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Adoncques feit la monstre de la diablerie parmi la ville et le marché {page 222),
quel mal leur avois-je faict ? I ne leur ha suffi m'avoir ainsi lourdement morrambouzevezangouzequoquemorgualasachaguevezinemaffressé mon pauvre œil ; d’abundant ils m'ont defoncé mon tabourin. Tabourins à nopces sont ordinairement batus; tabourineurs bien festoyés, batus jamais. Le diable s’en puisse coiffer. — Frère, lui dist chicanous manchot , je te donnerai unes belles, grandes, vieilles lettres royaulx, que j'aiici en mon bauldrier pour repetasser ton tabourin : et pour Dieu pardonne nous. Par Nostre Dame de Rivière la bonne dame, je n’y pensois en mal. »
«Un des escuyers, chopant et boitant, contrefaisoit le bon et noble seigneur de la Roche-Posay. Il s’adressa au records embavieté de maschoires, et lui dist : « Estes vous des frappins, des frappeurs. ou des frapparts ? Ne vous suftisoit nous avoir ainsi morcrocassebezassenezassegrigueliguoscopapopondrillés touts les membres supérieurs à grands coups de bobelins, sans nous donner tels morderegrippipiotabirofreluchambu relurecoquelurintimpanements sus les gresves à belles poinctes de houseaulx ? Appellez-vous cela jeu de jeunesse ? Par Dieu, jeu n'est-ce. » Le records, joingnant les mains, sembloit lui en requérir pardon, marmonnant de la langue, « Mon, mon, mon, vrelon, von, von! » comme un marmot. La nouvelle mariée pleurante rioit, riante pleuroit, de ce que chicanous ne s’estoit contenté la daulbant sans chois ne election des membres, maisl’avoirlourdement deschevelée, d’abundant lui avait trépignemampenillorifrizonoufressuré les parties honteuses en trahison. « Le diable, dit Basché, y ait part. Il estoit bien nécessaire que monsieur le Roy (ainsi se nomment chicanous) me daulbast ainsi ma bonne femme d'eschine. Je ne lui en veulx mal toutesfois. Ce sont petites caresses nuptiales. Mais j'appercoi clairement qu’il m’ha cité en ange, et daulbé en diable. Il tient je ne sçai quoi du frère frappart. Je boi à lui de bien bon cœur, et à vous aussi, messieurs les records. — Mais, disoit sa femme,
à quel propos, et sus quelle querelle, m'ha-il tant et trestant festoyé à grands coups de poing ? Le diantre l'emporte, si Je le veulx. Je ne le veulx pas pourtant, ma Dia. Mais je dirai cela de lui, qu’il ha les plus dures oinces qu’onques je senti sus mes espaules. »
« Le maistre d'hostel tenoit son bras gausche en escharpe, comme tout morquaquoquassé : « Le diable, dist-il, me feit bien assister à ces nopces. J'en ai, par la vertus Dieu, touts les bras engoulevezinemassés. Appellez-vous ceci fiansailles ? Je les appelle fiantailles de merde. C'est, par Dieu, le naïf banquet des Lapithes , descript par le philosophe Samosatois. » Chicanous ne parloit plus. Les records s’excusarent, qu'en daulbant ainsi n’avoient eu maligne volunté; et que pour l'amour de Dieu on leur pardonnast.
« Ainsi départent. À demie lieue de là, chicanous se trouva un peu mal. Les records arrivarent à l'isle Bouchard, disants publiquement que jamais n’avoient vu plus homme de bien que le seigneur de Basché, ne maison plus honorable que la sienne; ensemble que jamais n’avoient esté à telles nopces : mais toute la faulte venoit d’eulx, qui avoient commencé la frapperie. Et vesquirent encore ne sçai quants jours après. De là en hors fut tenu comme chose certaine, que l’argent de Basché plus estoit aux chicanous et records pestilent , mortel et pernicieux, que n’estoit jadis l'or de Tholose et le cheval Sejan (1} à ceulx qui Le possédarent. Depuis fut ledict seigneur en repos et les nopces de Basché en proverbe commun. »
(1) Or de Toulouse se disait de tout avantage illicite qui devait être fatal à celui qui l’obtenait, parce que, cette ville ayant été prise et pillée par le consul Cépion, quiconque emporta {une partie des richesses des temples périt ensuite misérablement. Le cheval d’un romain nommé Séjus avait été successivement funeste à tous ses maîtres. Ce sont deux proverbes latins rapportés par Cicéron et Aulu- Gelle (liv. mx, ch. 9)
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