‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 212 sur 307 · PIERRE LE CRUEL RÉCLAME LE SECOURS DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

PIERRE LE CRUEL RÉCLAME LE SECOURS DES ANGLAIS

se partiroient de leur maisons. Adont le prinche , pour adrechier à ches besoignes, comme chil qui dêsiroit trop à faire che voyage, dist : « Signeurs, vous serës bien payés, « j'en fay ma debte. » Là se obliga le prinche par sa foy et par son séellé envers tous les barons et chevaliers d'Acquitaine , et le roy dan Piètre ly promist sus sa foy que il l'en acquiteroit de tous les deniers, dont il en bailla son séellé.

Quant toutes ches coses furent bien faites et ordenées à l'avis des seigneurs etdes saiges qui en che consail estoient, le. parlement se départy, et le roy de Navarre retourna en son pais, et le roy dan Piètre demeura à Baïonne, et le prinche retourna à Bourdiaus. Assés tos apriès envoia le prinche ses hiraulx tout secrètement en Castille, pour segnefyer à ses chevaliers qui là estoient, qu'il retournaissent et qu'il les volloit ailleurs enployer. Les chevaliers,' quant il seurent les nouvelles du prinche, retournèrent et prirent congiet au roy Henry qui leur donna liement et leur départy largement de ses joyaulx, et firent tant messire Ustasses d'Aubrechicourt et ly aultres qu'il se trouvèrent devers le prinche : dont le prinche fut moult joieux de leur revenue.

Ches nouvelles se commenchèrent à ouverir et espardre en pluiseurs pais que le prinche venoit et volloit remettre de forche le roy dan Piètre de rechief en son royalme. Quant le roy Henry le sent, il n'en flst mie par samblant trop grant conte, car il se sentoit sy entrelachiés en l'amour de tous ses barons et signeurs de Castille que jusques à morir il ne le relenquiroient, et ossy du roy d'Aragon et des Franchois qui là estoient, que il espéroit bien avoir victoire, se il se combatoient au prinche.

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