NOUVEAU PROLOGUE DE L'AUTEUR
Gents de bien, Dieu vous saulve et gard. Où estesvous ? Je ne vous peulx voir. Attendez que je chausse mes lunettes. Ha, ha. Bien et beau s'en va quaresme, je vous voi. Et doncques ? Vous avez eu bonne vinée, à ce que l’on me ha dict. Je n’en serois en pièce marri. Vous avez remède trouvé infallible contre toutes altérations. C’est vertueusement Opéré. Vous, vos femmes, enfants, parents et familles estes en santé desirée. Cela va bien, cela est bon, cela me plaist. Dieu, le bon Dieu, en soit éternellement loué; et {si telle est sa sacre volunté) y soyez longuement mainténus. Quant est de moi, par sa saincte bénignité, j'en suis là, et me recommende. Je suis, moyennant un peu de pantagruélisme (vous entendez que c’est certaine gaieté d’esperit conficte en mespris des choses fortuites), sain et dégourt, prest à boire , si voulez. Me demandezvous pourquoi, gents de bien ? Response irréfragable. Tel est le vouloir du très-bon, très-grand Dieu : onquel je acquiesce, onquel je obtempère , duquel je révère la sacrosaincte parole de bonnes nouvelles. C'est l'Evangile, onquel est dict, Luc, 4, en horrible sarcasme et sanglante dérision, au médicin négligent de sa propre santé : « Médicin, Ô, guéris toi-mesme. » CI. Gal.,non pour telle révérence, en santé soi maintenoit, quoique quelque sentiment il eust des sacres Bibles, et eust cognu et fréquenté les saincts christians de son temps, comme appert lib. n. de Usu partium.
. dib. u. de Differentiis pulsuum, cap. 3. et ibidem lib. n.
cap. ?. et lib. de Rerum affectibus (s’il est de Galen) < mais par crainte de tomber en ceste vulgaire et satyrique moquerie :
(1) Des quartiers de la lune.
(2) Rabelais paraît avoir pris pour un fait positif, ce qui dans Pline n’est qu’un proverbe : « Il serait bon au moins d’avoir à choisir l'arbre pour se pendre, » c’est-à-dire ici d’être attaqué par toute autre qu’une courtisane.
Ma coingnée, Jupiter, ma coingnée ; rien de plus, Ô Jupiter (page 206)!
lnTpos G\hwY, adTos ÉAxEOL Ppocwy.
Médicin est des aultres en effect :
Toutesfois est d’ulcères tout infect.
De mode qu’en grande braveté il se vente, et ne veult estre médicin estimé, si, depuis l'an de son age vingt et huictiesme jusques en sa haulte vieillesse, il n’ha vescu en santé entière, exceptez quelques fièbvres éphémères de peu de durée : combien que de son naturel il ne fust des plus sains, et eust l'estomach évidentement dyscrasié. « Car, dict-il, Zib. v. de Sanit. tuend., difficilement sera cru le médicin avoir soing de la santé d’aultrui, qui de la sienne propre est négligent. » Encore plus bravement se ventoit Asclepiades médicin avoir avecques Fortune convenu en celte paction, que médicin réputé ne fust, si malade avoit esté depuis le temps qu'il commencea practiquer en l’art, jusques à sa
dernière vieillesse. À laquelle entier il parvint et vigoureux en touts ses membres, et de la Fortune triumphant. Finablement, sans maladie aulcune précédente, feit de vie à mort eschange, tombant par male garde du hault de certains degrés mal emmortaisés et pourris.
Si, par quelque désastre, s’est santé de vos seigneuries émancipée, quelque part, dessus, dessoubs, devant, derrière, à dextre, à senestre, dedans, dehors, loing ou près vos territoires qu'elle soit, la puissiez-vous incontinent, avecques l’aide du benoist Servateur, rencontrer. En bonne heure de vous rencontrée, sus l'instant soit par vous asseurée , soit par vous Yéndiquée, soit par vous saisie et mancipée. Les loïx vous le permettent; le roi l'entend: je le vous cofseillé : ne plus ne moins que les législateurs antiques autorisoient le seigneur vendiquer son serf fugitif, la part qu'il seroit trouvé. Li bon Dieu et li bons homes, n'est-il escript
et pracliqué par les anciennes coustumes de ce tant noble, tant antique, tant beau, tant florissant, lant riche royaulme de France , que le mort saisist le vif?
