‹ Œuvres de Fontenelle, Volume 3Chapitre 9 sur 74 · La rotation de Jupiter, qui est 2 7 ou 7 est à · texte numérisé non relu

La rotation de Jupiter, qui est 2 7 ou 7 est à

DES TOURBILLONS. 45 celle de la terre qui est ^ , : : 7I • r;; • • ^5 : i . Donc , sa vitesse dé rotation est 26 fois plus grande que celle de la terre.

On aurait trouvé la même chose pèir le simple rai* sonnement. Le diamètre de Jupiter est un peu plus de dix fois plus grand que celui de la terre. S'il faisait sa rotation en 10 jours, elle serait presque de la même vitesse que celle delà terre : au lieu de cela, il la fait en moins de 10 heures , plus de 24 fois plus vite.

1 10. Cependant k cette rotation si prompte, répond une circulation qui est 2 y , la plus lente de toutes , excepté celle de Saturne; et même 2 y et 2 ^ étant : : 36 : 35 , il s'en faut très peu que ces deux grandeurs ne soient égales , au lieu que partout ailleurs la circulation a un avantage extrême sur la rotation.

I n . Cela vient d'abord de ce que le diamètre de Jupiter , singulièrement grand , du moins par rapport à ceux de toutes les planètes inférieures , donne lieu à une plus grande inégalité de forces impulsives , selon l'article 68. Mais il est vrai aussi que dans la position où est Jupiter , cinq fois plus éloigné que la terre du centre du tourbillon , les vitesses doivent être fort diminuées , et en même temps leur inégalité quelconque. On ne sait pas ce qui en est pour le sujet présent; mais, en tout cas, voici un paradoxe qui réparera tout; c'est que si les vitesses ou leurs inégalités étaient trop faibles, ou n'étaient point à compter, les forces impulsives qui causent la rotation , y gagneraient ; car on verra, par leur formation (68), qu'au lieu d'être 1 1

M* etr*, elles deviendraient R* et r% et par conséqq^t plus grandes qu'elles n'étaient. Ce seraient deux

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46 THÉOKIE

grands fleuves , mais Tun plus profond que l'autre , qui couleraient de la même vitesse le long des deux côtés d*un grand bâtiment; certainement il serait plus at-^ taqué et plus endommagé par le fleuve le plus profond.

I ifi. Le peu de différence de la circulation et de la rotation, de Jupiter^ conduit à croire que ces deux grandeurs pourraient quelque part se trouver parfaitement égales. Ainsi quand , pour expliquer pourquoi^ la lune présente toujours la même face à la terre , on a supposé sa rotation égale à sa circulation > on n^a fait qu'une hypothèse très iadmissible.

I ! Il est vrai aus8i|que 1^ lune pourrait n'avoir point de rotation. Son diamètre, qui n'est que le quart de celui de la terre, est assez petit.

114. Le plan du grand cercle ou de l'orbite, dans laquelle une planète fait sa circulation autour du centre du tourbillon solaire, est son plan de circulation, et la perpendiculaire , tirée de ce centre sur le plan de l'orbite de la planète, est son axe de circulation. Le plan du plus grand cercle que décrive la surface de la planète dans sa rotation, ou, ce qui est le même, le plan de son^équateur, est son plan de rotation; et la perpendiculaire tirée du centre de la planète sur ce plan, et qui ne peut être que la droite qui joint les deux pôles de l'équateur , est l'axe de rotation. Dans l'hypothèse du tourbillon parfaitement sphérique , les deux plans etjles deux axes de circulation et de rotation, ne doivent pas être dififérens : on ne voit aucun principe qui les sépare ; et les deux mouvemens , qui ne sont alors que le même autant qu'il est possible , s'en exécuteront plus facilement. Jupiter est à peu près dans ce cas : son axe de rotation est presque perpendiculaire à son or^

DES TOURBILLONS. 47 bite; mais, d'un autre côté , celui de la terre est incliné de 23 7 degrés à Fédiptique Cela demande de nouvelles recherches.

