LES ANGLAIS ET LES FRANÇAIS
vingnes et hayes et en fort pais mallement, et ne povoiton de nul costé légièrement venir à yaulx. Ensy se tinrônt-il celle nuit jusques à l'endemain.
Che dimanche matin se leva le roy de Franche assés matin et owit messe. Il but un cop, et puis montèrent à cheval tout armé hormis leur heaumes , et ot le roy consail sur les camps à ses marisaulx monseigneur Jehan de Clermont et monseigneur Ernoul d'Audrehen comment il se maintenroient. Sy furent envoie les deux marisaulx par le commandement du roy, et che pour aviser le conduite des Englès, ne comment on les pouroit combatre ; car le roy de Franche promettoit qu'il les combateroit, et toutes ses gens en estoient en grand désir. Sy chevauchèrent les dis marisaulx sy avant li uns à destre, ly aultre à senestre, que il ymaginèrent et avisèrent assés le conduite des Englès. Ensy qu'il s'en retournoient, et par espécial que le marisal de Clermont s'en retournoit sur ung bay coursier que le roy de France luy avoit donnet à che matin, il encontra en son chemin monsigneur Jehan Carados. Là eult grandes parolles entre yaulx : je vous diray pour quelle raison. Le marisal de Clermont portoit pour devise en sa manche une bleuwe dame ouvrée de broudure, et ossy faisoit monseigneur Jehan Camdos, qui s'aresta de travers sur les camps en luy demandant et disant : « Marisaulx, marisaulx, qui vous fait porter ma devise? Se « je vous trouvoie en bataille, je le vous calengeroie. » — (< Camdos, Camdos, dist messire Jehan de Clermont , et « à mon povoir je le deiïendroie. Et pourquoy, biau sire, ne « pui-ge ossy bien porter une bleuwe dame comme vous ? « je l'ay porté devant vous et porteray. » Lors respondy messire Jehan Camdos, et dist : « De par Dieu, Clermont, « Clermont, che n'est pas vérité, et je le vous monstreray, « se nous nous combatons. Et se les parchons se font