DE L’ORTHOGRAPHE DE CETTE ÉDITION
La vétusté, les bizarreries mêmes ce l'orthographe du Gargantua et du Pantagruel comptent, aux yeux de quelques érudits, parmi les charmes principaux de la lecture de ces deux chefs-d’œuvre. Il n’en est pas ainsi du commun des lecteurs, que cette enveloppe rugueuse rebute et décourage souvent. Défigurés par une profusion de signes étranges, y pour à, 3 pour s, u pour v,i pour ÿ, e devant w et à, & pour ef, c devant qu, etc., les mots français ne leur apparaissent à tra-
vers ce voile, que comme des hiéroglyphes indéchiffrables, ou du moins l’aspérité de la forme double encore pour eux l'obscurité si souvent calculée du sens.
En préparant une édition populaire des œuvres de
,; l'illustre curé de Meudon, nous avons dû nous préoc-
cuper des goûts et des besoins du plus grand nombre.
Nous ne pouvions cependant imiter ces éditeurs de Hollande qui ont entrepris de moderniser et d’épurer
Rabelais, En abordant les chefs-d'œuvre , respectons avant tout le fond ; ne touchons même que d’une main timide aux détails les plus délicats de la forme.
Chez Rabelais, heureusement, quelques-uns de ces détails ne tiennent pas à l’œuvre même, et c’est sur ceux-là seulement qu’a porté notre réforme. A part certaines excentricités où l'orthographe est violée à dessein pour engendrer une bouffonnerie , les bizarreries les plus choquantes peuvent être écartées comme dépourvues de fondement, en l'absence de manuscrits primitifs : elles proviennent de la fantaisie des copistes épris des caractères à ligatures dans lesquels se déployait à loisir leur talent calligraphique. Elles résultent encore de l'impuissance. des typographes, dont l'alphabet était incomplet, et dont la casse {pour nous servir d’un terme technique} était surchargée de lettres doubles, qu’on employait à tort ou à raison. Car il y aurait beaucoup à dire sur l'influence que la plume et le plomb se sont arrogée en matière d'orthographe.
Puis brochaïient sur le tout éditeurs et correcteurs, partisans de l’archaïsme, amis des nouveautés, exagérant chacun dans leur sens. Le grec, l'italien, l'espagnol, déteignaient chacun à leur tour sur un fond de couleur incertaine; et la prononciation de l’époque, mal fixée tant à la ville qu’à la cour, dif-
férant radicalement de province à province, ne*com-.
portait pas, pour l'interprétation des manuscrits, l’établissement d’une orthographe normale.
Cette uniformité, qui ne pouvait exister antérieurement, nous avons tenté de l’établir dans le Rabelais pour en faciliter la lecture.
D'abord, chaque fois que, dans une des éditions anciennes les plus estimées, deux lecons différentes se présentaient pour le même mot, pour la même nuance grammaticale ou pour leurs analogues, nous avons choisi et maintenu dans tout le cours de l'ouvrage la forme la plus rationnelle et celle qui peut être le plus facilement comprise aujourd’hui. C’est ce que n’ont fait complétement pour leur époque ni Dolet, ni Le Duchat, dont les travaux sont pourtant si estimés et si véritablement estimables.
En outre, nous profitons de l'extension de l'alphabet moderne pour remplacer les lettres aujourd’hui inusitées; nous suivons les habitudes étymologiques introduites dans l'écriture, pour éliminer les lettres parasites que les éditeurs ont souvent ajoutées par suite d'idées fausses sur.la dérivation des mots, idées qui certainement n'étaient point celles d’un érudit tel que Rabelais.
Mais en même temps nous avons scrupuleusement respecté dans l'orthographe tout ce qui tient à l’étymologie véritable, quelque suranné qu’en puisse être le signe : nous avons conservé tout ce qui peut caractériser ou la langue de l’époque ou la fantaisie individuelle de l’auteur. Surtout nous avons voulu laisser intacte, et sans dévier d’un mot ou d’une syllabe, toute la phraséologie de l'écrivain. Peut-être aurionsnous voulu retrancher quelques crudités propres à blesser la susceptibilité moderne, si prompte à s’effaroucher du mot, sinon de la chose même. Mais ces suppressions auraient suffi pour qu'on nous reprochât d’avoir
mutilé le texte, et qu’on nous soupconnâtméme d’avoir étendu notre témérité jusque sur des passages tout-àfait innocents.
