ÉMEUTE A YORK
le jovène roy d'Engleterre et madame sa mère et toute leur gens qui rechureat moult liement le gentil chevalier et les chevaliers de sa compaignie , tout pour l'amour de luy. Sy furent tous logiés ensamble et à leur ayse.
De le venue monseigneur Jehan de Haynau furent le roy et madame sa mère et leurs consauls moult resjoïs. Or avint que le jour de la Trinité , pour le gentil chevalier mieulx festoïer , le roy tint ens ou cloistre des Cordeliers à Ewruich moult grant court , et y eut plus de cinq cens chevaliers séans à table et bien cinq cens dames et demoiselles avoecques la mère du roy. Entreus que on estoit à celle feste , aucun garçon des Haynuiers prirent parolles pour ung jeu de dés as autres varies archiers du conté de LinchoUes. Le débat mouteplia tant que tout ly archier de chelui pais s'en meslèrent et assaillirent les Haynuiers. Et furent les chevaliers et escuiers qui là estoient avecques monseigneur Jehan de Haynau, en grant péril de estre tous mors. Mais il se deifendirent et gardèrent sy bien, que il en tuèrent plus de trois cens, et les reboutèrent tous hors de la ville. Sur la fin le roy y envoia ses chevaliers et commanda sur le hart que nuls ne mesfesist à monsigneur Jehan de Haynau, ne à ses gens. Lors se retrairent chil archiers de Lincholle tout courouchiés, pour ce que il ne pooient vengier leur compaignons, et disoient bien en manechant les Haynuiers que, anchois que il vidaissent Engleterre, ils le comparroient chièrement. Sy vous dy que les Haynuiers et toute leur route estoient tous les jours et toutes les nuits en grant doubte , et se tenoient pour le doubte de ces Englès toudis nuit et jour armés.