DE NEWTON
girdé Ifl neutralité d'historUn , que nous n*avoD8 présentement rien de nouveau à dire pour Newton. Nous avons marqué expressément que Newton était certainement inventeur , que sa gloire était en sûreté , et qu*U n^ était question que de faire savoir si Làhnits avait pris de lui cette idée. Toute TAngleterre en est conraincue , quoique la société royale ne l'ait pas prononcé dans S4MI jagement, « t Tait tout au plus insinué. Newton est constamment le premier inventeur , et de plusieurs années le premier. Leibnitz , de son c6té y est le premier qui ait publié ce calcul ; et s'il l'avait pris de Newton , il ressemblait du moins an Prométhée de la fable , qui déroba le feu aux dieux pour en £|irc part aux hommes.
Eo 16S7 ' Newton se résolut enfin k se dévoiler et à révéler ce qu'il était : les Principes nuUhématiques de la philosophie naturelle pamrent Ce livre » ou la plus profonde géométrie sert de base à une physique toute nouvelle, n'eut pas d'abord tout l'éclat qu'il méritait , et qu'il devait avoir un jour. Comme il est écrit très- UTamment , que les paroles y sont fort épargnées y qu'assez souveot les connaissances y naissent rapidement des principes , et qu'on est obligé a suppléer de soi-même tout l'e&tre-deux , il ûillait que le public eût le loisir de l'entendre. Les grands géomètres n'y parvinrent qu'en l'étudiant avec soin; les médiocres ne fi j embarquèrent qu'excités par le témoignage des grande : mais enfin , quand le livre fut suffisamment connu y tous ces sufiErages qu'il avait gagnés si lentement éclatèrent de toutes parts, et ne fonnëient qu'un cri d'admiration. Tout le monde fut frappé de Tesprit original qui brille dans l'ouvrage ; de cet esprit créateur, qui dans toute l'étendue du siècle le plus beureux', ne tombe guère en partage qu'à trois ou quatre bonatmes pris dans toute i étendue des pays savans.
Deux tbéones principales dominent dans les principes mathé^ Jnetiquesy celle des farces centrales , et celle de la résistance des milieux au mouvement , toutes deux presque entièrement neuves , «t traitées selon la sublime géométrie de l'auteur. On ne peut plus toucher ni à l'une ni à l'autre de ces matières , sans avoir Newton devant les yeux ^ sans le répéter , ou sans le suivre ; et si on veut le déguiser , quelle adresse pourra empêcher qu'il ne soit reconnu?
Le rapport trouvé par Kepler entre les révolutions des corps célestes et leurs distances à un' centre commun de ces révolutions ^ r^gne constamment dans tout le deL Si l'on, imagine , ainsi qu'il est nécessaire , qu'une certaine force empêche ces grands corps de suivre pendant plus d'un instant leur mouvement naturel eu ligne droite d'occident eu orient ^ et les retire continnellen^ ni
Bgo ÉLOGE
Vers an centre , il 6uit de la règle de KJepier, que otttefcrce) qui sera centrale , ou pias parttciiliërementc^itfrif^c, tunsor rtn même corps one action Tariabie selon les diffiéreiites di&UBccs k ce centre , et cela dans la raison reirvenée des calrés de c» distances ; c'est-à-dire , par exemple ^ que si ce c^Nrps était deui fois pins éloi^é du centre de sa f^oiution , l'action de U force centrale sur lui en serait qnatrè fois plus faibkk U parait «pe Newton est parti de là pour toute «a physique du monde jra en grand. Nous pouTOBS supposer aussi ou feindre qu'il a d'aWnl considéré la lune , parce qu'elle a la tetre poar centre de ion mwvement.
dî la lune perdait toute l'impulsion , toute la tendance qu'elle a pour aller d'occident en orient en ligtie droite , et qu'il ne lui restât que la force centrale qui la porte yers le centre de li terre y elle obéirait donc uniquement à oette force, ensninut uniquement la directîoii , et viendrait en ligne droite yen k centre de la terre. Son monTemeUt de rëvolutioii étant conav, Newton démontre par ce mouvement , que dans la premièit minute de sa descente elle décrirait i5 pieds de Paris. Sadistace de la terre est de 60 demi*4iamëtres de la terre: donc fi laiaoe était à la surface de la terre, sa force serait augmentée eetoo it carré de6o ^ c'est-à-dire qu'elle serait 36oo fois plus paiuairte, et que la lune dans une minate décrirait 36oo fois i5 pieds.
Maintenant ', si l'on suppose que la force qni agissait tnr la lune soit la même que celle que nous appelons pesanteor dans les corps terrestres , il s'ensuivra du système de GalîKei ^que la lune , qui à la surface de la terre parcourait 36eo fou quinze pieds en une minute , devrait parcourir aussi quiasepie^ dans la première soixantième partie y ou dans la premièie leconde de cette minute. Or, on sait par toutes les expérienoes, et on n'a pu les faire qu'à très-petiteé distances de la sarfice de la terre , que les corps pesans tombent de quinze pieds dass U première seconde de leur chute. Ils sont donc , quand wa éprouvons la durée de leurs chutes , dans le métne cas précisément que si ayant fait autour de la terre , avec la mit» ^ centrale qiie la lune , la même révolution , et à la mime distance , ils se trouvaient ensuite tout près de la surface de U terre ; et s'ils sont dans le cas oii serait la lune , la lune est dam le même cas oh ils sont , et n'est retirée à chaque instant ytn U terre que par la même pesanteur. Une conformité si eiKte d'effets , ou plutôt cette parfaite identité , ne peut vêmr que it celle des causes.
