SIÈGE DE MELUN
cheval hastivement et tant les poursiévirent che jour que il les trouvèrent logiés en une maison sur les camps entre Péronne et Saint-Quentin, que on appelle Toregni. Sy se rengièrent et ordonnèrent tout devant yau1s, et li pluiseurs les volioient tantost aler combatre ; mais les signeurs n'en furent pas contens, car encores n'estoient mies tout venus leurs gens. Sj se rengièrent et logèrent là sur les camps devant les Navarrois et disoient communaument que à l'endemain on les combateroit ; mais ly Navarrois se partirent de nuit et firent tant que il se boutèrent ens es bos de Bochain et vinrent à Vailly, à Rous; y, à Pierepont et en le Terrasse où il avoient foison de garnisons. Ensy escapèrent-il des Franchois, de quoy le connestable de Franche suit depuis povre grâce.
Assés tost après chelle grosse chevauchie dont je vous ay parlet et le rendaigo de Saint-Walléry, les Franchois se com.menchèrent à resvillier sur le confort du conte de Saint-Pol qui fu vaillant chevalier , et s'en vinrent à Paris au duc de Normendie et ly dirent que ch'estoit grant blâme quant il se laissoit ensy fouller de ches Navarrois, Sy eurent consail de mettre le siège devant Melun- sur- Saine , et y envoia le duc le connestable de Franche, le conte de Saint-Pol, monseigneur Ernoul d'Audrehem , le sire de Roye, le signeur de Saint- Venant et plus de XIP chevaliers, que escuiers. A che dont n'y estoit mie le roy de Navarre, mais se tenoit à Mantes à dix lieues de Paris, à l'entrée de Normendie ; mais il y avoit deus chevaliers de par luy capitaines, dont li uns s'apelloit messire Jehan de Pipes, et l'auitre messire Jehan Carbeniaus. Quant le siège fut mis devant Melun des gens le duc de Normendie , pour che tamps il y avoit dedens trois roynes , la reine