Nos changements se bornent donc à une partie de l'orthographe et de la ponctuation; et, pour rassurer tout-à-fait le lecteur sur leur portée, nous allons en indiquer rapidement le détail.
10 L'emploi des lettres doubles a dû dépendre longtemps du caprice des copistes; et ce qui prouve qu’il n'existait rien de fixe à cet égard, c’est que l’on trouve le même mot écrit tantôt avec deux lettres, tantôt avec une seule. L'étymologie a guidé notre choix.
Nous écrivons, malgré les éditions qui doublent la consonne : roide, Rome, mule, meule, gueule, domaine, saler, facilement, milieu, couper, chapon, pile, parole, traîner, etc., de rigidus, Roma, mula, moles, qula, dominium , salis, facilis, medius loeus, 2077, pila, capo, parabola, etc.
Et nous admettons au contraire : appeller, poulle et poullet, apprester,apprins, médullaire, cellui, accreu, foulle, etc., de appellare, pullus, ad præstare, apprehendere, medulla, hic ille, accrescere, fullo, etc.
Nous laissons afin, qui paraît avoir passé par l'italien [affinche). d
20 Quant aux diphthongues, multipliées presque sans raison au XVe siècle, nous maintenons toutes celles qui sont justifiées par la dérivation.
Nous ädmettons ÿ{ feit, ils feirent, leu, à cause de fecit, fecerunt, lectus.
Mais pourquoi écririons-nous : feut, feussent, de : fuit, fuissent? pourquoi beu, beuvant, veu, de bibitum, bibens, visus ?
Nous écrivons graisse et non gresse, de crassus ; grosse et non groisse, de l'allemand gross; aguille, aguillon, et non agueille, agueillon ou esguillon, de acicula, aculeus ; serein et non serain, de serenus; frein et non frain, de frenum.
Age et eau, nous paraissent au moins aussi réguliers que eage et eaüe.
Veuve, vider, représentent plus clairementque vefve, vuider, les formes latines vidua, viduare.
Peut-être invoquerait-on là une métathèse, comme dans la terminaison agium, dont on a fait d’abord aige, au lieu de age. Mais pour cette dernière terminaisen même, nous croyons être plus rationnels en écriva” ;f ménage, hostage, etc., que menaige, hostaige, ete. qui représentent tout au plus une prononciation provinciale.
Nous faisons grâce à déclairer, parce que l’analogie avec éclairer, clair, éclaircir, Pré ente des r'approchements plus nombreux que la frme du mot clarté, que, d’ailleurs, les éditeurs é sivent souvent comme nous, clairté.
Chief, relieve, ne Vent certainement pas chef et relève ; ce dernier SUr”,out, à cause de levare, n’a jamais
pu venif sous là iume d’un latiniste tel que le curé de Meudon.
k6 CHEFS-D'OEU VRE EUROPÉENS.
api perritr recienétaentnttrere rt tee
Arrouser venant de os, nous ne voyons aucune raison pour conserver la lettre 4. Nous la laissons plus volontiers dans {abourin, parce que nous l’avons dans tambour; dans pourtraire, à cause de la transformation précédemment accomplie de la préposition pro en pour; dans gouzier, de gurges, paour, de pavor. Mais l'italien £osto, l'allemand rosten, nous commandent d'écrire tost, rostir, et non toust et roustir.
Les terminaisons atus étant partout représentées par é et non par ai, il aurait fallu dire aussi né pour natus ; mais Rabelais paraît avoir préféré nai, peutêtre pour éviter la confusion avec nez, nasus. Nous n'avons pu respecter cette exception arbitraire, et nous avons suivi Le Duchat qui écrit quelquefois nés pour nai.
La double voyelle æ étant introduite dans les mots chœur et œuvre, nous l’avons admise également dans cœur et mœurs, où l’appelait l’étymologie.