Il est vrai que dans le système de Galilée , qu*oU a suivi ici , la pesanteur est constante , et que la force centrale de la luo^
DE NEWTON. Sgt
ne Teit pas daiii U dtfokonstratîoii méaue qaW TÎmt de donner. Maîi la pesanteur peut bien ne paraitre constante, on, pour nû^ox dire , elle ne le paratt dans tontes nos expériences , qu'à cause que la pins grande hauteur d'oh nous puissions voir toinber des coi^ps , n'est rien par rapport à la distance da 1 5oo lieues oii ils Sont Ions du centre de la terre. Il est démontré qu'un boulet de canon tiré horizontalement , décrit dans Thypothëse de la petanlenr constante une parabole terminée à un certain point par la rencontre de la terre ; mais que s'il était tiré d'une hauteur qui pAt rendre sensible l'inégalité d'action de la pesanteur^ il décrirait au lieu de la parabole une ellipse , dont le centre de la terre serait un des foyers , c'esl-à-dire qu'il ferait exactement œ que faft la lune.
Si la lune est pesante à la manière des corps terrestres, si elle est portée vers la terre par la même force qui les j porte , si , selon l'expression de Newton , elle p^se sur la terre , la même cause agit dans tont ce merveilleux assemblage de corps célestes t car toute la nature est une ; c'est partout la même disposition ^ partout des ellipses décrites par des corps dont le mouvement se rapporte à un corps placé dans des feyers. Les satellites de Jupiter pèsent sur Jupiter comme la lune sur la terre , les u^ tellites de Saturne sur Saturne , toutes les planètes ensemble sur le soleil.
On ne sait point en quoi consiste la pesanteur , et Newton lui-même Ta ignoré. Si la pesanteur agit par impulsion , on conçoit qu'un bloc de marbre qui tombe , peut être poussé yert la terre sans que la terre soit aucunement poussée vers lui ) et en nn mot tous les centres auxquels se rapportent les mouyemens causés par la pesanteur , pourront être immobiles. Mais si elle agit par attraction , la terre ne peut attirer le bloc de marbre , sans que ce bloc n'attire aussi la terre. Pourquoi cette verta attractÎTe serait«-elle plutôt dans certains corps que dans d'au-* très ? Newton pose toujours l'action de la pesanteur réciproque dans tous les corps , et proportionnelle seulement à leuxo snasses } par là il semble déterminer la pesanteur k être réellement une attraction. Il n'emploie à chaque moment que ce mot pour exprimer la force active des corps ; force , k la vérité , inconnue , et qu'il ne prétend pas définir ; mais si elle pouvait agir aussi par impulsion , pourquoi ce terme plus clair n'anralt-il pas été préféré ? Car on conviendra qu'il n'était • guère possible de les employer tons deux indifféremment ; ils sont trop opposés. L'tisage perpétuel du mot d'attraction , soutenu d'une grande autorité , et peut-être aussi de l'inclination qu'on croit sentir à Newton pour la chose même y familiarise du moins kt
dga ÉLOGE
lecteurs arec une idée proecrite par les cartétîena , et doipt toai les autres philosophes avaient ratifié la condamnatioo ; il ftat être présentement sur ses gardes pour ne lui pas imaginer quelles réalité : on est exposé au péril de croire qu'on l'entend.
Quoi qu'il en soit , tous les corps , selon Newton , pèsent le» uns sur les autres , ou s'attirent en raison de leurs masses ; et quand ils tournent autour d'un centre commun , dont psr conséquent ils sont attirés , et qu'ils attirent , leurs forces attractives varient dans la raison renversée des carrés de leun distances à ce centre ; et si tous ensemble avec leur centre commun tournent autour d'un autre centre commua à eux et à d'autres , ce sont encore de nouveaux rapports qui font une étrange complication. Ainsi chacun des cinq satellites de Saturne pèse sur les quatre autres , et les quatre autres sur loi ; tous les cinq pèsent sur Saturne y et Saturne sur eux : le tout ensemble pèse sur le soleil , et le soleil sur ce tout. Quelle géométrie a été nécessaire pour débrouiller ce chaos de rapports ! U parait téméraire de l'avoir entrepris ; et on ne peut voir sans étonnement que d'une théories! abstraite , formée de plusieurs théories particulières , toutes très-diificiles à manier , il naisse nécessairement des conclusions toujours conformes aux faits établis par l'astronomie.
