‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 190 sur 307 · LES COMPAGNIES EN LOMBARDIE · texte numérisé non relu

LES COMPAGNIES EN LOMBARDIE

grant mescbief à Lions. Ensy obtinrent ches compaignies la plache et leur demora le journée, qui fu l'an mil III*^ LXI le XVIIP jour en avril.

Par chelle desconfiture de Brinay mouteplièrent sy les compaignie eu forche et en avoir que oncques puis le royalme de Franche ou aultre royalme ou païs n'en furent quitte , et prirent à che dont des chastieaulx grant foisons sur le rivière de Sone et de Rosne, par lesquels il guerrièrent tout le païs, et s'en vint tenir raessire Seghins de Batefol à Anse aune lieue de Lions-sur-le-Rosne et le fortefia moult et s'y tint plus de deux ans , et ranchonna tout le païs d'environ. Les aultres capitaines s'avallèrent devers Avignon. Sy prirent en leur venue et exillèrent de nuit le ville du Pont-Saint-Esprit , oix il eurent grant pillaige , et estoient par celle garnison tout mestre de Franche et de l'Empire à che costet-là, et ne laissoient riens avaller, ne venir en Avignon , de quoy le papes et ly cardinaulx en estoient moult esbahis et envolèrent oultre gens d'armes contre yaulx, et riens n'y firent ; car les compaignies eulrent un grant tamps guerriet et hairiet le pape et le collège d'Avignon et pilliet et robet et rainçonnet tout le païs , tant qu'il estoient sy riches qu'à mervelles.

Le pape et les cardinauls s'avisèrent d'un moult vaillant homme, qui s'apelloit marquis de Monférat , liquels pour che taraps faisoit guerre as signeurs de Millan. Sy le mandèrent , et il vint en Avignon. Quant il fu venus , on traita devers les capitaines de compaignies , que il s'en volsissent aller en Lombardie avecques luy pour luy aidier à faire sa guerre. Le traitiet se porta ensy que parmy tant il aroient soixante mille frans que le pappe et ly cardinal délivreroient as capitaines pour départir à leurs gens, et il

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se partiroient et s'en yroient en Pieumont avoecq le dit marquis , qui trop bien en fist sa besoigne et en abriefva sa guerre contre les seigneurs de Millan , et en vint du tout à son entente, et eult pais parmy leur ayde à yauls, ensy qu'il le volt avoir ; mes messire Seghins de Batefol, ne se route , ne fut point en che voiage , anchois se tint à Anse plus d'uuanetdemy ; et quant il s'en party, il en prist grant argent à chiaulx du pais , et sus une nuit il chevaucha tant que sus ung ajournement il vint prendre et embler et esqueller le ville de Brude en Auvergne et le tint plus d'un an maugré tout le pais , et avoit bien de finanche chil messire Seghins trois cens milles frans. Quant il eut assés pilliet et robet tout le pais , il retourna en Gascongne dont il estoit.

Environ le Candeler, l'an mil IIP LXII, dessendi en Avignon le gentil et vaillant roy Pierres, roy de Chipre et de Jhérusalem, de laquelle venue le pape Ynochens VP et tous les cardinaulx furent grandement resjois. Assés tost après sa venue trespassa le pape Ynocens, et le fu Urbains V*.

En che tamps trespassa en Engleterre le duc Henry de Lenclastre, moult vaillant homme , et ossy fist madame Ysabiel, mère du roy Édouart d'Engleterre et fille jadis au biel roy Phelippe.

Quant le roy Jehan seut que le roy de Cippre estoit en Avignon en instanche de che pour preschier le crois que pour aller sur les incrédulles, sy se appareilla et dit que il volloit aller celle part, ensy qu'il fist.

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