SECTION VIIL

Du Tourbillon environné par d'autres Tourbillons.

1 15. 11 n'y a dans tout notre tourbillon que le soleil ^ centre de ce tourbillon , qui ait la lumière pur luimême : celle de toutes les planètes vient certainement de lui. Nous voyons de tous côtés ail tour de nous un très grand nombre d'étoiles, qu'on appelle fixes ^ lumineuses aussi par elles-mêmes; et les Cartésiens croient avec beaucoup d'apparence , que ces étoiles "sont des soleils, centres d'autant de tourbillons dont le nôtre est environné. Nous ne considérons ici que ceux dont il Test immédiatement , inégaux entre eux tous selon toutes les apparences.

Ces tourbillons , semblables au nôtre , ont chacun leur force expansive en tout sens de leur centre à leur circonférence ; et par conséquent, en» touchant notre tourbillon, ils ne peuvent manquer d'y trouver une tendance directement contraire à la leur. Il tend à s'étendre , et ils tendent tous à le comprimer.

J'ai dit en touchant notre tourbillon , car étafnt rond il ne QBUt pas être touché dans tous ses points par d'autrefs corps de même figure. Quelque différens en grandeur qu'on les supposât, il restera nécessairement des vides que la matière éthérée remplira , grands ou petits*

11^. Il est presque absolument impossible , pour ne pas dire absolument, que les tourbillons environnans,

tendent tous, avec des forces précisément égaies, à comprimer le nôtre, sans quoi il ne peut demeurer exactement sphérique , tel que nous l'avons supposé jus(ju'ici, quoiqu'il ne le soit pas. Nous allons donc rentrer dans le vrai , et admettre les forces comprimantes inégales.

117. Pour éviter la confusion, je conçois, comme dans l'article 68 , le tourbillon solaire sphérique divisé en quatre parties égales par les deux diamètres est et ouest,' et nord et sud , ou ^ O et iV 5.. Le centre du tourbillon sera C. Les pressions du tourbillon environnant , qui se feront de E vers C, seront directement op^ posées à celles de O en C , et de même celles de N en C à celles de S en C Je suppose que les inégalités de toutes les autres pressions collatérales , étant comparées et combinées ensemble , se réduisent à ces quatre prin^ cipales. Cela posé , il est aisé de voir ce quî pourra arriver.

Si les deux pressions dei^ vers C et de O en C étant égales entre elles , sont moins fortes que les deux pressions de N en et de 5 en C, égales aussi , le tourbillon ne peut plus demeurer sphérique ; son diamètre N C S deviendra plus petit que le diamètre E C O. Si on avait supposé le contraire , ce ne serait que la même chose renversée.

118. On peut imaginer que , dans ces deux casrlà , le tpurbillon devient elliptique, puisqu'il a ses deux diamètres ou axes inégaux.

119. Le soleil qui était au centre de la sphère, est encore au centre de l'ellipsoïde ; car , selon la supposition , il n'a été poussé inégalement d'aucun côté, et par conséquent il n'a pu être déplacé,

120. Mais si les deux pressions opposées d'un même axe , si celle de en C , par exemple , el celle de 5 en C avaient été inégales, il aurait été poussé hors du centre par la plus forte , toujours sur le même axe , et aussi ioin qu41 aurait été possible.

Ce petit nombre de cas très simples suffirait pour faire entrevoir , du moins en gros, mais sûrement , Finfinité de cas moyens, qui en peuvent résulter.