Voyez ce qu’en ha récentement exposé le bon, le.
docte , le sage , le tant humain, tant débonnaire et équitable André Tiraqueau, conseiller du grand, victorieux et triumphant roi Henri second de ce nom,
en sa très-redoublée court de parlement à Paris. Santé . est nostre vie comme très-bien déclaire Ariphron sicyo:.
nien. Sans santé n’est là vie vie, n’est la vie viable.
abios bios, bios abiôtos (4). Sans santé n’est la vie que
langueur : la vie n’est que simulachre de mort. Ainsi doncques vous , estants de santé privés, c’est à dire morts,saisissez-vous du vif; saisissez-vous de vie, c'est santé.
J'ai cestui espoir en Dieu, qu'il oira nos prières, vue la ferme foi en laquelle nous les faisons ; et accomplira cestui nostre soubhait, allendu qu'il est médiocre. Médiocrité ha esté par les sages anciens dicte aurée, c'est à dire prétieuse, de tous endroicts agréa-
ble. Discourez par les sacres Bibles, vous trouverez que. .
de ceulx les prières n'ont jamais esté esconduites, qui ont médiocrité requis. |
Exemple : on petit Zachée, duquel les musaphis de Sainct Ayl près Orléans se ventent avoir le corps et reliques, et le nomment sainct Sylvain, Il soubhaitoit, rien pius, voir nostre benoïist Servateur autour de Hierusalem. C’estoit chose médiocre et exposée à un chascun. Mais il estoit trop petit, et parmi le peuple ne le povoit voir. Il trépigne, il trotinne, il s'efforce, il s'escarte, il monte sus un sycomore. Le très-bon Dieu cognut sa sincère et médiocre affectation ; se présenta à sa vue, et fut non seulement de lui vu, mais oultre ce, fut ouï, visita sa maison et benist sa famille. À un fils de prophète en Israël, fendant du bois près le fleuve Jordan, le fer de la coingnée eschapa (comme est escript 4. Reg. 6.) et tomba dedans icelui fleuve, Il pria Dieu le lui vouloir rendre. C’éstoit chose médiocre. Et en ferme foi et constance jecta non la coingnée après le manche, comme en scandaleux solæcisme chantent les diables censorins, mais le manche après la coingnée, comme proprement vous dictes. Soubdain apparurent deux miracles : le fer se leva du profond de l’eau et se adapta au manche. S'il eust soubhaité monterés cieulx dedans un charriot flamboyant, comme Helie; multiplier en lignée, comme Abraham : estre aultant riche que Job, autant fort que Samson, aussi beau que Absalon : l'eust-il impétré? C'est une question.
À propos de soubhaits médiocres en matière de coingnée [advisez quand sera temps de boire), je vous racomplerai ce qu’estescript parmi les apologues du sage Esope le françois.
J'entend phrygien ettroian, comme afferme Maxime Planudes : duquel peuple, selon les plus véridiques chroniqueurs, sont les nobles François descendus. Elian escript qu’il feutthracian ; Agathias, après Hérodote, qu’il estoit samien : ce m'est tout un.
