importante (parce (|u'elle prouve une singulière intimité entre Fermai et celui auquel il s'adresse); la vérilabh- lectiir(; est indiquée en italique dans le texte nouveau que je dorme ci-après :

« l'eusl esire croirés nous (jne pour me mettre eu réputation et per i)urgar, » comme on dit, la niala lama, ie preteiis m'eriger eu donneur de liures.N Oiis )i eu croirés ce fpi'il nous plairra, mais si c'estoil i)ar liasard uoslre pensée, » asxeiircx nous, mon clier. que nous n'aués pas loncbé an iiul. le ne songe » en nous olfranl les ilialogues Italiens du système de (ialilée cpi'a l'aire uiu' 11 aclioii de iuslice, et a nous rendre maistre île l'ounrage d'un autbenr qui )i ne passeroil, s'il uinoil, (|ue pour uostre disciple. lîcceués, donc, ce pre- 11 seul, comme nous estant deu, et ne me considérés |ioiul en ce rencontre 11 comme un adroit negotialeur mais comme un bon iuge, qui rejette comnx- 11 une tentation lidée de uostre grande el fameuse bibiiotlieipie et ne se Il souuieiil que de la passion qu'il a tl'estre tout à nous. »

Suit, il'iuie écriture inconnue, la note :

« Ce billet est de Monsieur de fermai coer an parlemani ipii ma fait presani 1) de ce liiire. »

( ' ) Hiclierclics sur les iiinimscrils di: Pierre, ih- Fernitil, |ia!^c i<i.

(-) A\aiil mûinc de ((iiillcr Toulouse, Carca\i avait fonuè le iiiujcl de ddiiiiir une èilition des CSiavrcs de Galilée, et il a etUreleiui, dans ce l)iil. avec ce deiiiier, une (Uirres- |ioii(l,mce qu'il a piiursuivie étanl à Paris. Il esl des lors presque certain qu'il a possédé de bonne lioure le Dialogue des Altissiiin SLilcmi et (pie Fermai ne l'ignurail pas; d'autre, part, l'éloge livperlioliipie, adressé i'i un éditeur ou traducleur. aurait été une maladressi'.

Kkiim.m. — lit. ^'

Mv \vi:ktissi:ment.

Lo Voliiiiio (|iii coiilienl co liillel ne présenle aucun indice f|ui puisse faire recoiinaîlre par (|ni il a élé possédé après lOla, dale de la morl de (ialiléc; il porle au ronlraire la niaf(|iie de la hiltliollièqiio du célèbre érudil l'eiresc, iniirl en iGij. Celle circonstance, el loul, aussi bien la rareté de cette édition de l'Onvraj^e condamné par l'aulorilé ecclésiastique, peuvent expliquer l'expicssion « adroit néi;ocialeur » dans le texte du billet de Fermât.

(Jiiiinl à l'éciiliire de la nol(ï au bas du billet, elle oiVre avec celle de Caicavi des diUérenees assez marquées, ainsi que j'ai pu le eonslater en coui- |)araiit une htUre aulograpbe éerile i)ar lui à Mcrseune le 17 mars iG^S et aciuellement conservée à la Hiblotlièque nationale (français nouv. acq. 620'i-, p. ^.96). Mais, pour idenlilicr avec certitude celte écriture inconnue avec celle dnii ami inlime de Tennat, possédant une bibliollièqiie d'une cerlaine im|)orlancc. J'ai l'ail de nombreuses tentatives qui sont restées infructueuses; je ne puis don(; souuKnire au lecieur que des probabilités.

.le dois en loul cas lémoignei' ma profonde rccoruiaissance à deux amis (pii m'oni secondé avec ardeur dans celte rcclierclu^ el m'ont procuré des pboloi;raiibies de spécimens d'écritures difficiles à trouver, M. IJaillaud, direclemde l'Observaloire de Toulouse, et M. Hocbart, de Bordeaux.

La circonstance que d'une pari, après la mention « couseilIcM' au pailcmeiil », le siège de la cour ne se trouve pas indi(|ué; que d'un autre côté le Volume oll'ert pai' Fermai se relrouve actuellement dans la bililiolbèqiie di; Toulouse, fonl [ti'ésumer n priori fpjt' l'ami du grand géomètre babitait celte ville. Mais dans ce cas, il faut admeltre <iue l'éloge byperbolique est en fail une plaisiuilerie adi-essée à un inlime pour un molif dont nous n'avons )ias le secret, et d'aulre part, ;i moins de sup[»oser (jue l'écrilure ne soit celle d'un secrétaire (ce (pii r(!n(lrait le problème à peu près insoluble), on ne peut la rapproclier que de celle d'un seul personnage, (îaspard de Fieubel, (|ui fut nommé en i653 jiremier président du i)arlement de Toulouse, où il èlait auparavant procureur général.