Quelquefois même ces conclusions semblent deviner des faits auxquels les astronomes ne se seraient pas attendus. On prétend depuis un temps , et surtout en Angleterre , que quand Jupiter et Saturne sont entre eux dans leur plus grande proximité , qui est de i65 millions de lieues, leurs mouvemens ne sont plus de la même régularité que dans le reste de leurs cours ; et le sjs^ tème de Newton en donne tout d'un coup la cause qu'aucun ^ntre système ne donnerait. Jupiter et Saturne s'attirent pins fortement l'un l'autre , parce qu'ils sont plus proches ', et par là y la régularité du reste de leurs cours est sensiblement troublée. On peut aller jusqu'à déterminer la quantité et les bornes de ce dérèglement.
La lune est la moins régulière des planètes ; elle échappe assex souvent aux tables les plus exactes , et fait des écarts dont on ne connaît point les principes. Hallcj, que son profond savoir en mathématiques n'empêche pas d'être bon poète , dit dans <les vers latins qu'il a mis au devant des principes de Newton , que la lune /usguêê^là ne s'était point laissée assvfetHr au frein des calculs , et n^ avait été domptée par aucun astronomie ; mais qu'elle l'est enfin dans le nouveau système. Toutes les bizarreries de son cours y deviennent d^une nécessité qui les fait prédire ; et il est difficile qu'un systènie oii elles prennent cette
DE NEWTON. SgS
ibrme , ne ioit qa'mi système heureux , surtont si on ne les regarde que comme une petite partie d'mi tout, qui embrasse «rec le même succès une infinité d'autres explications. Celle du flox et dn reflux s'offre si naturellement par l'action de la lune sur les mers , combinée avec celle du soleil , que ce merreilljeux phénomène semble en être dégradé.
La seconde des deux grandes théories sur lesquelles roule le livre des principes ,• est celle de la résistance des milieux au moayement , qui doit entrer dans les principaux phénomènes de la nature , tels que les mouyemens des corps célestes , la Inniière , le son. Newton établit à son ordinaire sur une trèsprofonde géométrie ce qui doit résulter de cette résistance , selon tontes les causes qu'elle peut avoir , la densité du milieu , la yitesse du corps mu , la grandeur de sa surface } et il arrive enfin k des conclusions qui détruisent les tourbillons de Descartes , et renversent ce grand édifice céleste qu'on aurait cru inébranlable. Si les planètes se meuvent autour du soleil dans un milieu quel qu'il soit , dans une matière éthérée qui remplit tout , et qui f quelque subtile qu'elle soit , n'en résistera pas moins , ainsi qu'il est démontré , comment les monvemens des planètes n'en sont-ils pas perpétuellement et même promptement affaiblis ? Surtout conmient les comètes traversent-elles les tourbillons librement en tous sens , quelquefois avec des directions de monvemens contraires aux leurs , sans en recevoir nulle altération sensible dans leurs mouvemens , de quelque longue durée qu'ils puissent être ? Conunent ces torrens immenses et d'une rapidité presque incroyable n'absorbent-ils pas en peu d'instans toat le mouvement particulier d'un corps qui n'est qu'un atome par rapport à eux , et ne le forcentr-ils pas à suivre leur cours?
Les corps célestes se meuvent donc dans un grand vide , si ce n'est que leurs exhalaisons et les rayons de lumière , qui forment ensemble mille entrelacemens dififérens , mêlent un peu de matière à des espaces immatériels presque infinis. L'attraction et le vide , bannis de la physique de Descartes , et bannis pour jamais selon les apparences , y reviennent ramenés par Newton , armés d'une force toute nouvelle dont on ne les croyait pas capables , et seulement peut-être un peu déguisés.
Les deux grands hommes qui se trouvent dans une si grande opposition , ont eu de grands rapports. Tous deux ont été des génies du premier ordre, nés -pour dominer sur les ajutres esprits , et pour fonder des empires. Tous deux géomètres exccllens, ont vu la nécessité de transporter la géométrie dans la physique. Tous deux ont fondé leur physique sur une géométrie qu'ils ne tenaient presque que de leurs propres lumières. Mais
39i ÉLOGE
l'un , prénatit un vol hafdi ^ à voiila «« pléCMT à k loon» dl tout , ^ rendre mattre deâ pfeittien piinctpea par fuelqnei idées claires et fondamentales , pour n'aToir plus (pi'à desceoèt aux phénomènes de la nature comme à ée» coasrftiuocH né* eesèaires. L'autre » plus timide on plus modèate « a eommeocé sa marche par s'appuyer sur les phé&<»mène6 pour remnnter tat .]|)rinctpès inconnus , résolu de les admettre , qneli que iei pût donner l'etiehainement des conséquences. L'an part de ce qu'S entend nettement pbur trouver la cause de te qu'il vait; Tsatri part de ce qu'il voit pour en trouver la eaose , soit claire, soit ohscune. Les principes évidens de l'un ne le conduisent pastoti* jours aux phénomènes tels qu'ils sont ; le» phénomènes ne eoo* duîsent pas tonjours l'autre à des principes asses éridens. Lei bornes qui dans ces deux routes contraires ont pu arrêter deux hommes de cette espèce , ce ne sont pas les bornes de leur e^t, mais celles de l'esprit humain.