Pour représenter le son nasal ir, Rabelais paraît avoir affectionné le groupe de lettres ain : nous lui avons laissé avec toute raison étymologique enfraindre, de frangere; attainct, de tangere, tactum , mais pourquoi suivrions-nous l'éditeur ou le copiste qui nous impose capricieusement painct, paindre, etc.
Cependant il écrit avec raison wnzein, douzein, à cause de undenus, duodenus ; d'où nous concluons que son intention était d'écrire aussi douzeine.
Où l'orthographe du commencement du xvie siècle a tout-à-fait raison contre la nôtre, c'est dans les mots érèze, sèze, sègle, de tredecim, sexdecim, secale : là nous nous serions bien gardé d'introduire li des modernes.
En revanche nous n'avons point songé à l’ôter dans seicher, de siccare, et leicher, de Acryo.
8° Les pluriels des noms ont dèsle xve siècle la lettre s pour marque invariable : elle nous vient de la troisième déclinaison latine, Cet emploi ne prête à aucune confusion, puisque Rabelais ne paraît avoir voulu observer nulle part l’ancienne règle qui faisait de cette lettre le signe du nominatif singulier. Néanmoins, dans les noms en é, cette lettre est remplacée par 3 : c’est à un pur caprice des copistes, qui se plaisaient à terminer les mots par un trait de plume en boucle: et il en résulte un sujet de confusion avec les deuxièmes personnes du pluriel en ez. Cette lettre bizarre n’est
as plus rationnelle dans ies autres pluriels : /o/z, ilz, telz (en latin vos et éales|. Nous mettons partout
u uns.
Mais le moderne iser),
= figure bien dans les verbes en îzer {à la parce que cette finale est une imitation
‘ue en «éerv.
de la forme greca.
‘ister le / de tous les pluriels en “linons ainsi tous les participes ‘28 éditions soient fort irréfcrivons donc touts les “ns les fuyants, etc.
"urs qui vont jussans s'inquiéter
Nous laissons subs ants et ents, et nous dx.
présents, bien que toutes n gulières à cet égard. Nous hommes, les bezants, eux suivu Mais nous ne suivons pas les édite qu'à écrire les paysants, les tyrants, de l’origine des mots, pagani, tyranni.
Il est bon d'observer que Rabelais écrit en ent et non en ant les participes ou noms verbaux qui sont en latin en ens, et ce fort rationnellement : nous avons maintenu cette excellente orthographe, même dans la locution ce pendent.
Un autre emploi archaïque de s se trouve dans les adverbes encores, onques, avecques, doncques, mesmes, doresnavant, bien qu'avec beaucoup d'irrégularité, selon les éditions : nous avons laissé subsister ce signe, qui ne nuit pas du moins à la clarté du texte.
4 La lettre s s’est introduite dans certaines terminaisons des verbes, assez récemment et d’une manière tout irrationnelle. Rabelais est plus conséquent. Il écrit aux premières personnes de l'indicatif: je vai, de vado; je boi, de bibo ; je croi, de credo ; je fai, de facio, etc. Quoique plusieurs éditeurs aient varié et mis trop souvent je voys, je foys, nous nous en sommes tenu partout à l’archaïsme justifié. Ce n’est qu’à regret que, voyant partout je suis, du verbe étre, nous avons admis cette manière d'écrire, qui paraît avoir été en usage dès François Ier, peut-être par euphonie et pour ne point confondre ce verbe avec jesuy, je sui, sequor.
Il en est de même à l'impératif, où vien, prend [veni, prehende), sont conservés par nous comme beautoup plus rationnelsqueles formes modernes. N’en déplaise à nos grammairiens qui, trouvant ces rimes sans s dans des poètes tels que La Fontaine, y apercoivent une licence ou même une faute de français,
Quant à s intercalé dans des mots ou des formes de verbes comme signe véritablement étymologique, et remplacé aujourd’hui par l'accent circonflexe, nous le respectons toujours : nous laissons bientost, le fust, etc. Et de même dans les formes verbales : 57 dist, de dixit, devient ainsi distinct de ÿ/ dict, de dicit; il fut, fuit, ne peut étre confondu avec qu'il fust, fuisset ; gist, pour jacet, rappelle gisant.
