ET DES FLAMANDS
Brabant envoia tantost messaigiers as grans bourgois et as bonnes villes de Flandres pour pourcachier et acorder et consentir ce mariaige, et leur fist moustrer tant de belles raisons coulourées que les bonnes villes mandèrent le jone conte leur seigneur, et luy firent asavoir qu'il volsist venir et croire leur consail, et il seroient sy bon subget et luy dêliveroient toutes ses justices et ses droitures ossy avant ou plus que sy anchesseur eulrent oncques. Le jones conte eult consail qu'il l'asairoit. Sy vint en Flandres et fut rechut à moult grant joie, et ly présenta-on de bonne ville en bonne ville grans présens.
Sitost que le roy englès sceut ces nouvelles, il envoya en Flandres le conte de Norhantonne et grans gens avecq luy , liquel parlementa tant et pourcacha tant as bourgois de Flandres que il eurent plus cliier que leur sires presist à femme la fille du roy d'Engleterre que la fille du duc de Brabant, et en requirent et prièrent affectueussement leur jone seigneur et luy remonstrèrent pluiseurs belles raisons pour luy atraire , et tant que les bourgois qui portoient le partie du duc de Brabant , n'osoient dire le contraire ; mais Lois, le jone conte , ne se volt nullement assentir pour parolles, ne pour raisons que on luy desist , mais disoit tondis qu'il n'aroit jà à femme la fille de chelui qui son père avoit tué , et lui deuist-on donner la moitié du royalme d'Engleterre. Quant les Flaraens oïrent chou, il dirent que leur sires estoit trop franchois et mal consilliés , et qu'il ne leur feroit jà bien, puisque il ne volloit faire leur consail ; car bien disoient que, se monsigneur son père n'euist tant amé les François , ains euist creut leur consail , il euist esté le plus grant seigneur du monde et euist recouvré Lille, Douay et Biétune , et fust encore en vie.
Che demora ensy une pièche de tamps , et ly rois
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englès tint toudis le siège devant Calais tout l'ivier et tint grant court et noble au jour du Noël. Après che Noël environ le quaresme revinrent de Gascongne au siège de Calais le conte d'Erby , le conte de Pennebrucq , le conte de Renfort et aulcun bon chevalier de leur route , lesquels furent les très-bien venus et moult vollentiers veu du roy et de la royne, et par espécial le conte d'Erby , car il estoit cousin germain du roy et sy s'estoit bien portes ou pays de Gascongne , où il avoit tant demore.
A revenir au propos dont je parloie maintenant, longement demora Loys le jone conte de Flandres en le prison de ses gens mesmes ; car il ne volloit nullement cangier son pourpost. Au darrain , il eult en convent qu'il feroit tout che que on vouldroit , mais que on le laissast aller déduire aultre part sur bonnes gardes. Les Flamens le crurent et ly otroièrent vollentiers , mais il envoiroient toudis trente de leurs hommes bourgois qui sy près le gaiteroient que à paine poroit-il aller pisser, et n avoit de sonconsailprivetquedeus chevaliers : encores estoient-il
Flamens. , ,»„
Sur che convenant ly Flamens mandèrent le roy englè et la royne qu'il venissent à Berghes en Flandres, car il tenoient que le mariaige se feroit. Le roy et la royne a lurent celle part moult noblement et en grant conroy, et ly Flamencq vindrent ausy d'aultre part à grant corapa.gme de par toutes les villes de Flandres et amenèrent avecq eulxlejone conte leur seigneur, qui courtoisement s enclina devant le roy, et le roy envers luy et s'escusa le roy moult humblement de la mort de son père, et distquele jour de la bataille il ne vit oncques son père, ne ne le con inut mort, ne vif. A brief mos, on laissa de che parler, e Lut les convenanches du mariaige là endroit sy acorde ,„e,«jo„e conte de Flandres Lois flancha mademoiselle