121. Ce qui marque encore bien que 4e soleil n'est pas au centre du tourbillon , c'est qu41 a une rotation bien constatée par ses taches. Il tourne sur son axe en 25 \ jours : cet axe est cent fois plus grand que celui de la rotation de la ^erre ; et par conséquent le soleil fait eu un jour un peu moins de 36,ooo lieues, tandis que la terre n'en fait que 9,000. Il est visible que cela vient de Textréme grandeur du diamètre du soleil , et de Textréme vitesse qui règne dans l'endroit où il est placée •

122. Supposé qu'il n'y eût point eu de soleil^ et que tout l'espace central égal à son globe n'eût été rempli que de matière éthérée , cette matière eût eu une circulation comme celle de tout le reste ; et on trouvera que sa couche la plus élevée eût fait , selon la règle de Képler, sa circulation en deux heures 41'. Si le centre du'soleil est jeté par les tourbillons environnans hors du centre de cet espace central, et jusqu'à la couche la plus élevée, le soleil aura une circulation de deux heures 41'. Mais une circulation si courte serait nulle pour nous. Il serait impossible de s'apercevoir que le soleil , revenu à la même place au bout de deux heures 41', en eût changé pendant cet intervalle de temps, sans compter qu'il n'y jurait aucun centré visible au-

5o THÉORIE

quel on pût rapporter cette circulation. On ne s'est aperçu que depuis peu de la rotation du soleil, dont la durée est plus de deux, cents fois plus longue.

ia3. Nous pouvons donc raisonnablement croire que le soleil fait quelque petite circulation , mais si petite, qu'on peut le supposer immobile à cet égard. C'est sur ce fondement que les Coperniciens établissent leurs calculs astronomiques qui procèdent fort bien. Le tourbillon est certainement elliptique (i 16) , et ils mettent le soleil , non au centre , comme il serait dans un cercle, mais k un des deux foyers de Tellipse. Il y a une infinité de différentes espèces d'ellipses : mais on prend l'ellipse ordinaire qui se règle par le simple rapport des deux axes ; ce qui n'a pas empêché l'un des plus grands astronomes qui aient jamais été^ Cassini, de proposer une ellipse d'une espèce plus composée , qui ponrait rendre les calculs plus exacts ou plus faciles, tant il reste encore d'incertitude sur ce sujejf. Pour nous , il nous suffira de mettre le soleil dans un foyer d'une ellipse ordinaire , qui sera celle de tout notre tourbillon, mais sans savoir quel sera le rapport des deux axes de cette ellipse.

I a4. Peut-être croîra-t-on d'abord (jue cette ellipse générale du tourbillon viendrait à se manifester par leA orbites des planètes, qu'elle déterminerait à être de la même e«|)èee qu'elle : mais il s'en fisiut bien , dans le fait, que cela soit ainsi.

La plus grande et la moindi% distance de Mercure au soleil , sont entre elles à peu près comme 20 et 1 B ; d'où il suit que son orbite est fort différente d'un cercle, et fort elliptique. Au contraire, dans ,1'orbitd de Vénus ces deux distancés sont à peu près comme t^S et 124 ;

DES TOURBILLONS. 5i ce qui fait le cercle presque parfait. Aussi les orbites de Mercure et de Vénus sont-elles , à cet égard , le^ deux extrêmes; et entre elles sont celles de Mars» de Saturne, de Jupiter, de la terre , ainsi rangées selon Tordre de leur ellipticité décroissante. On entend bien que rellipticité générale du tourbillon solaire vient de la compre^ion inégale des «i>urbillons «nvirosinans , et qu'il suffit, pour cet effet, que cette compression soit une simple tendance , dont il ne s'ensuivrait' aucune action , aueun mouvement; mais il n'en va pas de même des ellipticités différentes des planètes ; et il faut aller plus loin pour en entrevoir la cause.