En même temps que Newton travaillait à son grand oansgt des principes , il en avait un autre entre les mains , aussi ori* ginal , aussi neuf, moins général par son titre, maû autsi «tendu par la maniée dont il devrait traiter un sujet particoiier. C'est V Optique ou Truite de la lumière et dêe couifur9^ ^ parut pour la première fbis en 1704. Il avait fiiit pendaat le cours de trente années les expériences qui lui étaient nécesiaim'
L'art de faire des expériences porté à un certain degré , n'est nullement commun. Le moindre fait qui s'offre à nosyetx, est compliqué de tant d'autres faits qui le composent ou le modifient , qu'on ne peut sans nne extrême adresse démêler tont ce qui y entre , ni même sans une sagacité extrême soapçonaer tout ce qui peut y entrer. Il faut décomposer le fait dent il s'agit ^ en d'autres qui ont eux-mêmes leur composition ) ç^ quelquefois , si l'on n'avait bieta choisi sa route , on s'engagersit dans des labyrinthes d'oii l'on ne sortirait pas. Les faits prâai* tî6 et élémentaires semblent nous avoir été cachés par la nf ture avec autant de soin que les causes ] et quand on parvient à les voir , c'est un spectacle tout nouveau et entièrement impr^*
L'objet perpétuel de l'optique de Newton est l'anatomie dtf k lumière. L'expression n'est point trop hardie , ce n'est quel* chose même. Un très-petit rayon de lumière qu'on laisse entrer dans nne chambre parfaitement obscure , mais qui ne peut être si petit qu'il ne soit encore un faisceau d'une infinité de rayoas , est divisé , disséqué , de façon que l'on a les rayonâ élémentaim qui le composaient séparés les uns des autres , et teints diaciia d'une couleur particulière , qui , après cette séparation , ne peut plus être altérée. Le blanc dont était le rayon total ayant U
DE HBWtON. 2ffi
dÎMectwii» réraltAk 4a intflaii^ de toutes les covlenri partica«lières des rayons primitifs. La séparation de ces râjons était si éiStiûe » i|ae quand Manotte l'entreprit sur lee premiers bruits des expériences de Newton « si la manquai iui qui ayait tant de génie pour les e&périences , et qui a si bien rénssi sur tant d'ait* Iresenjels.
On ne séparerait jaoMfa les rajona primitifs et colorés , s'ils B^ét^ient de leur nature tels qu'en passant par le même lieu » par le même prisme de verre, ils se rompent sons différens angles^ et par là se démêlent quand ils sont reçus à des distances convenables.. Cette diflerente réfrangibilité des rajens rouges, jaunes, * T«rU, biens, violets, et de toutes les couleurs intermédiaires en Bombre infini , propriété qu'on n'avait jamais soupçonnée , et k laquelle on ne pouvait guère être conduit par aucune conjecture, est la découverte fondamentale du traité de Newton. La différente ^frangibilité amène la différente réflemibilité. Il y a plus : les rayons qui tombent sous le même angle sur une surface , s'y rompent et réflédiissent alternativement | espèce de jeu qui n'a pu être aperçu qu'avec des yeux e^trêmemenf fins et bien aidés par l'esprit. Enfin , et sur ce point' seul , la première idée n'ap» pnrtient pas à Newton ^ les rayons qui passent près des extrémités d'un corps sans le toucher , ne laissent pas de s'y détourner de la ligne droite, ce qu'on appelle inflexion. Tout cela ensemble forme un corps à^ optique si neuf, qu'on pourra désormais regarder ceUe science comme presque entièrement due à i'autenr.
Ponrne pas se bornera des spéculations qu'on traite quelque^ ibis inynsteniegjMi'oisives , il a donné dans cet ouvrage l'invention et le dessin d'un télescope par réflexion , qui n'a été bien exécuté q[ne 1on|p-4emps après. On a vu ici que ce télescope n'ayant que dcBx pieds et demi de longueur , faisait autant d'effet qu'un bon téieacope ordinaire de huit on neuf pieds; avantage très-considénble , et dont apparemment on connaîtra mieux encore à l'ave^ nir tonte l'étendue.
Une utilité de ce livre , aussi grande peut-être que celle qu'on life dn grand nombre de connaissances nouvelles dont il est plein, est qu'il fournit un excellent modèle de l'art de se conduire dans la philosophie expérimentale. Quand on voudra interroger la na-> tnre par les expériences et les observations , il la faudra interroger > comme Newton, d'une manière aussi adroite et aussi pressante. Des choses qui se dérobent presque à la recherche pour être trop déliées , il les sait réduire à sou£Brir le calcul , et un calcml qui ne demande pas seulement le savoir des bons géo-* snètresy maia encore plus une dextérité particulière. L'applica*
3g6 ÉLOGE
tion qu'il fait de sa géométrie a autant de finesse que sa gaomé-' trie a de sublimité.
