‹ Œuvres de Florian: Les fables, illustrées d'un port. de FlorianChapitre 9 sur 54 · XVI FLORIAN ET SON OEUVRÉ · texte numérisé non relu

XVI FLORIAN ET SON OEUVRÉ

habitue. Était-ce blasement ou vertige? Ce qu'on peut dire, c'est que l'homme qui semblait tourner cette roue, Fouquier-Tinville, commençait à s'éblouir. On assure qu'il eut l'idée d'introniser la guillotine au tribunal même. Les comités lui demandèrent s'il était devenu fou.

« La terreur n'augmentait pas : soixante têtes, quarante ou trente, pour l'effet, c'était même chose. Mais l'horreur venait. »

Elle ne cessa qu'après la chute de la tyrannie.

La chute de Robespierre, le 9 thermidor, rendit Florian à la liberté, mais le chagrin et l'effroi l'avaient frappé à mort et il ne quitta la prison que pour aller s'éteindre dans les bras de ses amis.

Il fut inhumé à Sceaux. Il n'avait que trente-neuf ans.

Ainsi ne purent être exaucés les vœux que jadis il formulait si poétiquement en ces termes :

« Que ne puis-je être certain de reposer sous le grand alisier de mon village, où les bergères se rassemblent pour danser? Je voudrais que leurs mains pieuses vinssent arracher le gazon qui couvrirait mon tombeau; que les enfants, après leurs jeux, y jetassent leurs bouquets effeuillés; je voudrais enfin que les bergers de la contrée y fussent quelquefois attendris, en y lisant cette inscription :

Dans cette demeure tranquille Repose notre bon ami; Il vécut toujours a la ville Et son cœur fut toujours ici.

Le magnifique palais de Sceaux bâti par Colbert, où Racine fît entendre ses premiers vers à Louis XIV, où passèrent Voltaire et Fontcnelle, les statues, les arbres des jardins splendides tombèrent sous la pioche des démolisseurs.

La Révolution fit passer la charrue sur ses ruines.

En 1839, la petite ville ouvrit une souscription publique pour élever un monument, un cyppe surmonté du buste en bronze au fabuliste.

Depuis ce temps, le nom de Florian chanté encore il y a cinquante ans aux jeux floraux de la ville d'Anduze, s'est oublié peu à peu. Les jeunes gens ne le lisent plus guère que dans les anthologies, mais il en sera de son oeuvre comme de toutes celles qui, quoique parfaites, subissent le caprice des modes littéraires. Elle renaîtra.

La remarquable édition pour laquelle nous publions cette notice contribuera, nous en sommes certain, à raviver la mémoire du poète exquis tant aimé de nos pères. Peu de livres eurent jadis des éditions plus nombreuses et plus belles.

La nôtre d'une grande v.iriété et d'une grande richesse d'illustration, apprendra de nouveau à la jeunesse française les fables immortelle! de Florian.

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KVr II

« Venez sons mon manteau, nous marcherons ensemble. »

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