125. Il faut se représenter les tourbillons environnans en nombre indéfini, grands et petits, ronds, ou à peu près ; et à cause de cette figure et du plein , leurs interstices doivent être remplis de matière éthérée, quiapparemment y sera moins agitée que si êUe avait son mouvement entièrement libre dans un seul tourbillon , comme le nôtre. Ce grand amas de tourbillons , et le nôtre y est compris , ont chacun leur force expansive particulière, différente, si Fon veut, de celle de tout antre; ils tendent tous à s'agrandir , et s'en empêchent tous réciproquement, du moins pendant quelque temps; mais il serait presque impossiUe que , dans un très grand nombre de combats particuliers » Téqnilibre parfait ne fût à la .fin rompu en quelque endroit. Un tourbillon qi»lconque se sera étendu , en absorbant quelque portion de cette maUjère éthérée des intei^stices moini^gitée ; et dès-lors le voilà devenu plus fort que tel autre tmirbilkm voisin, qui auparavant ne lui cédait pas ; maps daais le même temps le tourbillon voisin , moiiis gêné par une moindre quantité de matière

5i THÉORIE

des interstices, peut en pomper assez pour devenii* égal aj'autre , et Féquilibre est rétabli.

126. Il suit de là que la matière éthérée des interstices des tourbillons peut n'être pas oisive et inutile au tout.

127. 11 y a un second cas. Un tourbillon qui en touche un autre , ne peut tendihe a s'agrandir, sans tendre en même temps à jeter de sa matière propre dans cç Yoisin; et si cette tendance se réduit en acte, le plus fort s'affaiblit donc, et le plus faible se fortifie d'autant; et l'équilibre qui avait été rompu , se retrouve par la cause même qui l'avait rompu , tant la nature a été attentive et ingénieuse à le conserver.

128. On peut donc imaginer que l'univers, autant qu'il nous est cotinu , est un amas de grands ballons , de grands ressorts bandés les uns contre les antres, qui s'enflent^t se désenflent , et ont une espèce de respiration et d'expiration successives , analogues à celle des animaux ; ce qui fera la vie de ce grand corps immense.

Il se pourrait même que ce que nous appelons ici la vertu élastique des corps , que nous observons fort en petit, fût quelque chose de tout pareil; mais ce tfe&t pas le temps d'en parler.

129. Le plein ne permet pas que les tourbillons s'enflent tous , ou se désenflent tous eh même temps ; il faut nécessairement que les uns s'enflent, taudis que les autres se désenflent, et cela avec toute la précision possible ; mais on voit bien que c'est le plein même qui la cause. De plus , il se peut fort bien qu'un mêm^ tourbillon s'enfle d'un côté , et se désenfle du. côté opposé : le tourbillon qui le touche k l'est, s^a pfans fort que lui y et celui qui le touché à Touest , plus faible. .

130. Dans les petites machines des animaux^ Tinspiration ne dure qu'un temps fort court , et l'expiration un autre temps égal. Mais il ne serait nullement impossible qu'il y eût un animal dont l'inspiration et l'expiration durassent chacune un quart-d'heurç , une demihettre , etc^ Cela n'a point de bornes / et il semble qu'il ne faudrait qu'augmenter à proportion les organes et la machine de l'animal. Du moins est-il certain que , quand notre tourbillon serait terminé à Saturne , ce qui pourrait bien n'être pas > un espace de trois cent millions de lieues ne serapas trayerséen peu de temps : il en faudra d'autant plus, que ces jets de matière étrangère dans notre tourbillon , n'y peuvent péné^ trer> sans combattre et sans surmcmter un mouvement très rapide de sa matière propre.

131. Cela même pourrait faire naître quelque difficulté ; mais on y répondrait suffisamment par l'exemple des grosses rivières qui pénètrent dans la mer, lors même que son mouvement est le plus contraire au leur, et qui j forment des courans bien sensibles et bien marqués dans l'étendue de quelques lieues. ^

132. On ne peut imaginer ces jets de matière étrangère , que comme étant d'un assez gros volume y et du moins dans la proportion des courans des rivières a la mer où ils entrent. Mais nous ne proposons jusqu'à présent que de simples conjectures sur la communication des tourbillons étrangers avec le nôtre ; et il faut attendre la connaissance de quelques faits bien constatés , pour airiver a quelque chose de moins vague et dé plus déterminé. Qu'il nous soit permis cependant de suivre notre hypothèse jusqu'où elle peut aller , et de voir quel est son degré de vraisemblance.

