‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 127 sur 307 · PHILIPPE DE VALOIS ET SON FILS SE REMARIENT · texte numérisé non relu

PHILIPPE DE VALOIS ET SON FILS SE REMARIENT

« valiers et entre dames et deraoyselles que vous moult « amés, ensy que je pense et l'ay bien entendut, et me « créantes par vo foy que vous dires partout que je le vous « ay pour ce donnet. Se che me voilés promettre, je vous « quiteray pour l'amour des dames et demoyselles vostre « prison. » Quant le gentil chevalier oït ces parolles, il en fut moult aise de cuer : ce ne fu mie mervelles. Sy l'en regracia moult humblement et ly créanta vollentiers comme chevalier, qu'il le feroit ensy que deviset l'avoit. Puis allèrent concilier et reposer jusques à heure de messe. Adont se leva le roy et tous les aultres, puis oyrent messe et allèrent desjuner, et puis après desjuner donna le roy deux chevaus audit messire Ustasse et vingt florins pour râler en sa maison. Au tierchjour après rentra le roy en ses vaissiaulx et enmena ses prisonniers avecque luy en Engleterre.

En ceste année et assés tost après trespassa de che siècle la royne de Franche, femme du roy Phelippe et seur au duc de Bourgongne : ossy fist madame Bonne, duchesse de Normendie et fille au gentil roy de Behaigne qui morut à Crécy. Sy fut le père et le fils vefves de leur deus femmes. Assés tost après se remaria le roy Phelippe à madame Blanche, fille au roy de Navare qui mors avoit esté en guerre en Grenade devant Argésille , et ossy se remaria le duc de Normendie à le contesse de Boulongne qui femme avoit esté à monseigneur Phelippe de Bourgongne qui morut devant Aguillon. Chil mariaige furent fait en chelle mesme année par le congiet et dispensation du pape [Clément] Vî.

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