De son temps, estoit un pauvre homme villageois, natif de Gravot, nommé Couillatris, abbateur et fendeur de bois, et en cestui bas estat gaingnant cahin caha sa pauvre vie. Advint qu'il perdit sa coingnée. Qui fut bien fasché et marri, ce fut il. Car de sa coingnée dépendoit son bien et sa vie; par sa coingnée vivoil en honeur et réputation entre touts riches buscheleurs ; sans coingnée mouroit de faim. La mort, SIX Jours après , le rencontrant sans coingnée, avecques son dail l’eust faulché et cerelé de ce monde. En ceslul estrif, commencea crier, prier, implorer, invoquer Jupiter par oraisons moult disertes (comme vous Sçavez que Nécessité fut inventrice d'éloquence}), levant la face vers les cieulx , les genoils en terre, la tesie nue, les bras haults en l’aer, les doigts desifains
(4) AGroe Bioc, Bios détwroc,
escarquillés, disant à chascun refrain de ses suffrages à haulte voix infatigablement : « Ma coingnée, Jupiter, ma coingnée, ma coingnée : rien plus, Ô Jupiter, que ma coingnée, ou deniers pour en achapter une aultre. Helas! ma pauvre coingnée. » Jupiter tenoit conseil sus certains urgenlis affaires, et lors opinoit la vieille Cybele , ou bien le jeune et clair Fhœbus, si voulez. Mais tant grande fut l'exclamation de Couillatris, qu'elle fut en grand cffroi ouïe on plein conseil et consistoire des Dieux. | « Quel diable, demanda Jupiter, est là bas, qui hurle si horrifiquement ? Vertus de Styx, n’avons-nous par ci-devant esté , présentement ne sommes-nous assez ici à la décision empeschés de tant d'affaires controvers et d'importance? Nous avons vidé le débat de Presthan (1}, roi des Perses et de sultan Soliman empereur de Constantinople. Nous avons clos le passage entre les Tartres et les Moscovites (2). Nous avons resondu à la requeste du Cheriph. Aussi avons-nous à a dévotion de Guolgots Rays (3). L'estat de Parme est expédié, aussi est celui de Maydembourg {4}, de la Mirandole et d'Afrique (5). Ainsi nomment les mortels ce quesus la mer Méditerranée nous appellons 4phrodisium. Tripoli ha changé de maistre par malegarde : son période estoit venu.
« Ici sont les Gascons reniants et demandants restablisseinent de leurs cloches.
« En ce coing sont les Saxons, Estrelins, Ostrogots
-et Allemans, peuple jadis invincible, maintenant abergeiss (6), et subjugués par un petit homme estropié. Ils
nous demandent vengeance , secours, reslitution de leur premier bon sens et liberté antique. Mais que ferons-nous de ce Rameau et de ce Galland (7), qui, caparassonnés de leurs marmitons, supposts et adstiulateurs , brouillent toute cette académie de Paris ? ‘en suis en grande perplexilé; ‘et n’ai encore résolu quelle part je doibve encliner.
« Tous deux me semblent aultrement bons compagnons el bien couillus.
« L'un ha des escuts au soleil, je di, beaulx et tresbuchants : l’autre en vouldroit bien avoir.
« L’un ba quelque sçavoir ; l’aultre n’est ignorant.
« L'un aime les gents de bien; l'aultre est des gents de bien aimé, |
« L'un est un fin et caut regnard,; l’aultre, mesdisant, mesescripvant et abayant contre les antiques philosophes et orateurs comme un chien. Que t'en semble , di, grand vietdaze Priapus ? J'ai maintefois trouvé ton conseil et advis équitable et pertinent,
——. Et habet tua mentula mentem.
— Roi Jupiter, respondit Priapus, défublant son capusson, la teste levée, rouge, flamboyante et asseurée, l'un vous comparez à un chien abayant, l’aultre à un fin freté regnard , je suis d’advis, que sans plus vous fascher ne altérer , d'eulx faciez ce que jadis feistes d'un chien et d’un regnard. — Quoi? demanda
(1) Thamas, qui défit l’armée de Soliman en 1336. (2) Conquête de Casan et d’Astrakan par les Russes, 1550 et 1554.
( 3) Dragut Rays, amiral ottoman qui ravagea la Sicile, en 15392.
(4) Middelbourg, ou plutôt Magdebourg. + Gi
(>) Ville de la côte de Barbarie, appelée par les anciens Africa et Aphrodisium.
(6, Ou plutôt haber-geiss, littéralement chèvre à avoine, chèvre ivre d'avoine; ancien nom allemand du. jouet appelé toupie d'Allemagne. — Le petit homme estropié (par la goutte) est l’empereur Charles-Quint.
