‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 104 sur 307 · DE CRÉCY · texte numérisé non relu

DE CRÉCY

jà s'apelloit roy d'Alemaigne , quoyque l'empereur vesquist encore, fist là voiler l'Aigle d'Alemaigne, car il s'en party, et pluiseurs des siens qui le siévirent, et ne cliessa de chevauchier, sy vint en la chité d'Amiens.

Quant il fut toute nuit et que les Englès ne trouvèrent mais à qui combatre (car les Franchois tout desbaretés et desconfis se retraioient et se saavoient che qu'il pooient» et s'en y avoit grant foison de navrés, et se retraioient en leur logis ung peu en arière de la bataille), adont dessendy le roy d'Engleterre à toute sa bataille , et s'en vint devers le prinche son fils que on désarmoit, et le prinche tantost courut contre son père et s'agenoulla. Le roy prist son fils par la main et puis parles espaulles, et le baisa douchement et luy dist : « Bieau fils , la journée d'uy est vostre : « je n'y clame point de part. Dieu en soit loés , quant il (( vous a fait tant de grâce en vostre nouvelle chevalle- « rie !» Là y eult pluiseurs parolles doulches et amiables ensamble , et devés bien croire que les Englès avoient grant joie au cuer quant il estoient ensy au-dessus de leurs ennemis. Sy passèrent ceste nuit à leur aise jusques à Tendemain.

Quant le roy de Franche se fut party ly cinquième de la bataille sy desconfortés que plus ne povoit, il s'en vint tout droit au chastel de la Broie et fist buskier à la porte. Le chastelain vint avant et demanda : « Qui esse qui là bus- « que à cheste eure ? » On luy respondy : « Ouvrés , « ouvrés. » Et il respondy : « Vous n'y entrerés mie « ensy. Il fault que vous parlés autrement. » Adont le roy Phelippes parla et dist : « Ouvrés , ouvrés : c'est vo « meschans roy qui tout a perdu. » Le chastelain au parler recongnut le roy et ouvry tantost la porte. Sy entra ens, et cheulx de sa route, et burent ung cop et se partirent environ à minuit, car il ne se tenoit mie laieus bien

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aseurés. Sy chevauchèrent celle nuit tant (\ue à point du jour il vinrent en la chilé d'Amiens où chascun qui escapés estoit, se retrouvoient. Sy deraandoient ches chevaliers et ces escuiers et ces varies nouvelles de leur maistres li uns à l'autre , et estoient tout desbaretés et desoonfls quant il n'en povoient oyr certaines nouvelles , ne savoir que il estoient devenus.

Le dimanche au matin fist-il grant brume, syque on ne povoit veoir devant luy ung arpent de terre. Sy estoient à primes venus avant les communaultés de Rains , de Roa:i , de Paris , de Chalon , d'Amiens et d'Arras et des chités et des bonnes villes de France, qui ne povoient estro venus avant le samedy , pour tant que il aloient tout à piet et que on leur avoit dit que on ne se combateroit point jusques au dimanche. Sy cheminèrent ces simples gens sans arroy et sans ordonnanche, et vinrent sy avant que il vinrent sur les Englès et non mie tout ensamble, mais par hos et par compaignies, ensy que trouvés s'estoient. Pluisieurs archiers d'Engleterre et gens d'armes ossy s'estoient che dimanche levet matin pour chassier au remenant et aller à l'aventure , et s'espardirent en pluiseurs lieus. Sy trouvèrent ches communaltés , ensy que dist est , qui demandèrent leur roy et qu'il estoit devenus. Sy cuidoient, quant il se trouvèrent entre les haies et les buisons, des Englès , que che fussent de leurs gens ; mais trop mal estoient arivés , car ches Englès les ocioient, qui nulle pitë n'en avoient, et par celle manière en ochirent-il che dimanche au matin plus de VI"".

