‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 18 sur 256 · HECTOR, PARIS · texte numérisé non relu

HECTOR, PARIS

HECTOR

Quoi! vous vous obstinez à vivre en ces retraites :' Oubliez-vous déjà, mon frère , qui vous êtes, Quel sang vous a donné le jour ?

PARIS

Seigneur, j'ai peine encore à vous nommer mon frère.

Hélas ! vous ne connaissez guère

Les biens de ce charmant séjour. Une éternelle paix tient ici son empire : On se fait à la cour mille divers malheurs, Dont jamais en ces lieux un berger ne soupire;

A peine savons-nous les noms de vos douleurs ;

Les dieux dans leurs trésors n'ont rien qui pût suffire

Pour contenter vos cœurs.

Ici quelques troupeaux , de Tombrage , un zéphire , Qui nous fasse naître des fleurs , Voilà tous les biens qu'on désire ; Et ce qui passe encortout ce qu'on peut vous dire, On aime ici , mon frère , on n'aime point ailleurs.

HECTOR

j\e rougissez-vous point de l'indigne mollesse. Qu'aux yeux d'Hector vous laissez éclater ? Lorsque de votre sang vous voyez la noblesse, Par quels honteux appas un sort plein de bassesse Peut-il vous enchanter.

PARIS

Souffrez qu'à vos regards ma faiblesse s'expose. Sensible au seul plaisir d'aimer et d'être aimé ,

Je ne suis point accoutumé

Aux devoirs que la gloire impose.

Je ne connais encor que cette douce loi

Que mon âme a toujours suivie.

D'aujourd'hui seulement je suis fils d'un grand roi.

Je fus berger toute ma vie.

( Le reste manque. )

EGLOGUES.

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