(7) Pierre Ramus et Pierre Galland, professeurs des col-
léges de Paris ; le premier ennemi et le second défenseur de la philosophie d’Aristote, vers 1550,
FRANÇOIS RABELAIS. ss 207
mm
Jupiter. Quand? Quiestoient-ils? Où fut-ce?—-O belle mémoire! respondit Priapus. Ce vénérable pere Bacchus, lequel voyez-ci à face cramoisie, avoit, pour soi venger des Thébains, un regnard féé, de mode que quelque mal et dommage qu'il feist, de beste du monde ne seroit prins ne offensé, |
« Ce noble Vulcan avoit d'aerain monesian faict un
chien, et à force de souffler l'avoit rendu vivant et animé. Il le vous donna : vous le donnastes à Europe vostre mignonne. Elle le donna à Minos, Minos à Procris ; Procris enfin le donna à Cephalus. Il estoit pareïllement féé, de mode que, à l'exemple des advo- . Cats de maintenant, il prendroit t‘ute beste rencontrée, rien ne lui eschaperoit. Advint qu'ils se rencontrarent. Que feirent-ils? Le chien, par son destin fatal, doibvoit prendre leregnard : le regnard, par son destin, ne doibvoit estre prins.
« Le cas fut rapporté à vostre conseil. Vous protestastes non contrevenir aux destins. Les destins estoient contradictoires. La vérité, la fin, l'effet de deux contradictions ensemble fut déclairé impossible en nature. Vous en suastes d'ahan. De vostre sueur tombant en terre nasquirent les choulx cabus. Tout ce noble consistoire, par défault de résolution catégorique, encourut altération mirifique; et fut en icellui conseïl bu plus de soixante et dixhuict bussards de nectar. Par mon advis, vous les convertistes en pierres. Soubdain fustes hors toute perplexité; soubdain feurent tresves de soif criées par tout ce grand Olympe. Ce feui l’année des couilles molles, près Teumesse , entre Thebes et Chalcide. A cestui exemple, je suis d'opinion que pélrifiez ces chien et regnard. La métamorphose n’est incognue. Tous deux portent nom de Pierre. Et parce que, selon le proverbe des Limosins, à faire la gueule d’un four sont trois pierres nécessaires, vous les associerez à maistre Pierre du Coingnet (1), par vous jadis pour mesme cause pétrifié. Et seront en figure trigone équilatérale, au grand temple de Paris, ou au milieu du parvis, posées ces trois pierres mortes, en office de esteindre avecques les nez, comme au jeu de fouquet, les chandelles, torches, cierges, bougies, et flambeaulx' allumés : lesquelles viventes allumoient couillonniquement le feu de faction , simulté, sectes couillonniques (2) et partialité entre les otieux escholiers. À perpétuelle mémoire, que ces petites philauties couillonniformes plustost devant vous contemnées feurent que condamnées. J'ai dict.
— Vous leur favorisez, dist Jupiter à ce que je voi, bel messer Priapus. Ainsi n’estes à touts favorable. Car vu que tant ils convoitent perpétuer leur nom et mémoire, ce seroit bien leur meilleur estre ainsi après leur vie en pierres dures et marbrines convertis, que retourner en terre et pourriture. Ici derrière, vers ceste mer Tyrrhène et lieux circumvoisins de l’Apennin, voyez-vous quelles tragédies (3) sont excitées par certains pastophores? Ceste furie durera son temps comme les fours des Limosins, puis finira ; mais non si tost.
Nous y aurons du passetemps beaucoup. J'y voi un in-
convénient. C'est que nous avons petite munilion de fouldres "depuis le temps que vous aultres condieux par mon octroi particulier en jecliez sans espargne, pour vos ésbats, sus Antioche la neuve (4). Comme depuis, à vostre exemple, les gorgias champions, qui entreprindrent garder la forteresse de Dindenarois contre touts venents, consumarent leurs munitions à force de tirer aux moineaulx. Puis n'eurent de quoi
(1) Pierre de Cugnières, avocat général sous Philippe de Valois (1328-1350), s'était opposé aux entreprises du clergé. Après sa mort, on plaça dans les coins des chapelles de grossières figures auxquelles on donna le nom de Pierres du Coignet, en abomination de cet ennemi de l'Eglise.
+ (2) Couilloniques de cucullus, capuchon,
(3) Les efforts que fit Jules IIT pour s'emparer de l’état de Parme (1522).
