‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 213 sur 307 · LES COMPAGNIES ANGLAISES RENTRENT EN AQUITAINE · texte numérisé non relu

LES COMPAGNIES ANGLAISES RENTRENT EN AQUITAINE

Quant le plus des capitaines des compaignies, qui estoient Englès et Gascons, entendirent que le prinche volloit aidier le roy dan Piètre et faire un voiage en Espaigne pour luy remettre en possession du royalme de Castille, sy prirent congiet le plus courtoisement qu'il porent au roy Henry , qui moult envis leur donna ; mais messire Bertran de Claikin, qui estoit connestable de Castille, luy consilla que il les laissast en aller en non de Dieu, car jà faisoient-il moult de raauls en Castille. Sy eurent congiet et se départirent ly Englès et les Gascons et les Allemans, et se mirent ensamble les Franchois et les Bretons, et demorèrent avec le roy Henry. Sy vous dy que ches gens de compaignie, qui se départirent du roy Henry pour râler devers le prinche de Galles, eurent moult dur temps entre Aragon et Castelongne et en Gorre, car le roy d'Arragon par géniteurs et par villains as destrois passaiges leur fist faire pluiseurs contraires. Toutesfois il retournèrent et se trouvèrent tout en Bigore. Là atendirent-ils l'un l'autre en une chité du prinche, qui s'apelle Baniers, Et là fu envoiet parler à yauls messire Jehan Candos de par le prinche, qui fist à yauls certains traitiés et acors. Sy se deurentces compaignes partir et retraire en la terre de Bourdelois. Ces corapaignes, assés tos après che que messire Jehan Candos fu

revenus à Bourdiaulx '. Ches corapaignes estoient

environ IIII'" combatans tous gens d'eslite. Sy se mirent au chemin devers Montalban, et cuidèrent passer paisiblement par le Toulousain et le royalme de Franche à che lés-là, mais il trouvèrent ung grant enpeschement ; car messire Gui d'Azay, sénescal de Toulouse, et le conte de Nerbonne assamblèrent toutes les gens d'armes du pais et retinrent encores d'aultres païs ù leurs gaiges pour estre

' La phrase est incomplète.

XVIl. — FROISSART. Î^S

Page 1