DIANE , ENDIMION , LES HEURES
UNE DES HEURES à Diane.
Du grand astre des jours la mourante lumière
Va dans quelques momens s'éteindre au fond des mers ;
Commencez votre carrièx'e ,
Et consolez l'univers.
DIANE
Que mon char en ces lieux descende , Vents , c'est moi qui vous le commande.
( Danse des heures tandis que le char descend. Diane y monte. ) CHŒUR DES HEURES.
Répandez , répandez votre douce clarté , Dissipez de la nuit l'obscurité profonde ;
Vous devez la lumière au monde ,
Lorsque le soleil l'a quitté.
( Diane part. )
SCÈISE VI.
ENDIMION.
Elle part , et me laisse en ce lieu solitaire : Elle n'a pas daigné m'exprimer sa colère ,
Il lui suffît de me livrer Au désespoir mortel qui doit me déchirer. Fatal égarement, transport que je déteste,
TOM. V. n
i66 POÉSIES
Tout est perdu pour moi , vous m'avez fait parler ; J'ai rendu criminel, par un aveu funeste , Le plus beau feu dont on puisse brûler.
Cachons-nous pour jamais aux beaux yeux qui m'enchantent. Je faisais de les voir mon bonheur le plus doux; 3Iais ils redoubleraient les maux qui me tourmentent , Je verrais leur juste courroux.
Allons finir nos jours dans d'éternelles larmes ; Déserts, qui pouvez seuls avoir pour moi des charmes,
Ouvrez vos antres ténébreux ,
Pour recevoir un malheureux.