5° Devant la lettre q ou le groupe qu, les éditions ont presque constamment ‘un € qui n’a rien d’étymologique : nous supprimons cette surcharge d'orthographe. Pourquoi écririons-nous anticque, d'antiquus, et avec Le Duchat, narbonique, de narbonicus ? Pourquoi cocq, cocquin, eocque? Pourquoi ici quacquel et là caqueter? Pourquoi mystlicq employé comme une sorte de compromis 1
A la vérité, on peut, on doit peut-être . laisser le e dans avecques, à cause de l'étymologie probable ad vices quibus, et en outre parce que cette lettre conduit à l’autre forme avec employée concurremment,
Il en est de même de doncques, donc, venant toute fois de l'italien dunque, |
Quant à oncques, quiconque, l’étymologie unquam, quicumque, indique nécessairement la suppression de la lettre c.
On aurait pu hésiter pour le mot quelque, dont l'orthographe quelcque serait d'accord avec l’origine latine qualiscumque; mais nous avons l'italien qualche. Les anciens éditeurs, et notamment Le Duchat, ont donné l'exemple de la suppression : comme ce mot re-
QE
vient très fréquemment, nous y trouvons une facilité de plus pour la lecture,
6° La lettre y joue un très grand rôle dans la vieille orthographe, et ce n’est presque partout qu’un trait de plume superflu, une fioriture de calligraphe. Ecrivons donc issit, d’exire, et non yssit ; vider et non vuyder, grenouillère et non grenoullyère, roi et non roy, reine (regina) et non royne, oiseau pour oyseau, cuide, joli, moisi, j ai, etc. N’allons pas, par affection pour cette lettre à grande queue, la substituer même aux signes étymologiques et, comme Le Duchat, mettre huytres pour huistres (ostrea). Gardons-nous de croire, avec tel philologué journaliste, que syrène est préférable à sirène, parcè que la première forme représente trés bien la queue du monstre.
Ïl est étrange que les anciens éditeurs, én mettant ainsi des y où il n’en faut pas, les aient négligés comme vestiges de l’étymologie grecque elle-même. Ainsi l'on trouve chez eux spondiles, La 6 écrivons, nous, spondyles (œrovdulz).
On y rencontre aussi AB que nous écrivons royalement.
% Le y, autre lettre à queue, semble également avoir plu singulièrement aux calligraphes, qui en décorent partout le mot wn et quelqu'un : bizarrerie d'autant plus grande qu’ils donnent wne comme le féminin de wng.
Laissons-le pourtant dans loing, où il est étymologique et rappelle long, longueur, etc.; dans soing, besoing, à cause de soigner et besogne.
Dans le verbe qui dérive de cognoscere, leg n’est pas de trop; mais il n’y a pas de raison de mettre un devant. Ecrivons donc cognoistre, cognu et non congnoistre, congneu.
De même dans esmeraugde, de smaragdus, le g est étymologique.
Le g n’a pas besoin de w devant & ou o pour prendre le son dur. Débarrassons-nous encore de cette lettre parasite : écrivons galant et non gualant.
80 La lettre À étymologique était souvent négligée, quelquefois mise à tort : cela n’est pas imputable à Rabelais. Nous écrivons, en dépit des éditeurs, avec h : hexagone, horde (de horrida|, il ha |kabet), etc., et sans h, ermite, agate, pinte, taureau (taurus), et non thoreau.
9 Le cet les étymologiques doivent être maintenus dans le corps des mots. Ainsi nous conservons : ÿ feict, fecit ; faict, factus; defaict, defectus ; profict, profectus ; proficter, du latin barbare profictare, fréquentatif de proficere. Partout nous écrivons sainct, de sanctus; mais nous n’imitons pas l'éditeur qui imprime mect pour met, de mittere.