' Il n'a pas achevé son optique, parce que des expériences dont il avait encore besoin furent interrompues , et qu'il n'a pu les reprendre. Les pierres d'attente qu'il a laissées k cet édifice imparfait , ne pourront guère être employées que par des mains aussi habiles que celles du premier architecte. Il a du moins mis sur la voie , autant qu'il a pu , ceux qui voudront continuer son ouvrage , et même il leur trace un chemin pour passer de l'optique à une physique entière. Sous la forme de doutes ou de questions à éclaircir , il propose un grand nombre de vues qui aideront les philosophes à venir , ou du moins feront l'histoire toujours curieuse des pensées d'un grand philosophe.
L'attraction domine dans ce plan abrégé de physique. La force , qu'on appelle dureté des corps , est l'attraction mutuelle de leurs parties y qui les serre les unes contre les autres ; et si elles sont de figure à se pouvoir toucher par toutes leurs faces sans laisser d'interstices , les corps sont parfaitement durs. Il n'y a de cette espèce que de petits corps primordiaux et inaltérables, élémens de tous les autres. Les fermentations ou effervescences chymiques , dont le mouvement est si violent , qu'on les pourrait quelquefois comparer à des tempêtes , sont des effets de cette puissante attraction , qui n'agit entre les petits corps qu'à dt petites distances.
£n général , il conçoit que l'attraction est le principe agissant de toute la nature, et la cause de tous les mouyemené. Gar si une certaine quantité de mouvemens une fois imprimée par les mains de Dieu ne faisait ensuite que se distribuer différof^ment selon les lois du choc , il parait qu'il périrait toujours dtt mouvement par les chocs contraires sans qu'il en pût renaître , et que l'univen tomberait asse^ promptement dans un repos qui serait la mort générale de tout. La vertu de l'attraction toujours subsistante , et qui ne s'affaiblit point en s'exerçant , est une ressource perpétuelle d'action et de vie. Encore peut-il arriver que les effets de cette vertu viennent enfin à se combiner de façon que le système de l'univers se déréglerait , et quil demanderait , selon Newton, . une main qui y retouchât.
11 déclare bien nettement qu'il ne donne cette attraction que pour une cause qu'il ne connaît point , et dont seulement il considère , compare et calcule les effets ; et pour se sauver du reproche de rappeler les quoLiUs occultes des scolastiques , il dit qu'il n'établit que des qualités man^estes et très-sensibles par les • phénomènes : mais qu'à la vérité les causes de ces qualité sont occultes y et qu'il en laisse la. recherche à d'antces philosophes»
DE NEWT'ON. Scy;
Maû ce que les seolastiques appelaient qualités occultes n'é-* Uieiit-ce pas des causes? Ils voyaient bien aussi les effets. D'aillears, ces causes occultes que Newton n'a pas trouyées, croyaitil que d'autres les trouvassent? S'engagera-t-on avec beaucoup d'espérance à les chercher ?
li mit à la fin de Coptiqtie deux traités de pure géométrie , l'na de la quadraUire dés courbée j l'autre un dénombrement de» lignée qa'il appelle {lu troieième ordre* Il les en a retranchés depuis , parce que le sùfet-en était trop différent de celui de l'optique; et on les a imprimés à part en 171 r avec une analyse par lee équaeione infinie» , et la méthode d^rentielle. Ce ne serait plus rien dire que d'ajouter ici qu'il brille dans tous ces ouvrages un^e ' hante et fine géométrie qui lui appartient entièrement.
Absorbé dans ces Ipéculations , il devait naturellement être iodifffrent pour les affaires , et incapable de les traiter. Cependant lorsqu'on 1687, année de la publication de st^ principe» , les privfl^pes de l'université de Cambridge , 011 il était professeur en mathématique dès l'an 1669, par la démisdon de Barrow en sa faveur , farent attaqués par le roi Jacques II y il fut un des plus zélés à les soutenir , et son université le nomma pour être an de ses délcgués pardevant la cour de haute^commieeion. Il en' ^t aussi le membre représentant dans le parlement de convenu tion en 1688 9 et il y |int séance jusqu'à -ce qu'il fèt dissous.
En i6g6, Je comte de Halifax, chancelier de l'Echiquier, et grand protecteur des savans , car les seigneurs Anglais ne se piquent pas de l'honneur d'en faire peu de cas /et souvent le sont enXf-méanes , ebtintdn roi GoîHaumc de créer Newton garde des monnaies ; et dans cette charge il rendii des services importans à l'occasion de la grande refonte qui se fit en ce temps-là. Trois ans après il fut maître de la monnaie ^ emploi d'un revenu trës^considérable, et qu'il a possédé jusqu'à sa mort.