Quant le roy d'Engleterre fut levés che dimanche, il envoia quatre de ses chevaucheurs pour descouvrir les camps et pour savoir se nuls Franchois se recuelloient, ne ralioient. Ceulx raportèrent que nanil. Dont eult le roy consail qu'il envoiroit deus chevaliers, monseigneur Renault

I,ES ANGLAIS DEVAM CALAIS. 21o

(le Gubehem et monseigneur Ricliart de Staiitbrt et deux hiraulx avecques eulx pour corquier les mors et savoir quels gens, ne quels seigneurs estoient là deraoré. Sy se partirent les dessus dit et furent tout le jour cherquant. Sy raportèrent à le nuit tout ce qu'il avoient trouvet armoies. Sy trouvèrent en leur compte onze prinches, quatre-vingts banières et douze ceiis chevaliers et environ seize mille hommes d'autres gens. Encore n'alèrent-il mie savoir la vérité de ceulx qui ochis avoient esté le dimanche au matin. Et premièrement y fu mort le roy de Behaigne, le conte d'Allenchon, le conte de Blois, le conte de Flandres, le duc de Loraine, le conte de Sanssoire, le conte de Harcourt, le conte d'Ausoire, le conte de Saint-Po!, le conte d'Aumarle, l'archevesque de Sens, le Grant-Prieur de Franche, et toutes les armes de ches prinches et signeurs furent aportées en l'armoirie du roy d'Engleterre, et tous les corps des prinches furent enporté en une abéie de moisnes qui siet près de là, que on apelle Mentenay. Geste bataille de Cressy en Pontieu fu l'an de grâce Nustre- Seigneur mil III<^ XLVI, le XXVP jour d'auoust.

Le lundy au matin après messe et boire se deslogèrent les Englès de Créchy, où celle belle et eureuse aventure leur estoit avenue, et prindrent le chemin de Hesdin et de Boulongne, et chevauchèrent les marisaulx devers le ville de Rue et ardirent les faubours, mais à la fortresse ne peurent-il advenir , et puis chevauchèrent devers la ville de Monstreul et ardirent tout le plat pais d'environ jusques à Blangy et jusques à Hesdin et Maurain ossy, mais au chastiel ne peurent-il aprochier, car il estoit trop l\)rt. Le mardy il passèrent oultre et vinrent bouter les fus à Saint-Josse et ardirent le Neuf-Castiel et Waubain et Estaples et les

fourbous de Boullongne, et se logèrent asés près de là. Le raerquedy il passèrent oultre et vinrent devers Wissan. Sy ardirent le lieu et le villaige oultre les bois de Hardelo et tout le plat païs de le conté de Boulongne, et puis s'en vinrent devant la forte ville de Calais.

Or considérés entre vous se depuis cinq cens ans il fu nuls rois qui fesist sy puissant voiage, ne sy grant que le roy Édouart d'Engleterre fist adont, et les belles aventures qui luy avinrent sur son chemin, depuis qu'il ariva en Constentin en le Hoghe-Saint-Vast, les pons et les passaiges que il trouva, et tondis aparrilliés pour combatre ses ennemis, et fu si près de Paris que jusques à portes ; car [il fu là] un grant tamps en atendant [le roy de Franche]. Sycomme j'ay oit recorder en Engleterre, les sors de Merlin disoient que ly saingler de Windesore venroit férir des dens ens es portes de Paris. Par che saingler on doit entendre le roy Edouwart d'Engleterre, car il fu nés ens ou chastel de Windesore, etavéry cheluy sors. En che tamps il passa et repassa la rivière de Saine et puis la rivière de Somme, et se combaty ses annemis tels que toute la fleur de Franche et de bonne chevallerie sans nombre, et les desconfy, et y furent mors deus tamps de gens que il estoient, et après il vint mettre le siège devant Calais , qui est une des fortes villes du monde, et dist que jamais ne s'en partiroit, sy l'aroit, et de che ne faly mie à son entente, sycomme vous orés chi-avant recorder en ces croniques.