L'écrilure de i'ieubel est bien, au premier aspect, du même genre (pie celle des deux lignes au bas du billet de Fermai; toutefois, dans le détail, pour la forme de certaines lollres, il y a des différences sensibles; Fieubet a possédé, de fait, mie bibliolliè(pie importante; mais il est plus que douteux qu'il ail jamais élé assez inlime avec Fermai pour que celui-ci, s'adressant à ini procureur général, ait pu lui écrire « mon cber ». Et même un rapport secret de l'iulcndaut de Toulouse, adressé à Colbert en 16G0 {Correspondance ndniini.sirativL' sous le rè^ne de Louis A'IV, Tome II, page 853) signale l'crmat comme n'élaul pas des amis du |)remicr président.

WKlîTlSSKMliNT. XV

Si l'dii criirlc les iilDlils qui loiil ciniic que k' ddiialaiii' dcNiiil rliT 'rduioiisain, il osl un ami ccrtaiucuicul Irrs iiilinic do Fermai aMi|uel on pciil |iciiser. C.'e.sl l'iliciiiie d'I'lsiiagiu'l, foiiM'ilIci- au pai leineiil de lîordeaux. cl lils du préàidciil Jean (l'I'lsiui^Miel, avec lequel ou l'a (larl'ois conloudu, el qui avait coiniueiicé à roriiier mie l)il)li()lliè(|iie cousidéralile. Krudil eu loule science, Eliemie d'Kspa,;,'uet ne s'esl pas seulenieul occupé, eiilri" nulles choses, coinuie son père, de piiilos(qdiie liri MK'liqiie, il léiissil assez hieii dans la laliricalioii des verres de luiielles aslrou(Uiiii|ues, p(pur cpie, dans une lellie inédile à lioidlian du î décemlire 16(17 (lîilil. iial. l'r. l'MVi, f" f'i'i verso) 'l'ito-Livio lîiiralliiii iiieiilioniie Aii/.oul et lui coiuiiie élaiit ceux ipii oui parliculiéreiiieiil réussi en France à olileuir des verres « esipiisilissiiiii ». iVe serait-ce pas là préciséineul la (•lelde l'éloi;'!' liypeilioli(|ue?

Les spéciinoiis de sou écriture doiil AI. Ilocharl a pu me procurer nue pliolo^rapliie romonteiit à i63.j, c'esl-à-dire à une époi|ue sensihiemeiit aulerieiii-e à celle ilii cadeau de Fermai. Il iiy a pas de dillérenccs seusiiiles dans le détail, mais récriluie esl noiahleiiieni moins i^rosse, ce (|ui peul s'e\|)li(|uer par la dillerence de l'àye.

F.n résumé, je considère la queslioii comme n'élanl pas résolue, maisj'eslime (|ue la [irobahililé penche pour l'idenlilicalioii avec Etienne d'Espairiiet, cl je serais lente de rap|)roclier la date du liillet des d('riiières années de Fermai (').

I ' ) l'.-S. — .le dois à l'obligeance do .M. l'\u:nii le rci\scij;iieiiiçiil siiivaiit : D'après iiiie Icllri' lie Ileiiisiiis îi Léoimld do Médicis, en dalc du 4 mars iliOi ( publiée par Tar;;i()ni Tii/.zelLi dans ses Nulizii: tlcif/i n^s^raïKlimciill dellu sciviizc flsiclic (icciiduti in 'I'iisihiiki, l'iurcnco, 17X", |)ap^ 'oi), tiiilius, inlin-i'Ogé sur les niaiinscriLs inédits de Viètc, dont la (•(imninniealioii avait été promise aux Elzcvirs par Espagnol, aiirail ropondii que ce dernier, loinbé en disgrâce, avait élo exilé do Bordeaux, et qu'il 11e savait plus où lo uouver. — (Ici exil dut Olr(; la conséquence du rôle assez important joué par Espagnol pendaiil la Fronde. S(! scrail-il, peiidanl plus ou moins loiigleiiips, relire à Toulouse? En iliOt, ee|>eMdaiil, il était rentré à liordeaux, et, ou iGliG, son fils aine, .leun, le remplaçait dans s;i charge (indicalious ipic je dois à un jeune ériidit bordelais, M. Dasl de IJoisviile, et (pi'il a tirées des .Archives déparlenicuUdus de la (iiromle).

Paris, le ■>:> lévrier iSijt;

l'.AL'l, TaNNKIIV.

TRADUCTION

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