LE SECOURS DU PKINCE DE GALLES
ses chevaliers pour lui prier qu'ils volsist estre à chelle
journée. Quant le roy de Navarre oit ces nouvelles, il eult
tantmainte imagination sus quelle chose de par luy en
estoit bonne à faire ; car il avoit du tamps passé che roy
dan Piètre trouvé sy orguilleus et sy cruel que envis luy
teroit grâce. Nequedent, tout considéret , pour l'amour du
prinche qui l'en prioit, il acorda que il y seroit , et y f u à
la journée asignée. Là furent tous les hauls barons de Poito,
de Saintonge, de Quersin, d'Acquitaine et de Gascongne.
Et fut eu la chité de Baïonne le parlement grant et
loue, et dura huit jours, et ne trouvèrent mies, du commeu-
chement, les parties du prinche et du roy dan Piètre , ne
du roy de Navarre [traitiet] bien descendant à leur pour-
pos , et n'en volt riens faire [le roy de Navarre] jusques à
tant que [il ot] toute la terre qui est par dechà les Pors
et delà et la terre du Groing jusques à Navaret , et lors luy
fu acordée et donnée, et en fu signeur, et [ot] bonnes lettres
sellées et confrumées du roy dan Piètre , et de che se
faisoit fort le prinche. Par ches convenanches et ordon-
nanches le roy de Navarre devoit ouverir son pais et ame-
nistrer vivres, lesquels vivres les gens du prinche pairoient
sans nul préjudisce, et pour chou que il ouveroit son pais,
il ne pooit demorer qu'on ne ly fesist aulcune violense, et
on luy pairoit VI" mille frans, lesquels on li devoit envoler
à Panpelune dedens le terme que le prinche volloit partir
de Bourdiaus pour aller en che voiage. Quant toutes ches
coses furent bien faites du tout au gret et ordonnanche du
roy de Navarre , on parla sur autre pourpos : che fu que
les barons et chevaliers de Gianne qui là avoient esté
appelles , voulrent savoir qui les pairoit. Le roy dan Piètre
leur respondy que très-vollentiers il les pairoit et que c'es-
toit raison, puisque il s'ensonnioient pour luy ; mais il
refusèrent et li dirent bien que jà sur son paiement il ne