Quand le roy Phelippes se fu party de la Broie ensy que chy-dessus est dit , à moult petite compaignie , il chevauça celle nuit tant que le dimanche au matin il vint en la cité d'Amiens, et se loga en l'abéie du Gart. Là revenoient tout le jour aulcuns barons , chevaliers et escuiers ;

RENTRE A ÀMIEISS. 217

car tout ne pooieut estre mors , ne exilliet à chel heure , car le roj-alme de Franche est trop grant et trop y a grant peuple et grant foisons de gens d'armes , ne oncques pour bataille, ne perte que le roy y euist, il ne fut [syj desconfis que dedens ung mois n'eust asamblé cent mille hommes.

Che dimanche toute jour ne seurent point de vérité le roy, ne son consail quels grans seigneurs demorés estoient à la bataille de Créchy , ne le lundy jusques à nonne ; mais adont revinrent seigneurs de le religion d'Amiens , que le roy y avoit envoiet , lesquels avoient aidiet à ensevelir les dessus dis prinches en l'abéie de Mentenay, Quant le roy sceult la mort de son frère le conte d'Alenchon , sy le complaindy grandement , car moult l'amoit , et osy son nepveu le conte de Blois et son serouge le roy de Behaigne, le conte de Flandres et le duc de Loraine (et tous les seigneurs nomma l'un après l'autre), et leur fist faire ung moult biel serviche , chascun à par luy selonc son estât.

Ly roys, sycomme recordet me fu , fut trop grandement courouchiés deux ou trois jours sus messire Godemar du Fay et disoit que il le feroit pendre , comme faulx traites , pour che que les Englès avoient passet la Blanche-Taque , et bien avoit de cheulx de son consail qui luy boutoient en l'oraille et qui luy disoient : « Vraiement, il s'en a mal « aquité ; car , se il les eust détriés de eulx combatre « l'espasse de une heure , nous les euissièmes trouvé sur « le rivaige : sy les eussièmes eu à nostre vollenté et là où « tondis nous les cuidimes avoir. » Mais ly gentils chevalier messire Jehan de Haynau l'aida à purger et à excuser : aultreraent il euist esté mors , car le roy avoit commandé de le prendre où que on le trouvast. Mais il parla tant au roy pour lui que le roy se rapaisa ; car , comme disoit messire Jehan de Haynau, il n'estoit mie en sa puissance

SHiGL;

de retenir les Englès [avecques] deux ou trois milles hommes de guerre , s'il les avoit, et il a voient le passaige tout ouvert. « Quant nous les avimes devant [nous] hier , « nous estimes plus de cent et cinquante mille en plains « camps, et se nous ont descontîs. » Par ches raisons fut le dit messire Godemar du Fay escusés.

Sy donna le roy estant à Amiens à toutes gens de guère congiet jusques adont que il seroient remandé, et puis après le roy ala en Franche. Sy ne demoura gaires de tamps qu'il fist escripre pour envoler devant Aguillon et pour remander son fils le duc de Norraendie et les barons qui là estoient, et pour brisier che siège qui tant avoit coustë à tenir que il en euist fait fonder quatre chasteaulx milleur que cheulx n'estoit, pour l'or et l'argent que le dit duc y fraitia.

De le forte ville de Calais estoit capitaine ung gentil et vaillant chevalier champegnois qui s'apelloit messire Jehan de Vianne. Avecq luy estoient pluiseurs bons chevaliers et escuiers de la conté d'Artois et de le conté de Ghines, tels que messire Ernoul d'Audrehem, messire Jehan de Surie, messire Bauduin de Bellebourne, messire JofFroy de le Mote et pluiseurs aultres, lesquels en tout estât s'aquitèrent bien et loiaulment de garder la ville, sicomme orés recorder.