1 3l « Le tourbilton solaire reçoit ^ non de toutes parts, tnak de plusieurs endroits de sa circonférence > des jets de matière étrangère , qui ont dès direeûons différen** te$, et souvent opposées^ ou ^ k peu près, prises deux à deut. Lui-méilie il en peut rendre aux tourbillons etiTironnans ^ difierens de ceux dont il en reçoit ; et au lieu que les premiers jets avaient leur directiôn de sa circonférence à son centre , ces seconds auront la leui* du centre à la circonférénce. Ces courans, qui rie doi» vent faire qu'un petit volume par rapport au volume total du tourbillon , sont séparés les uns des autres par d'assez grands intervalles; ils peuvent avoir des vitesses différentes jusqu'à un certain point. Maintenant , que Ton conçoive les couches qui portent nos six planètes , et qui y dans un milieu parfaitement uniforme, auraient eu un cours parfaitement circulaire , peuvent*eUes l'avoir encore dans un milieu inégal et mêlé, tel que nous venons de le représenter? Pourraient^^elles même conserver leur figure sphérique sans altération, surtout quand elles seraient attaquées par des courant differens de ]^ manière exposée dans les articles 117 et iso? Voilà le principe général des différentes ellipticitésdes planètes, prom» dans l'article 134. Il est aisé de voir en gros^ d'un seul coup d'oeil , qu'il en doit naître un prodigieux nombre de variétés possibles. C'en sera une , et peut->4tre la plus singulièire de toutes, que Fellipse ou orbite de Vénus seule restée cercle presque parfait (ii4).

t&ié On Mit par observation à quels lieux du firmament répondent dans les orbites planétaires les aphélies ^ ou plus grandes distances de chaque planète au soleil. Ceux de Mercure , de Vénus et de Saturne sont

dahs le sagituitre ; tehii de. Mais d«ns k vi^^t f dé k terre dan» le dapriccMm^, de Jupiter dans labakneë* Ainsi 9 tous ks apfaâièaëont eotnpris damk rëgidn dû •oiel, qui s'étend depuis k vierge jusqu'au tàtpAcùrrie^ et il n'y en a point hors de ces einq signes , e'e^t4i-di^è i que les jets ou cdurafia oAt plus de force dam touM cette grande partie du oiol qtie dans l'autre presqtté égale , puisqu'il y en a une correspondante où les eU lipses pknétairessontle plus ellipses par rapport auso* leil. Cela est assez conforme à Thypothèse des jets.

135. Les aphélies sont fixes , ce qui marque qu'il y a partout des équilibres établis > du moins pour de longues durées.

1 36. Il n'est pas impossible , et peut<4trè>|est^it véees^ saire pour l'espèce de vie qu'a Funirers , que tés équi^ libres finissent^ un tôt dans un endroit, tantôt daiis Tautre. Un tourbillon qui, pendant plusieurs siècles, aura jeté dans les tourbillons' Toisins et reçu d^x une égale quatitité de matière , Tiendra enfin, par quelque cause que ce soit, à en jeter plus quHl n'en recerra, et à se vider peu à peu. Alors il ne pourra plusse soutenir comme les autres; et le corps solide ou soleil qu'il avait a son centre , et qui certainement sera demeuré le dernier en sa place ^ en sera chassé , et ira errant par les interstices dqs tourbillons , où il né trouvera presque aucune résistance. Cé sera là une comète ; et l'on pourrait suivre cette idée , si l'on voulait, et k rendre assee vraisemblable ; mais je doute que Ton sache encore assez l'histoire des comètes ; du moins y pour moi , je suis dans le cas dè ne l'avoir pasassee étudiée. J^ iàe pui^ cependant m'empécher de dire que, quand on fait décrire aux comètes des ellipses infinies ou pre^utg In-

