‹ Œuvres de FlorianChapitre 200 sur 285 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

malheur qui ne menace que moi ; et M. Giraut -né peut pas me faire' beaucoup souffrir,- puisqu'il ne peut te faire du mal.

FIRMIS.

Ma mère, ma bonne mère , comme vous nie traitez ! comme vous connaissez mal mon cœur ! Moi libre , tandis que vous seriez dans la captivité ! Moi heureux , quand vous seriez malheureuse! Et vous pouvez le penser! et vous pouvez me le dire! Tenez', ma mère, si je vous le pardonne, c'est la plus grande marqué de tendresse que mon cœur puisse vous donner. Ne parlons plus , je vous en prie , ni d'Agathe ni de mariage ; occupons-nous de vous , de vous seule ; occupons-nous de vous sauver, ou , si nous né* le pouvons pas , parlons du moins de souffrir ensemble.

MARCELLE

Hélas ! mon ami , malgré mes chagrins ,: tu me fais verser 4es larmes de joie : ta tendresse pour ta mère, l'amour si pur et si vrai que tu as pour elle , l'empêcheront toujours d'être malheureuse. Mais comment veux-tu faire?

Giraut demande son argent, nous n'en avons point, et je ne puis en trouver.

fiumin.

Avez- vous été chez madame la comtesse?

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MARCELLE

À quoi bon y aller? Madame la comtesse elle-même est dans le besoin ; elle a un bon cœur, je le sais ; mais elle est trop pauvre pour pouvoir nous être utile.

fi rm in, à part.

Giraut va venir, il faut éloigner ma mère. ( Haut. ) Allez-^y , je vous le conseille , allez-y. Je sais bien qu'elle ne peut vous prêter les mille écus : mais c'est aujourd'hui le renouvellement de ses baux; Giraut restera sûrement son fermier, et elle peut lui dire un mot en notre faveur ; elle peut l'engager à nous donner du temps. Allez trouver madame la comtesse, parlez-lui d'Agathe; c'est sa filleule; elle l'aime , elle m'aime aussi : contez - lui toutes nos peines; tâchez de l'intéresser pour nous. Que sait-on ? elle vous donnera peutêtre quelque conseil : à coup sûr , elle vous plaindra, et cela soulage toujours. Allez au château , ma mère; moi, pendant ce temps, je chercherai de mon côté les moyens d'engager M Giraut à nous accorder un an ou deux.

MARCELLE

Tu le veux, mon fils, j'y consens; mais c'est bien pour le plaisir de faire ce que tu veux , car je n'espère rien de madame la comtesse. Adieu, mon ami ; ne tëloigne pas , je

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