On pourrait croire que sa charge de la monnaie ne lui conve^ naît que parce qu'il était excellent géomètre et physicien : et en effet cette matière demande souvent des calculs difficiles , et quantité d'expériences chymiques ; et' il a donné des preuves de ce qu'il pouvait en ce genre , par sa table des esscUs des monnaies étrangère» , imprimée à la fin du livre du docteur Arbuthnott. Mais il fallait que son génie s'étendtt jusqu'aux affaires purement polidqnes , et oit il n'entrait nul mélange des sciences spéculatives. A la convocation du parlement de 170 1 , il fut choisi de nouveau membre de cette assemblée pour l'université de Cam*bridge. Après tout , c'est peut-être une erreur de regarder les sciences et les affaires comme si incompatibles , principalement pour les hommes d'une certaine trempe. Les affaires politiques
3g8 ÈLOaZ
bien estenâoes te radiÛMMl tUotHnêatts « éfii eaiMls trct-fivs , el k étB comlniiaitoiu âélîcato , qne les espriU aecovtaiMt •«! bantfs spéoolalîoiu saisitsent ]pliit faciiemenl et plu sûraoeiit , dès qu'ils Mnt iastruita des £aîts , et fournis dei aMtënanx né* cessaires.
Newton a en le b<^nkenr nngnHer de joiiir pendant ea TÎe it tout ce qn'il méritait , bien diAsrent de Descartee qui n'a reçu que des konnear» pestbnnMs. Les Anglaîe n*en bonorent pas moins les grands taleris , pour Atie ni^s cbea eus. Loin de chor* cber à les rabaisser par des critiques injurieuses , loin d'applasrfir à l'envie qui les attaque , ils sont tous de coneert à les élever ; et cette grande liberté j qui les divise sur les points les plus isnpor^ tans , ne les empfebe point de se rénnir sur celui -U* Ils arnlcnt tons combien la gloire de l'esprit doit étre)irrcieose à vm état; et qui peut la procurer à leur patrie , leur denent infinimeat cher.
Tous les savans d'un pays qui en produit tant , mirent Kewtoa à leur tête par une espèce d'acclsmstion unanime : ils le recoonnrent pour chef et pour maître ; up rebelle n'eit osé s'élever ^ on n'eAt pas souftrt même un médiocre admirateur. Sa philosophie a été adoptée par toute l'Angleterre ; elle dominn dans la société royale , et dans tous les exodloas onwages qui en sont sortis , comme si elle était déjà consacrée par le respect d'une longue suite de siècles. Enfin ., il a été réréré mi point que la mort ne pouvait plus lui produire de nouveaux honnenrs s il a vu son apothéose. Tacite qui a reproché «un Romains leur ei« tréme indilKrence pour les grands h<munes de leur naftimi , eàt donné aux Anglais la louange tout opposée. En vans les Remains se seraient*ils excusés sur ce que le grand mérite lenr était devenu familier j Tacite leur eât répondu que le grand mérite n'était jamais commun j ou que même il faudrait , s'il était pos* sihle , le rendre commun par la gloire qui y serait attachée.
En 1703 , Newton fut élu président de Ja société royale , et Ta été sans interruption jusqu'à sa mort pendant' vingt-trois ans : exemple unique, et dont on n'a pas cru devoir craindre les conséquences.
La reine Anne le fit chevalier en lyoS } titre d'honneur qni marque du moins que son nom était allé jusqu'au trône, oii Isi noms les plus illustres en ce genre ne parviennent pas toujnan,
11 fut plus connu que jamais à la conr sous le roi George. La princesse de Galles , aujourd'hui reine d'Angleterre , avait asses de lumières et de connaissances pour interroger un homme tel que lui , et poar ne pouvoir être satisfaite que par lui. Elle a souvent dit publiquement qu'elle se tenait heureuse dt vitre ds
DE NEWTON. âgg
et dans combien d'autre* natioift» a^i^rait-il pu être placé sans y retrouver nue fMriocesse de Galles ?
Il avait composé un ouvrage de cjironologie ancienne, qu'il ne .songeait point à publier : mais cette princesse , à qui il ep confia les vues principales , les trouva si neuves et si ingénieuses , qu'elle voulut avoir un précis de tout l'ouvrage y qui ne sortirait jamais de ses mains, et qu'elle posséderait seule. Elle le garde encore au* jourd'bui avec tout ce qu'elle a de plus précieux. Il s'en échappa cependant une copie : il était difficile que la curiosité , excitée par Ha morceau singulier de Newton, n'usât de toute sou adresse paor péoétitr jusqu'à ce trésor ; et il es^ vrai qu'i) faudrait être bîeii sévère peur la cwdamner. Cette copie fut apportée en Fraace par celui qui était assea heureux pour l'avoir ^ et l'estime qa'il en faisait l'empêcha de la gardçr ayec le dernier soin. Elle fat voe , traduite , et enfin imprimée.