56 THEORIE fi^iés , doBi notre soleil est un des foyers , il me semble que c'est là un reste du système de Ptolomëe , bien naturel à la vérité , où l'on se fait le centre de tout*. Il n'y a point de mouvement céleste qui ne puisse être rapf>orté par nous à tel point du ciel qu'il nous plaira : mais afin qu'il s'y rapporte naturellement, il faut du moins que ce point soit dans le plan d'une couche dé-r cri te autour de lui par le corps mu. Or, on ne peut savoir qu'une courbe soit circulaire, ou au moins ren- Irantê, si l'on n'a vu le même corps y revenir; mais on n'est pas encore sûr d'avoir vu deux fois la même comète. Maintenant que l'on observe, et en plus de lieux, et mieux que jamais, on commence à croire qu'il y a des cemètes tous les cinq ans et demi : en voilà beaucoup ; et plus il y en aura , moins il y aura d'apparence qu'elles décrivent toutes des courbes autour du soleil , et {(lus il sera dif^cile de reconnaître celles qui seraient les mêmes. Ne précipitons rien , s'il se peut. . 137. Il y a un fait bien constaté en astronomie, dont la cause, telle que, nous l'imaginons, en conséqurace de tout ce qui a été dit, serait l'émission des jets.

Anciennement on croyait les étoiles fixes, absolument ; et on y était assez bien fondé : mais on s'est aperçu , il y a environ deux mille ans > qu'elles ont un mouvement , non pas mouvement qui les fasse changer de place entre elles , mais qui les fait aller toutes ensemble d'occident en orient, toujours parallèlement à l'écliptique ou orbite delà terre; de sorte que l'étoile de la constellation d'Aries, qui était autrefois à Fintersection de l'écliptique et de notre équateur, n'y est plus y mais s'est avancée vers l'ori«nt , sans sortir du

DES TOURBILLONS. $j Cftrde de Técliptique , et ainsi de toutes les autres étoî^ les du finnament. Cela est assez connu.

i3&. Si Ton conçoit que les plans de la eircîiUtiiiD et de la rotation de la terre , qui natureUementne doi* yent être que le même (114), vienhentÀ se détacker Tun de Vautre, et par conséquent aussi leurs axes, il n'importe encore comment : si , de plus, on conçoit que r*xe de réquateur :se meuve et déorÎTe un cercle au.4our de l'axe de Técliptique imjuôbile, iLesi;€acttin'qiM le- mouvement des fixes sera vu de bi .terre , tql q»'tli« été représenté dans Tar^icle précédent; ilsâra^tovôoM» parallèle à VécUptique; le& fixes ne cônaervwiiùt pàiiU les mêmes distànces à Végard de Téqualeur , etc. U b» laut qu'un pôu d'auemion pour s'en .eo|iTaii»a^e« n ,

139. Ma^ quelle ser^ \a cause qui sépa,rera« les deilx axes ? Un jet de minière étrangère qui viendra frapqpar la terre par le pôle commun à la eireulaiion et à la ro;tation ; e\ certainement il doit prodjuire quelque ^effet. Comme le mouvement apparent des fixes dure d^k depuis deux mille ans , qu'il a pept^être commencé. longtemps avant que d'être observé, ^t qu'on .ne sait quand il finira ,^1'aotion doù il dépend doit être afii^e^ 11^44rée , et ne va pas jusqu'à troubler les grands éqtiiUbi:^* Xe jet dont il s'agit ici ne changera qm^ la .direction de l'un ou de l'autre des deux axes de la terre. Pow ' changer la direction- de l'axe de circulation , . il; faudSrait transporter la terre dans une autre couche d^ tourbillon, car il £^i$é de voir qu'elles pnt t0u|l;es cet axe différemment dirigé; et ce transpçrt de la tf^e dans une autre, couche, dqnt il fautait vaincra la résistance, ne serait pas un médiaçre.effa^t; Le jet ne changera que la ^trection de l'axe de rotation » et rien

