LES COMPAGNIES VONT KN ESPAGNE
et le roy d'Aragon et le roy de Navarre, et avoit audit roy d'Aragon pries tollut le plus grant partie de son hirretaige, et volloit-on dire que che roy dans Piètre estoit acordés au roy de Grenade et se laissoit consillier de Juis et de Sarasins , et estoit trop grandement rebelles aus coinmandemens de l'Église, et en usoit par manière de tirandise ; car il tenoit, que évesques, que prélas , que abbés, plus de VI" prisonniers , et possessoit des biens de l'Eglise, et avoit trois frères bastars, vaillans hommes durement, enfans du bon roy Alphous, son père , lesquels il ne povoit amer, mais les décaçoit, et piuiseurs fois, s'il les euist tenus, il les euist fait morir sans cause et sans raison. Avecq che il estoit si haïs des nobles de son royalme que mervelle estoit , car il en avoit fait morir et décoller sans cause et sans raison plus de IP ; et du tamps passé, il avoit fait morir une jone fille qu'il eult à femme, fille du duc Pierre de Bourbon, dont moult desplaisoit à son linage. Briefment chil dans Piètres fu à cause acusé de tant d'oribles fais que jamais on ne les aroit mis en escript. Et vinrent sy trois frères bastart en Avignon devers le pape Urbain V% et firent leur plainte et infourmèrent le pape et les cardinaus plus plainement des austérités et des iniquités che roy dant Piètre, Sy fu mandés ossy le roy d'Aragon qui moult vollentiers y vint pour faire ses plaintes , affin qu'il en fust confortés. On bouta tant à le besoigne de che roy dan Piètre de tous lés que fu escumeniés et que on le tint et réputa en le cour de Romme et par tout le royalme de Franche pour bougre et incrédulle , et fut mandés du Saint-Père que il venist en Avignon pour lu}' purgier des oribles fais dont on l'acusoit. Il renoncha par grant présomption et dist que jà n'y enteroit. Dont fu rendu sentense sur luy que il n'estoit mies dignes de porter couronne , ne de tenir royaulté. Sy