L« point principal du système chronologique de Newton , tel qu'il parait dans cet extrait qu'on a dç lui « est de rechercher, en suivent avec heeuconp de subtilité quelques traces assea faibke de la plus ancienne astronomie grecque t quelle était au tempe de Ghiron le centaure la position du oolure des équinoxes par rapport aux étoiles fixes. Comme on sait aujourd'hui qne ces étoiles ont un mouvement en longitude d'un degré en soixante^ donae ans , si on sait une fois qu'au temps de Chirou le colure pnasait par certaines fixes , on saura 9 en prenant leur distance k celles par oi> il passe aujourd'hui , combien 4e temps s'est écoulé dqpnis Chiron jusqu'à nouf- Chiron é^ait du fameux voyage des Arf^autes , ce qui en fixera l'époque , et nécessai«« renient ensuite celle de la guerre de Troie , deux grands évcne-r mens d'où dépend toute l'ancienne chronologie. Newton les met de cinq cents ens plus proches de l'ère chrétienne , que ne font ordinairement les autres cbronologistes. Le système a été attaqué par deux savans Français. On leur reproche en Angleterre de n'avoir paa attendu l'ouvrage entier , et de s'être pressés de critiquer. Mais cet empressement onême ne fait «il pas honneur à Newton? Ils se sont saisis le plus promptement qu'ils ont pu de la gloire d'avoir un pareil adversaire. Ils en vont trouver d'autres en ta place. Le célèbre Halley , premier astronome du roi de la Grande-Bretagne , a déjà écrit pour soutenir tonte l'astronomique dn eystëme : son amitié pour l'illustre mort , et ses grandes con« ■aisiances dans la matière , doivent le rendre redoutable. Mais enfin , la contestation n'est pas terminée : le. public , peu nom* breux, qui est en état de juger , ne l'a pas encore fait ; et quand il arriverait que les plus fortes raisons fussent d'un c6té , et de
4oo ÉLOGE
l'autre le nom de Newton , peut-être ce pnblic seratt-ôl qœl^ temps en suspens , et peut-être serait-il excusable.
Dès que l'académie des sciences, par le règlement de 1699, pat choisir des associés étrangers , elle ne manqua pas de se donner Newton. Il entretint toujours commerce ayec elle ^ en lui en-* Toyant tout ce qui paraissait de lui. C'étaient set anciens tra-* Taux, ou qu'il faisait réimprimer, ou qu'il donnait pour la première fois. Depuis qu'il fut employé à la monnaie , ce qui était arrivé déjà quelque temps auparavant, il ne s'engagea plus dans aucune entreprise considérable de mathématique ni de phi* losophie. Car , quoique l'on pût compter pour une entreprise considérable la solution du fameux problème des irajectoirê* , proposé aux Anglais comme un défi par Leibnite pendant sa contestation ayec eux, et recherché bien soigneusement pour l'embarras et la difficulté , ce ne fut presque qu'un jeu pom Newton. On assure qu'il reçut ce problème à quatre heures dn soir, revenant de la monnaie fort fatigué , et ne se coucha point qu'il n'en fût venu à bout. Après avoir servi si utilement dans les connaissances spéculatives toute l'Europe savante, il aenrit uniquement sa patrie dans des affaires dont l'utilité était plus sensible et plus directe , plaisir touchant pour tout bon citoyen : mais tout le temps qu'il avait libre , il le donnait à la curiosité de son esprit , qui ne se faisait point une gloire de dédaigner aucune sorte de connaissance , et savait se nourrir de tout. On a trouvé de lui , après sa mort , quantité d'écrits sur l'antiquité , sur l'histoire , sur la théologie même si éloignée des sciences par oii il est connu. Il ne se permettait, ni de passer des momens oisifs sans s'occuper , ni de s'occuper légèrement et avec une faible attention.
Sa santé fut toujours ferme et égale jusqu'à l'âge de quatre* vingts ans , circonstance très-essentielle du rare bonheur dont il a joui. Alors il commença à être incommodé d'une incontinence d'urine } encore dans les cinq années suivantes qui précédèrent sa mort , eut-il de grands intervalles de santé , ou d'un état fort tolérable , qu'il se procurait par le régime et par des attentions dont il n'avait pas eu besoin jusques-là. Il fut obligé de se reposer de ses fonctions à la meiinaie sur M.. Conduitt , qui avait épousé une de ses nièces ; il ne s'y résolut que parce qu*tl était bien sÀr de remettre en bonnes mains un dépôt si important et si délicat. Son jugement a été confirmé depuis sa mort par le choix du roi , qui a donné cette place à Conduitt. Newton ne souffrit beaucoup que dans les derniers vingt jours de sa vie. On jugea sârcment qu'il avait la pierre et qu'il n'en pouvait re« venir. Dans des accès de douleur si violens que les gouttes de
DE NEWTON. 4oi
lueur laî en coulaient sur le visage, il ne poussa jamais un cri, ni ne donna aucun signe d'impatience ; et des qu'il avait quelques momens de relâche , il souriait et parlait avec sa gaieté ordinaire. Jusqnes-là il avait toujours lu ou écrit plusieurs heures par jour. Il lut les gazettes le samedi i8 mars Y. S. au matin , et parla long-temps arec le docteur Mead , médecin célèbre. Il possédait parfaitement tous ses sens et tout son esprit ; mais le soir il perdit ahsolument la connaissance , et ne la reprit plus, comme 51 les facultés de son âme n'avaient été sujettes qu'à s'éteindre totalement , et non pas à s'affaiblir. Il mourut le lundi suivant 20 mars , kgé de quatre-vingt-cinq ans.
