HECTOR, PARIS
HECTOR
Quoi! vous vous obstinez à vivre en ces retraites :' Oubliez-vous déjà, mon frère , qui vous êtes, Quel sang vous a donné le jour ?
PARIS
Seigneur, j'ai peine encore à vous nommer mon frère.
Hélas ! vous ne connaissez guère
Les biens de ce charmant séjour. Une éternelle paix tient ici son empire : On se fait à la cour mille divers malheurs, Dont jamais en ces lieux un berger ne soupire;
A peine savons-nous les noms de vos douleurs ;
Les dieux dans leurs trésors n'ont rien qui pût suffire
Pour contenter vos cœurs.
Ici quelques troupeaux , de Tombrage , un zéphire , Qui nous fasse naître des fleurs , Voilà tous les biens qu'on désire ; Et ce qui passe encortout ce qu'on peut vous dire, On aime ici , mon frère , on n'aime point ailleurs.
HECTOR
j\e rougissez-vous point de l'indigne mollesse. Qu'aux yeux d'Hector vous laissez éclater ? Lorsque de votre sang vous voyez la noblesse, Par quels honteux appas un sort plein de bassesse Peut-il vous enchanter.
PARIS
Souffrez qu'à vos regards ma faiblesse s'expose. Sensible au seul plaisir d'aimer et d'être aimé ,
Je ne suis point accoutumé
Aux devoirs que la gloire impose.
Je ne connais encor que cette douce loi
Que mon âme a toujours suivie.
D'aujourd'hui seulement je suis fils d'un grand roi.
Je fus berger toute ma vie.
( Le reste manque. )
EGLOGUES.