‹ Œuvres de FontenelleChapitre 79 sur 112 · DE MARSIGLI · texte numérisé non relu

DE MARSIGLI

avaient jamais eus , et dont le fruit doit se communiquer par une heureuse contagion.

Le sénat donna à l'institut un palais tel que le demandaient les grands fonds reçus de Marsigli , qu'il fallait distribuer en dif* férens appartemens , selon les sciences.

Dans ce palais habitent six professeurs , chacun dans le quartier de la science qui lui appartient. On croit voir TAtlantide du chancelier Bacon exécutée , le songe d'un savant réalisé. Il sera facile de juger qu'on n'a pas oublié un observatoire. Il est occupé par Eustachio Manfredi , astronome de l'institut, si ce n'est pas lui faire tort que de le désigner par cette seule qualité, lui qui allie aux mathématiques les talens qui leur sont le plus opposés.

L'institut s'ouvrit en 1714 par une harangue du P. Hercule Coraxxi , religieux Olivétan , mathématicien de la nouvelle compagnie. Le comte Marsigli , qui n'avait pas voulu permettre que son nom parût dans aucun monument public « ne put échapper aux justes louanges de l'orateur. Comment séparer le fondateur d'avec ta fondation ? Les louanges refusées savent bien revenir avec plus de force , et il est peut-être aus^ modeste de leur laisser leur cours naturel , en ne les prenant que pour ce qu'elles valent.

En 1715 , l'académie des sciences ayant proposé au roi , selon sa règle , pour une place vacante d'associé étranger , deux sujets « qni furent le duc d'Escalonne , grand d'Espagne , et Marsigli , le roi ne voulut point faire de choix entre eux , et il ordonna que tous deux seraient de l'académie , parce que la première place d^associé étranger qui vaquerait ne serait point remplie. N'eàt-il pas sans hésiter donné la préférence k un homme du mérite et de la dignité du duc d'Escalonne , pour peu qu'il fût resté de tache aa nom de son concurrent , et cette tache n'eût-elle pas été dé fespece la plus odieuse aux jeux de ce grand prince? Marsigli était aussi de la société royale de Londres , et de celle de Mout-p pellier. Ce n'était p^s un honneur k négliger pour les différentes académies , que de compter parmi leurs membres le fondateur d'une académie.

Elle IV>CGupait toujours ; et il se livrait volontiers à toutes les idées qui lui venaient sur ce sujet , quelques soins et quelques dépenses quMles demandassent. Il mit sur pied une imprimerie , qni devait être fournie non^^seulement de caractères latins et grecs , mais encore hébreux et arabes , et il fit venir de Hollande des oufviers habiles pour les fondre. Il eut des raisons pour ne pas donner ce grand fonds à l'institut directement , mais aux pères dominicains de Bologne , à condition que tous les ouvrages qui partiraient de l'institut seraient imprimés en remboursant

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