Quant le roy d'Engleterre fut venus devant Calais, ensy que chelui qui désiroit à le conquerre, il l'aséga par bonne manière etgrantordonnanohe.Une bastille ordonna entre la ville et le pont de Nieulay, ethostels et maisons, et carpenter de gros mairiens et couvrir d'estrain ou de banque, sy bien que pour durer quarante ans, dont il y avoit tels hostel où on y trouvoit toutes manières de choses nécessaires, et y

m: cAi.vis.

avoit deux ibis marquiet le sepmaine, le ineiqued} et le saraedy, halle de draps et de toutes aultres marchandises, et tavernes de toutes manières de vins osy bien que che fust à Londres, et bon cherières, etleurvenoient chesprouvéanches de Flandres et ossy d'Engleteire , et encores leur en l'ust-il plus venus assés au commenchement, se ne euissent esté deux escumeurs de mer qui se tenoient à BouUongne ou au Crotoy, qui s'apelloient Marans et Maistriel. Ches deulx parmy leurs aydes firent souffrir en chelle saison moult les Englès, et de ces vytailliers qui aloient et venoient en Engleterre mirent pluiseurs à fin, et ravitailloient la ville de Calais.

Quant messire Jehan de Vianne vey que c'estoit tout acertes que on les avoit aségié et que il eult viseté tout les hosteulx de la ville, sy en trouva grant foison de mal prouveus ; car par avant il y demouroit grant foisons de menues gens qui tous se vivoient de la mer. Toutes ches gens, hommes, femmes et enfans, plus de XIP en fist le dit messire Jehan ung jour partir et aller ailleurs quérir leur subtanche. Sy convint ches pouvres gens passer parmy l'ost du roy d'Engleterre, et quant ceulx de l'ost les veirent, premièrement il cuidèrent que che fussent ceulx de Calais qui les venissent courre sus. Sy se mirent au devant et les euissent tantost tous ochis ; mais le roy y envoia et commanda que on ne leur fesist nul mal , quant il sceult quelles gens c'estoient et l'ocoison pour quoy il partoient, et les tist venir en son logis et leur fist donner à disner bien et largement, et puis au partir fist donner <à chascun six estrelins. laquelle chose on tint à grant vaillantise et franchise, et puis se partirent ces povres gens et s'en alèrent à Saint-Omer et aultre part quérir leur aventure.

Or retournerons au siège d'Aguillon.

MORT DE PHILIPPE DE BOUllGOGNE.

Entreus que le siège estait devant Aguillon, il avint une aventure à messire Phelippe de Bourgongne, fils au duc de Bourgongne, hardis en armes ; car, à liiie escarmuche qui fu faite audit chastiel, où tousjours il y avoit aulcun fait d'armes, messire Phelippe de Bourgongne, qui jone chevalier estoit et qui les armes désiroit, oj recorder, osy tost que il fut levés, que une très-belle escarmuche se faisoit de leurs gens à cheulx du chastiel, et jà y avoit eut de sy bieaus fais d'armes. Messire Phelippes, pour eulx veoir, demanda son coursier, comme ung grant seigneur qui pluiseurs en avoit. On luy amena ung jone poulain que nouvellement on luy avoit envoiet et sur lequel il n'avoit oneques monté. Quant on lui ot amené, il le refusa pour che que oneques ne l'avoit chevauchiet, et, ensy que on en aloit quérir ung aultre, vey que ches escarmuches estoient trop belles. Adont messire Phelippes qui eult grant désir de veoir , dist : « Amène-me che coursier , je monterai « desus. Chis aultres vient trop longement. » Il monta sus , et le féry des esporons, et le hasta moult. Che pouliain qui les esporons ne connisoit, se commencha à enorguillier et à se mentenir mervilleusement et à sallir et à treper diversement, et messire Phelippes, pour lui aprivisier , le féroit des esporons aigrement. Che coursier emporta son seigneur de telle fachon que il n'en peult estre maistre , et l'emporta parmy ung fôsset où il trebuscha li uns dessus l'autre. Oneques il ne pot estre si à tamps aidiés qu'il ne fust blechiés et sy froisiés que oneques puis il n'eut santé, mais morut dedens quinze jours, dont tous les seigneurs furent durement courouchiés, car c'estoit le plus riches et le plus grant de linaige du royalme de Franche.

