CHKVAUCUÉE DU PRINCE DE GALLES
che, et estoient plus de XXX" hommes à cheval, sans les bidaus qui estoient à piet atout gavrelos et pavais. Adont se consillèrent les Englès et Gascons quel chose il feroient, se il les atenderoient ou se il retourneroient arière en leur pais. Sy trouvèrent en leur consail, tout considéré et ymaginet, que il se retourneroient au plus tost que il pouroient et metteroient leur avoir conquis et leurs prisonniers à sauveté au plus hastivement qu'il pouroient et n'entenderoient à nule ville à asallir. Si se partirent de Montazal et prirent le chimia desmontaignes et s'en vinrent vers Fougues, et les Franchois passèrent la rivière d'Aude à Carquasonne et s'en vinrent après yaulx à grant esploit, mais oncques ne se seurent tant esploitier , que les Englès ne furent deus journées devant yaulx, et passèrent au pont Sainte-Marie desoubs Toulouse la rivière de Géronde et s'en revinrent en leur pais tous sauveraent en Bourdelois, et y amenèrent leur grant avoir.
Quant le connestable de Franche , le conte de Forés, le conte d'Erminac et les aultres seigneurs de Franche et gascons virent que les Englès en estoient allet et repasset la rivière de Géronde et que poursiévir ne leur valloit riens, il se retrairent tout bellement, et donna le connestable toutes les gens d'armes congiet, car il veoit bien que pour celle saison il n'en avoit plus afaire et ordonna que chascun seigneur^ ralast en son lieu. Et il-meismes s'en revint en Franche , et le conte d'Erminac à Toulouse. Ensy se départy celle grosse armée.
Or avint ung pau après que quant ces choses furent ung pau apaisies et les seigneurs revenut en leur maisons, le conte d'Erminac qui se tenoit à Toulouse, estoit moult en hayne de cheaulx de Toulouse pour tant que ly Englès avoient passé et râpasse la Géronde, sans estre combatus, et tant se mouteplia ceste murmure que ung jour tous les