(4) Genève, où régnait la doctrine de Calvin.
en temps de nécessité soi deffendre; et vaillamment cédarent la place , et se rendirent à l'ennemi, qui ja levoit son siége, comme tout forsené et désespéré : et n'avoit pensée plus urgente que de sa retraicte accompagnée de courte honte. Donnez y ordre, fils Vulcan; esveillez vos endormis Cyclopes, Asteropas, Brontes, Arges, Polypheme, Steropes, Pyracmon ; mettez-les en besoingne, et les faictes boire d’aultant. À gens de feu ne fault vin espargner. Or dépeschons ce criard là bas. Voyez, Mercure, qui c’est : et scaichez qu'il demande. »
Mercure regarde par la trappe des cieulx, par laquelle ce que l’on dict ça bas en terre ils escoutent ; et semble proprement à un escoutillon de navire : Icaromenippe (1) disoit qu’elle semble à la gueule d’un puits. Et voit que c’est Couillatris, qui demande sa coingnée perdue ; et en faict le rapport au conseil.
« Vraiement , dist Jupiter, nous en sommes bien. Nous, à ceste heure, n'avons aultre faciende, qué rendre coingnées perdues? Si fault-il lui rendre. Cela est escript és Destins, entendez - vous? aussi-bien
comme si elle valust la duché de Milan. À la vérité,
sa coingnée lui est en tel prix et estimation, que seroil à un roi son royaulme. Ça, ça, que cesle coingnée soit rendue. Qu'il n’en soit plus parlé. Resolyons le différent du clergé et de la taulpetière de Landerousse, Où en estions-nous ? »
Priapus restoit debout au coing de la cheminée. Il, entendent le rapport de Mercure, dist en toute courtoisie et joviale honesteté : « Roi Jupiter, au temps que, par vostre ordonnance et particulier bénéfice, j'estois gardian des jardins en terre, je notai que ceste diction, coingnée, est équivoque à plusieurs choses. Elle signifie un certain instrument, par le service duquel est fendu et coupé bois. Signifie aussi {au moins jedis signifioit) la femelle bien à poinct et souvent gimbretiletolletée. Et vid que tout bon compagnon appelloit sa garse fille de joie, ma coingnée. Car avecques cestui ferrement (cela disoit exhibant son coingnoir dodrantal) ils leur coingnent si fièrement et d’audace leurs emmanchoirs, qu’elles restent exemptes d’une paour épidémiale entre le sexe féminin : c’est que du bas ventre ils leur tumbassent sur les talons, par défault de telles agraphes. Et me soubvient (car j'ai mentule, voire di-je, mémoire, bien belle, et grande assez pour emplir un pot beurrier) avoir un jour du tubilustre, és féries de ce bon Vulcan en mai, oui jadis en un beau parterre (2) Josquin des Prés, Ockeghem, Hobrecht, Agricola, Brumel, Camelin, Vigoris, de la Fage, Bruyer, Prioris, Seguin, De la Ruë, Midy, Moulu, Mouton, Gascogne, Loysel, Compere, Penet, Fevin, Rouzée, Richardfort, Rousseau, Consilion, Constantio Fesli, Jacquet Bercan, chantants melodieusement :
Grand Thibault, se voulant coucher Avecques sa femme nouvelle,
S'en vint tout bellement cacher
Un gros maiïllet en la ruëlle.
« O! mon doulx ami, ce dict-elle,
Quel maillet vous voi-je empoingner ?
— C'est dit-il, pour mieulx vous coingner, — Maillet? dist elle, il n’y fault nul:
Quand gros Jean me vient besoingner,
Il ne‘me coingne que du cul.
« Neuf olympiades , et un an intercalare après (ô! belle mentule, voire di-je, mémoire : je solæcise souvent en la symbolisation et colliguance de ces deux mots ), je oui (3) Adrian Villart, Gombert, Janequin,
(1) Dans le dialogue de Lucien qui porte ce titre.
(2) Les noms qui suivent sont ceux dé musiciens de l’époque , la plupart de l'école belge. <
(3) Autres musiciens, la plupart français.et de la chapelle de Henri I.
Qu \ Si
SR SRE
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