Son corps fut exposé sur un lit de parade dans la chambre de Jérusalem , endroit d'oii Ton porte au lieu de leur sépulture les personnes du plus haut rang , et quelquefois les têtes couronnées. On le porta dans l'abbaye de Westminster , le poêle étant soutenu par mjlord grand chancelier, par les ducs de Montroseet Roxburgh , et par les comtes de Pembrocke , de Sussex et de Maclesfield. Ces six pairs d'Angleterre qui firent cette fonction solennelle , font assez juger quel nombre de personnes de distinction grossirent la pompe funèbre. L'évêque de Rochester fit le serrice , accompagné de tout le clergé de l'église. Le corps fut enterré près de l'entrée du chœur. Il faudrait presque remonter ches les anciens Grecs , si Ton voulait trouver des exemples d'une aussi ^ande vénération pour le savoir. La famille de Newton imite encore la Grèce de plus près par un monument qu'elle lui a fait élever, et auquel elle a employé une somme considérable. '
Le doyen et le chapitre de Westminster ont permis qu'on le eoBStruisit dans nn endroit de l'abbaye qui a souvent été refusé à la plus haute noblesse. La patrie et la famille ont fait éclater ponr Ini la même reconnaissance , que s'il les avait choisies.
U avait la taille médiocre , avec un peu d'embonpoint dans ses dernières années, l'œil fort vif et fort perçant; fa physionomie agréable et vénérable en même temps , principalement quand il 6tait sa perruque , et laissait voir une chevelure toute blanche, épaisse et bien fournie. Il ne se servit jamais de lunettes , et ne permit qu'une seule dent pendant toute sa vie. Son nom doit justifier ces petits détails.
Il était né fort doux, et avec un grand amour pour la tranquillité, n aurait mieux aimé être inconnu , que de voir le calme de sa yie troublé par ces orages littéraires que l'esprit et la science attirent à ceux qui s'élèvent trop. On voit par une de ses lettres dn Commeroium epùiolicum , que son traité d'optique étant prêt il imprimer, des objections prématurées qui s'élevèrent lui firent abandonner alors t:e dessein. Je me reprocherais j dit-il , mon im^ I. 26
4oa ELOGE
prudence de perdre uns chose auesi réelU que U nepoe , pùurtai^ rlr après une ombre. Mais cette ombre ne lui a pas échappé dam la suite; il ne lui en a pas coûté son repos qu'il estimait tant, eV elle a eu pour lui autant de réalité que ce repos même.
Un caractère doux promet naturellement de la modestie, et on atteste que la sienne s'est toujours conservée sans altération, quoique tout le monde fût* conjuré contre elle. Il ne parlait jamais ou de lui ou des autres; il n'agissait jamais d'une niaoière à faire soupçonner aux observateurs les plus maliqs le moindre sentiment de vanité. U est vrai qu'on lui épargnait asses le soia de se faire valoir; mais combien d'autres n'auraient pas laissé de prendre encore un soin dont on se charge si volontiers , et dont il est si dii&cile de se reposer sur personne ! Combien de grands hommes généralement applaudis ont gâté le ccmcert de leurs louanges en y mêlant leurs voix*
U était simple , aifable , toujours de niyeaa aVec tout le monde. Les génies du premier ordre ne méprisent point ce qi;i est audessous d'eux , tandis que les antres méprisent même ce qui est audessus. Il ne se croyait dispensé, ni par son mérite , ni par sa réputation y d'aucun des devoirs du conmierce ordinaire de la vie ; nulle singularité , ni naturelle , ni afiectée : il $àwi n*être, dès qu'il le fallait , qu'un homme du comnuui.
Quoiqu'il fût attaché à l'église Anglicane , ilnVût^pas persécuté les non-conformistes pour les y ramener. U jugeait les homqies par les mœurs, etles vrais non*conformisteft étaient pour luijes vicieui et les méchans. Ce n'est pas cependa^nt qu'il s^'en tint. à la religion naturelle : il était persuadé de la révélation , et parnii les livres 4e^ toute espèce qu'il avait sans cesse entre les mains , cdni qu'il lisait le plus assidûment était la bible.
L'abondance oi^ il se trouvait , et par un grand patrimoine et par son emploi , augmentée encore par la sage siniplicité de sa vie , ne lui oiSrait pas. inutilement les moyens de faire du biepi. U ne croyait pas que donner par son testai|ient., cefûtdonner : aussi n'a-t-il point laissé de testament^ e) il s'est dépouillé toutes les fois, qu'il a fait des libéralités ou à ses. parens, ou.4QeiiDq|ft!il savait dans quelque besoin. Les bonnes actions qu'il a faites..dans l'une et l'autre espèce , n'ont été ni rares , ni peu considérâmes. Quand la bienséance exigeait de^ lui en certaines occanon^ de la dq^ense et de l'appareil , il était magnifique sansaucun regret et de trèsbonne grâce. Hors de là-, tout ce faste qui ne parait qu|dqu($ c^ose de grand qu'^iu^ petits, caractères , était sévèrement re^ançhé^et les fondsxéservésà dçs usages plus solides. Ce^eralteffieifîtiveQpeiitaA prodige qu'un esprit accoutumé aux réflexions , nourri de raisoonen^ens, et en même temps amoureux de cette vaine magnificence»