Diqiti2Èdbr

SS THÉORIE M oppoBort* Cet axe n'est déieminé par les eircomstances physiques, qu'à faire un certain angle aveo cslai de cipoulatton , mais i|on pas à aToir sa direction ^t et onett , plut6t que nord et sud. Il obéira sur oela à b moindre impulsipn. On peut ^e rappeler te qui a étë dit sur la cause de la rotation dans Far*

ticr. Uactioa du jet sur Taxe de rotation de la terre M peut guère être •continve t il sisraît difficile de con* MTW qu'un tourbillon voisin agit pendant deux mille ans sur le nètre , sans que le nôtre réagit sur lui. Il est ^tfBÀ qtk'iï pourrait y pendant ce ten^ps Ik , réagir sur un autre voisin , et l^i renvoyer autant de matière qu'il en aurait reçu; mais il partit plus naturel iqne Inaction du premier )e| soit interrompue, et ne se fasse qu'à dilE^entes reprises, telles cependant que son eififet n'ait pas été entièrement détruit dans les intervalles de repos. Ou verra aisément que ces intervalles , quoique téek, n'empêcheront pas la continuité apparente d'un Hk&fotvémeBi qui n'est qu'mn degré en soixa«te*dix ana, ^ dont la révolu^n entière serait de 2^,260. -C'est là le plus long, sans comparaison, de tous 1|^ mouvemens observés jusqu'ici , et celui dont la cause parait le plm devoir être rapportée aux tourbillons envirOnnsM.

141. Les observations astronomiques plus exactes, )^us assidues et plus nombreuses aujourd'hui que jamais f commencent à faire découvrir, ou du moins à soupçonner que l'angle dé Péquatenr avec l'édfptiquc/ que Ton ê&kii toujours cru constant , diminue, ou, ce qui est le même, que l'équateur et l'édiptique se rapprochent, delà se lierait ^iséméilt avèc notre hy

DES TOURBILLONS. 59 pothèse présente. L'axe de Técliptique, ou celui de la circulation* de la terre que nou8 ayions supposé immobile , ne le sera pas parfaitement , et participera un peu au mouvement de Tautre axé, qui est celui de l'équateur et de la rotation ; ce qui est VftiisemblaUe ^ car certainement ce nouveau mouvement, tel qu'il devrait être sur le pied de ce qu'on en connaît jusquHci , serait très lent par rapport à l'ancien : sa révolution ne pourrait être aux 26,200 ans du mouvement apparent des fixes , que comme i à 2o5.

149. Cela ne eondut pas que l'édipâque, q^'on supposerait partie d'abord d'iuie position perpendicu-» laire k l'équateur, dût^ dans le cours de 5 miliioas 1^,000 ans, qui sont le prpduit de 26,200 pmr ao5, s'approcha toujours de l'équaieur , se meure dans son plan , passer ensuite aurdelà , et se remetttre d^m sa première position, il ae peut très bien cpiei'éclipdqne ne s^avance vers l'équateur que jusqu'à un certain point ^ qu'ensuite eUe retourne au point d'où elle était partie , et toujours ainsi de suite , en faisant des oseiU lations qui dureront des milliers d'années. Mai^ d^en vonlok* dtwimBr toutes les causes, ce serait trop s'abandonner aux conjectures.

i42. En ^néral, il estcertidn que l'ondfe , l'ufii&r^ mité, la constance , la Ipngue durée deamonviemehs cé-^ le^s demandent un grand équilibne universel , qui se subdivise même en pinceurs équilibres particuliers. Un équilibre ne peut être formé que par deux forces égales, lyailleurs , ces équilibres ne sont pas des repos , des cessaticms de mouvemens; au contraire >tk s'accordent avec des mouvemens très vifs , très rapides , toujours snbsîslans.ll faut donc que des forces ^ales ne laissent

6« THÉORIE pas de se combattre perpétuellc^ment , en se balançant les unes les autres, et devenant alternatiYement supérieu-> res et inférieures, du moins pendant de longues suites de siècles. Les équilibres et les oscillations serontlesdeux giandsprincipes de la formation artificielle de Funivers.

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