LEVÉE DU SIÈGE d'AIGUILLON. 221

Asés tost après vinrent les nouvelles au duc de Normendie et as seigneurs de la desconfiture de Créchy qui avoit esté si grande et sy damaigable pour le royalme de Franche, et remandoient le roy et la royne leur fils. Adont le duc leva le siège et s'en retourna arière en Franche pour aydier à consillier et à garder le royalme son hiretaige, qui luy devoit revenir par succession.

Ches nouvelles furent moult desplaisans et dollereuses au duc et à tous les barons de Franche, pour la cause de leurs amis qu'il avoient perdu. Nonobstant che, le duc ne se volloit mies ensy partir pour che que du siège il avoit parlé sy avant ; mais les barons (ceulx qui l' avoient à consillier) li dirent, puisque le roy son père le remandoit sy achertes et que sy grant ochision il y avoit, il se povoit bien partir sans déshonneur : « Et mefFeriés plus à courte chier vostre père le roy et aller contre son ordonnanche « que de partir. » Syques le duc de Normendie ne fut mis adont maistres de son argu et crut son consail et se desloga. Et fut commandé par ses marisaulx de deslogier et de retourner en Franche. Sy se deslogèrent à ung ajournement et toursèrent tentes et pavillons et toutes leurs bagues.

Messire Gautier de Mauny et les compaignons qui dedens Aguillon estoient, furent moult esmervilliés quant sy soudainement il virent deslogier les Franchois, et yssirent hors et férirent en la keue, et y prirent des chevaliers et des escuiers qui s'estoient trop tart levet, et des chevaulx et du harnast , et les remenèrent arière en leur garnison. Par ces prisoniers sceurent-ij la vérité de la besoigne de Créchy, dont il furent moult resjoïs.

De celle issue prist messire Gautier de Mauny ung chevalier cousin au duc de Normendie et de son consail , auquel messire Gautier traita et luy dist : « Se vous me

GAUTIEK DE MAUNY

« voilés aporter ung sauf-conduit du roy et du duc de Nor- « mendie pour moy vingtième tant seuliement pour passer « parmy Franche, je vous quitteray vostre ranchon. Sy « en poroie bien avoir deux, mille escus, se je vous voici loie apresser. Mais je voel aller devant Calais pour le « roy d'Engleterre que je désire moult à veoir, et je ne « voray jésir en une ville que une seulle nuit et bien « païer mon escot ; et, se che ne me povés impétrer, vous « revenrés chy dedens ung mois. » Le chevalier li créanta loyaument qu'il en feroit son povoir, ou aultrement il revenroit en sa prison. Sy se party de messire Crautier de Mauny , et s'en revint en Franche devers le duc de Normendie , et pourchassa tant che sauf-conduit et le impétra au duc tout ensy que messire Gautier le volloit avoir, et le raporta arière dedens ung mois en Aguillon , et quita tantost le chevalier de sa foy et de sa prison, et se ordonna pour passer par Franche sur son sauf-conduit. Assés tost après se party d'Aguillon messire Gautier de Mauny atout vingt chevaulx seulement , et ne se faisoit point cheler ; mais , quant il estoit aresté en aucun lieu , il monstroit ses lettres. Sy estoit tantost délivrés. Ensy chevaucha-il tant que il vint devers Orliens, et fu là arestés et ne peult estre délivrés pour lettres qu'il monstrast ; mais fu menés à Paris et mis en prison en Chastelet , comme cheluy qui estoit durement des Franchois haïs pour la grant proesche dont il estoit renommé. Quant le duc de Normendie le sceult, il en fu durement courouchiés. Sy s'en ala tantost par devers le roy son père, et luy requist, sy acertes qu'il peult, qu'il volsist le chevalier délivrer pour l'amour de luy , ou il seroit déshonnourés , et [on] diroit que il l'aroit tray , car il l'avoit aseuré par bonne lettre sellée de son séel pour telle cause, et conta au roy la cause, sycomme vous l'avés oy. Le roy n'en volt riens faire pour

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