La lettre s, comme nous l’avons déjà indiqué au 4°, doit rester dans estre, j’estais, etc. Il est même bon dans les noms de nombre troisiesme, dixiesme,
onziesme, vingliesme, etc., qui ont passé par des
formes latines barbarés, 6ù cette consonne se trouvait comme elle se trouve dans vigesimus, etc. Elle se place bien dans mesme, mestier, maistre, venant de l'italien medesimo, ministerium, magister. Mais il serait absurde de la garder dans métairie, de medietaria, et d'écrire mestairie, mestayer.
10° Certains verbes offrent des difficultés de conjugaison, tels que pouvoir, qui semble venir à la fois de pollere et de pôsse, vu qu’on y trouve à quelques formes une /; mais cette lettre superflue vient peut-être de l'habitude de compliquer les terminaisons aulx, eulx, etc., dans lesquelles la consonne / a d’ailleurs sa place naturelle. |
Savoir était pris autrefois comme s’il dérivait de scire, et non pas de sapere : de là vient le ç, que nous respectons comme signe d’une ancienne opinion grammaticale.
Seoir, asseoir, voir (voirra) et quelques autres, ont également des formes variables dans les différentes éditions : nous nous efforçons au moins d'écrire toujours le même temps d’une manière uniforme.
1io Nous avons eu à choisir entre oùr, oùre et ouere ou erre, pour la terminaison de beaucoup de sub-. stantifs : nous avons écrit partout or et oire, à moins que la forme moderne ne fût elle-même en erre ;'ainsi nous écrivons miroir, bien que nous trouvions quelquefois mirouer; et tonnerre, verre, bien qu'il y ait tonnoirre, tonnouer et voyrre.
12° Enfin nous avons eu à choisir entre une quantité de variantes de détail, et dans ce choix nous avons toujours été guidé par les mêmes principes : notre confiance dans l’érudition de notre auteur, nos soupcons à l'égard des copistes. Ainsi nous avons écrit :
Conclus et non conclud [de conclusus).
Perennité — perannité [perennilas).
Descend — decend (descendit).
Perdrix — perdris (perdix).
Confirmé — conformé (confirmatus).
Médicine — medecine (medicina).
Terricoles — terrigoles ({erricolæ).
Voluntiers — voulentiers [voluntarie).
Remparer — ramparer (re-im-parare).
Muid — mui (modius).
Soubterrain — soubsterrain {sub terra)
Pauvre — paovre (pauper).
Ambassadeur — embassadeur-(ambacht).
— dipner |de dis jejunium et non de detrvstv).
Disner
130 Quelques mots nous ont arrêté dans une sorte d'indécision, et nous ont forcé à prendre un parti mixte.
Dont se trouve écrit quelquefois d’ond, selon son étymologie italienne (donde|; le plus souvent ce pronom a là forme moderne, Nous avons mis d’ond, à peu près comme Le Duchat, partout où le sens primitif d'où se montre évidemment.
Rabelais use de trois prépositions aujourd’hui hors d'usage : on pour dans, à, préposition qui semble venir du grec £v, dans, sans mouvement; és, du grec ès, dans, avec mouvement; ez, qui semble différer de la particule précédente et venir du latin ex, hors de. Nous avons employé, comme nos devanciers, les deux premières prépositions, et n’avons mis la dernière forme ez que dans les cas où le sens le voulait.
14° I] nous reste quelques mots à dire de la ponctuation, sur laquelle nous nous sommes donné de plus grandes libertés, comme sur une chose qui est pour ainsi dire hors de l’œuvre:
Les lettres majuscules sont prodiguées dans les anciennes éditions. Nous n’en avons employé, ni pour les noms de professions, ni après les deux points.
Le Duchat n'a placé d’accents que sur certaines finales. Nous les avons mis partout et souvent aux dépens des trémas.
Le point et virgule est rarement employé; les deux points sont trop prodigués, et les virgules trop rares dans presque tous les textes. Nous avons ramené l'emploi de ces signes aux règles de la ponctuation moderne.
Le dialogue est souvent confus, faute d’alinéas assez nombreux, et de signes tels que guillemets et tirets,
pour marquer le commencement et la fin du discours et le changement d’interlocuteurs. Ce que nous avons fait à cet égard éclaircira tout-à-fait de longs entretiens et propos, dans lesquels on pouvait trouver à première vue une assez grande confusion.